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Entretien
Lundi 28 septembre 2020
3 min

Laurent Brunner : "Des dizaines de milliers d'artistes vont disparaître"

Laurent Brunner, directeur de Château de Versailles Spectacles, ouvre sa saison le vendredi 2 octobre avec Leonardo García Alarcón et la Cappella Mediterranea. Contraintes sanitaires, jauges réduites, c'est une rentrée compliquée pour l'institution historique versaillaise...

Laurent Brunner : "Des dizaines de milliers d'artistes vont disparaître"
Laurent Brunner, directeur de l'Opéra Royal de Versailles Chateau de Versailles Spectacles, revient sur la crise que traverse son insitution, © François Berthier

En 2020, l'Opéra Royal de Versailles fête son 250e anniversaire. Or, l'institution n'a jamais connu une situation aussi instable économiquement.
Gérée par la société Château de Versailles Spectacles avec à sa tête Laurent Brunner, l'institution musicale est en grand danger. En effet, comme tous les producteurs privés, étant une entreprise privée et ne recevant aucune subvention publique, Château de Versailles semble avoir été oublié par l'Etat, comme nous le dit son directeur. "Si on ne vient pas à notre secours de manière massive, en avril prochain on sera en cessation de paiement" déclare Laurent Brunner. Il rajoute avoir perdu les "trois quarts de son chiffre d'affaire annuel" ainsi qu'un "déficit de 5 millions d'euros d'ici à la fin de l'année".  

La situation économique fragile de Château de Versailles Spectacles ressemble en tout point à ce que vivent les autres producteurs privés, comme la productrice Jeannine Roze.

Sur les 2 milliards d'euros du plan de relance du Gouvernement, 220 millions vont au secteur privé mais pour l'instant les entrepreneurs privés travaillant dans la "musique classique n'entre pas dans ces critères d’attribution de l'Etat" selon Laurent Brunner.
Cette perte financière va dans les deux sens à en croire le directeur. En effet, "si les producteurs privés disparaissent, les petits ensembles indépendants n'auront donc plus de producteurs pour les faire tourner".

Ajouté à cela, le public n'est pas au rendez-vous lorsque l'on regarde la billetterie : "le public est frileux de revenir dans les salles, avec ces annonces alarmistes". Ce "manque de confiance" se ressent donc dans les chiffres. Il faudrait donc que "la distanciation dans les salles soit revue, pour désarmer le problème de confiance" selon Laurent Brunner.

Relayée par La Fevis, une lettre réunissant les indépendants du secteur musical interpelle la ministre de la culture. Rendue publique ce matin, elle a été signée au nom de tous "les oubliés du plan de relance ambitieux du gouvernement".

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