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Entretien
Lundi 28 juin 2021
6 min

Michel Fau s'attaque à Elektra au Capitole de Toulouse

C'est avec cette nouvelle production d'Elektra de Richard Strauss que le Théâtre du Capitole de Toulouse clôture sa saison lyrique. Avec un plateau vocal exceptionnel, des costumes de Christian Lacroix, le tout dans une mise en scène de Michel Fau, la tragédie de Strauss est admirablement servie.

Michel Fau s'attaque à Elektra au Capitole de Toulouse
Ricarda Merbeth dans le rôle d'Elektra dans une production du Capitole du Toulouse - A voir jusqu'au 4 juillet, © Mirco Magliocca

Les murs du Capitole de Toulouse tremblent en ce moment avec une nouvelle production d'Elektra, jusqu'au dimanche 4 juillet, dans une mise en scène signée Michel Fau. Elektra, opéra en un acte de Richard Strauss d'après la tragédie de Hugo von Hofmannsthal, fut créée au Königliches Opernhaus de Dresde le 25 janvier 1909

Lors de la première vendredi 25 juin "l'accueil du public a été formidable et les chanteurs se sont surpassés", nous dit d'emblée le metteur en scène. Inattendu dans ce répertoire-ci, Michel Fau est d'habitude beaucoup plus adepte de Mozart, Offenbach ou encore Verdi : "J'ai toujours eu une passion pour Strauss. Ce qui me plaît dans Elektra c'est le côté barbare, mêlé au raffinement de la musique."
Opéra sombre et violent, Elektra se révèle toujours être un casse-tête à mettre en scène : "Je prends les choses de front à bras-le-corps, je n'essaie pas de contourner le problème ou de calmer l'hystérie comme le font certains metteurs en scènes qui ont peur de cette violence. Moi au contraire, j'essaie de la sublimer."

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Elektra, composé au début du XXe siècle est un opéra "très audacieux", décrit comme ni actuel, ni antique, par son librettiste Hofmannsthal, ne souhaitant ni référence antique, ni modernisation. Dans ses choix de mise en scène, Michel Fau a souhaité retranscrire cette temporalité, par une scénographie totalement abstraite, réalisée par le plasticien Phil Meyer.
Un autre choix très original concerne la mise en espace. En effet, l'orchestre n'est pas en fosse mais en fond de scène derrière un rideau transparent. La fosse quant à elle, est surélevée et devient la scène des chanteurs. Initialement par manque de place, ce choix sert avec brio la mise en scène "cet espace restreint donne quelque chose de claustro qui est dans l'opéra, et emmène quelque chose d'assez intime, notamment avec les chanteurs très proches du public."

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