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Entretien
Mercredi 10 mars 2021
3 min

Occupation des théâtres nationaux : La CGT appelle à une amplification du mouvement

Cela fait quasiment une semaine que le Théâtre de l'Odéon est occupé à l'initiative de la CGT. Depuis hier, le Théâtre National de Strasbourg et Le Théâtre de la Colline ont rejoint le mouvement. Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, nous explique quelles sont leurs revendications.

Occupation des théâtres nationaux : La CGT appelle à une amplification du mouvement
L'occupation du Théâtre de l'Odéon depuis jeudi 4 mars par les intermittents du spectacle à l'initiative de la CGT, © Maxppp / Thomas Padilla

En marge de la manifestation du 4 mars dernier en soutien à la culture, plusieurs personnes ont décidé de se rendre au Théâtre de l’Odéon à Paris, à l’initiative de la CGT Spectacle. Rejoints rapidement par de nombreux militants, ils ont décidé d’occuper les lieux pour exprimer leur colère. En pénétrant dans ce théâtre, qui est un lieu chargé d’histoire, le symbole est fort et a pour objectif d'interpeller davantage l’Etat. La ministre de la Culture a ainsi rendu visite aux occupants samedi dernier afin de les écouter. "Elle n’était pas là pour nous déloger" déclare Denis Gravouil, saluant "son courage de venir jusqu’au théâtre pour débattre avec nous". Toutefois, ils attendent désormais des décisions concrètes. "Il faut clarifier les choses sur la réouverture et l’accompagner d’un plan extrêmement fort de soutien à la culture en direction de l’emploi. Si c’est pour une reprise où il y aura un spectacle sur cinq, ce n’est pas ça qu’on appelle une reprise" explique Denis Gravouil.
Plus largement, il appelle tout le secteur culturel et l’état à se réinventer pour permettre de rencontrer à nouveau le public : "Il faut réfléchir à des formes nouvelles en extérieur, dans des chapiteaux, avec des itinérances. Le service public de la culture doit pouvoir faire des choses".

La CGT appelle également à une prolongation de l’année blanche. Pour l’instant, aucune nouvelle annonce n'a été faite par le gouvernement, la prolongation des droits étant officiellement actée jusqu’au 31 août 2021. "Elle a été faite comme si on avait tous retravaillé depuis le 1er septembre dernier car il faut un an pour arriver à avoir suffisamment d’heures de travail pour avoir une allocation chômage quand on ne travaille pas. Alors qu’à moins de 6 mois de la date du 31 août, certains n’ont pas du tout travaillé" constate Denis Gravouil.
Plus largement, le syndicat demande la mise en place d'un "plan pour la culture et la possibilité de travailler". Il pourra ainsi réitérer ces revendications lors de sa rencontre avec le Premier Ministre ce jeudi 11 mars. "Il faut qu'ils aient des réponses. On souhaite garantir les droits sociaux et l'année blanche, sans oublier d'annuler la réforme de l'assurance chômage" annonce le Denis Gravouil.

Plusieurs théâtres occupés à leur tour

Le mouvement d'occupation s'intensifie. Après le Théâtre de l’Odéon, deux autres théâtres nationaux sont occupés par des étudiants depuis le 9 mars dernier. Cette fois-ci, ce sont plus précisément des étudiants qui ont investi le Théâtre National de Strasbourg et le théâtre national de La Colline. Denis Gravouil se réjouit de cet élan : "On les soutient et on est très heureux que des étudiants participent à ce mouvement". Les étudiants espèrent sensibiliser à la fermeture des lieux culturels mais aussi plus largement à la situation précaire des étudiants qui voient se dessiner devant eux un avenir plus qu'incertain.
Le secrétaire général de la CGT Spectacle appelle très clairement à une amplification du mouvement. Selon lui, il y aura d'autres occupations dans les prochains jours et peut-être même "dès aujourd'hui".
Avec ce mouvement, Denis Gravouil souhaite faire émerger de nouvelles réflexions pour changer l'avenir du secteur culturel mais pas seulement, cherchant à atteindre d'autres secteurs. En effet, les personnes mobilisées à l'Odéon ont rédigé un appel intitulé : "Occupons occupons, pour réinventer nos vies".

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