Au diable Beauvert
Entretien
Dimanche 9 juin 2013
1h 22mn

Vahan Mardirossian

Vahan Mardirossian, chef d'orchestre, pianiste

Son physique séduisant de beau brun à la Cassius Clay ne laisse pas présager le petit pianiste prodige qu'il fut, mais déjà à l'époque il ne rêvait que d'orchestre. Aujourd'hui, cet amateur de bonne chère et de grands vins qui ne rechigne pas à un cigare après le déjeuner, n'a pas renoncé à son goût irrépressible du calembour, ni à ses talents de prestidigitateur. Alors si une contrepèterie surgit au cours du repas, ou qu'un lapin surgit du chapeau, montez le son !

Fils d'un radiophysicien et d'une électromécanicienne, c'est à Erevan, en Arménie, qu'il voit le jour, et comme à la maison le seul instrument est un piano, à 7 ans il se met au clavier et donne neuf mois plus tard son premier récital et aligne Mozart ou Grieg en concerto. Mais son but c'est l'orchestre, et pour y parvenir il apprend le hautbois, la composition et la flûte arménienne, la chevi, et fonde avec des copains à 16 ans sa première formation. On le reconnaît dans la rue, ce qui lui évite de faire deux heures de queue pour acheter une baguette dans un pays miné par la guerre où les cours s'arrêtent l'hiver à cause du froid.
Remarqué par une ambassadrice mélomane, il obtient à 18 ans son visa pour la France et débarque à Paris avec 200 dollars en poche sans connaître personne. Le français, il l'apprendra dans les romans de San Antonio, d'où son goût sans doute des mauvais jeux de mots, et le piano il le perfectionnera au Conservatoire dans la classe de Jacques Rouvier.
Ses premiers enregistrements, consacrés à Schubert, à Brahms, à Haendel ou à son ami Eric Tanguy, sont couverts aussitôt de lauriers, ce qui ne l'empêche pas de faire quelques écarts pour les blagues musicales de Quai n°5 ou sur un album de Grand Corps Malade. Aujourd'hui il ne revient au clavier que par plaisir ou sur un coup de cœur, et se partage désormais entre les deux formations dont il a désormais la charge, l'Orchestre de Caen et l'Orchestre de chambre d'Erevan.
Bref, un déjeuner sous le signe de l'amitié franco-arménienne, alors faites vite une place à notre invité du jour, Vahan Mardirossian !

Avec la complicité téléphonique de Serge Avédikian, metteur en scène, et de Stéphane Logerot, violoncelliste

Programmation musicale

Franz Schubert
Impromptu op. 90 n° 2 en mi bémol majeur
Vahan Mardirossian, piano
Intrada 001

Symphonie n°1 op. 32 : I
Florentine Mulsant
Orchestre national de chambre d'Arménie
Vahan Mardirossian
Bande non commercialisée

Vahan Mardirossian
Danse perpétuelle
V. Mardirossian, piano/J.-M. Phillips-Varjabédian, violon/X. Phillips, vlcelle
Warner Classics 2564 64341-2

Aram Khatchaturian, arrangement Vahan Mardirossian
Danse du sabre
V. Mardirossian, piano/J.-M. Phillips-Varjabédian, violon/X. Phillips, vlcelle
Warner Classics 2564 64341-2

Armen Tigranian, arrangement Anahit Simonian
Anouche
Liparit Avetisyan, ténor
Vahan Mardirossian
Bande non commercialisée

Georg Friedrich Haendel
Suite n° 2 en sol majeur : Chaconne à variations
Vahan Mardirossian, piano
Intrada 007

Eric Tanguy
Prélude n° 4
Vahan Mardirossian, piano
Transart 152/3

Piotr Ilitch Tchaïkovski
Concerto pour violon en ré majeur op. 35 : III, Finale
Stéphanie-Marie Degand, violon
Orchestre de Caen
Vahan Mardirossian
Bande non commercialisée

Johannes Brahms
Sonate pour violon et piano FAE : III, Scherzo en ut mineur
Marina Chiche, violon / Vahan Mardirossian, piano
Intrada 3760064110042

Quai n° 5, d'après Giuseppe Verdi
Aïdaïkiri
Quai n° 5
Decca 480 3455

Grand Corps Malade / S Petit Nico
La Nuit
Grand Corps Malade, diction
AZ 530 709-1

Ludwig van Beethoven
Sonate n° 15 en ré majeur op. 28 (Pastorale) : IV, Rondo Allegro ma non troppo
Vahan Mardirossian, piano
Maestria Records EMVI1/2

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