Au diable Beauvert
Entretien
Dimanche 22 juin 2014
1h 23mn

Thierry Pécou

Bienvenue au Diable Beauvert. Ce n’est pas pour rien qu’il a fait sienne comme devise cette phrase du poète martiniquais Edouard Glissant : « écrire c’est dire le monde », sa musique faisant écho au souffle épique de l’univers, ce qui lui vaut son surnom de chaman des sons. Alors préparez-vous à un grand voyage sonore, et montez le son !

S’il voit le jour à Boulogne-Billancourt, ce sont ses racines antillaises qui seront entre autres la cause de son irrépressible tropisme pour l’Amérique du Sud. Pourtant rien ne le prédisposait a priori à jouer un beau jour les Indiana Jones de la musique précolombienne.
Elevé dans un milieu non musical, il se met au piano à 9 ans et se découvre rapidement compositeur. Puis ce sera le Conservatoire de Paris, où il goûte surtout le contact avec ses futurs interprètes. Pensionnaire de la Casa Vélasquez puis de la Villa Médicis hors les murs, il entame à partir du milieu des années 80 et jusqu’à la fin du siècle une série de voyages qui le mèneront aux quatre coins du monde, où il puise dans les traditions rencontrées les forces telluriques de sa propre musique.
Une œuvre qu’il aime à défendre lui-même au clavier et pour laquelle il fonde en 1998 l’Ensemble Zellig, une formation à géométrie variable de solistes de haut vol dont il est le compositeur fétiche, sans en être le seul bénéficiaire. Puis ce sera en 2003 le choc de sa Symphonie du jaguar, devenue depuis un classique de notre temps.
Mais laissons parler à son propos un autre musicien, Jean-Luc Tamby, qui écrit de lui : « A ceux qui veulent l’écouter, il dit le monde, son étendue, sa beauté, son chaos aussi, avec la souffrance des hommes et leurs mémoires mutilées. La transe du candombé brésilien, la suavité mélodique mozartienne, l’artisanat virtuose de l’orchestration, l’archéologie musicale pré-colombienne, toutes ces différences s’entremêlent sans se perdre, dans le Tout-Monde qu’il nous donne à entendre ».
Bref écoutons à notre tour sans plus attendre notre invité, Thierry Pécou !

Avec la complicité téléphonique de Silvia Lenzi, violoncelliste et violiste de l'ensemble Zellig, et de Pascal Cribier, jardinier

Programme musical

Thierry Pécou
Symphonie du Jaguar
I. Volatile

Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. François-Xavier Roth
Harmonia Mundi 905267

Thierry Pécou
Outre-Mémoire
III. "La Décharge" - Mambu 1

Alexandre Tharaud, piano
Ensemble Zellig :
Anne-Cécile Cuniot, flûte
Etienne Lamaison, clarinette
Silvia Lenzi, violoncelle
AEon 423

Thierry Pécou
Passeurs d'eau, Cantate amazonienne
VI. Chant n° 7

Ensemble Zellig
Integral Classic 221 160

Guillaume Dufay
Messe L'Homme armé : Benedictus
Thierry Pécou
L'Homme armé : Intervention C
Les Jeunes Solistes, dir. Rachid Safir
Grave 6

Thierry Pécou
Une Rose... A Circle of Kisses
II. Chant apache

Ensemble Zellig
MDA Productions 9905

Thierry Pécou
L'Oiseau innumérable
II. Deuxième Mouvement

Alexandre Tharaud, piano
Ensemble Orchestral de Paris, dir. Andrea Quinn
Harmonia Mundi 901974

Thierry Pécou
Après Rameau, une sarabande ?
Alexandre Tharaud, piano
Harmonia Mundi 901974

Thierry Pécou
Les Sacrifiées : Prologue
Sevan Manoukian, chant
Ensemble TM+, dir. Laurent Cuniot
Enregistrement France Musique 12 janvier 2008 / Diffusion 8 mai 2008

Thierry Pécou
L'Amour coupable : Scène finale
Gaëlle Méchaly, soprano
Jacqueline Mayeur, mezzo-soprano
Edwin Crossley Mercer, baryton
Matthieu Lécroart, baryton
Chœur et Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie, dir. Jean Deroyer
Enregistrement France Musique 23 avril 2010 / Diffusion 5 mai 2010

Thierry Pécou
Miserere
I. Praeludium
II. Verset I
III. Verset II

Laura Holm, Eva Zaïcik et Dania El Zein, sopranos
Les Folies Françoises, dir. Patrick Cohen-Akënine
Document personnel du compositeur

Thierry Pécou
Tremendum, Concerto-Carnaval
Ensemble Variances
Percussions Claviers de Lyon
Harmonia Mundi 905269

Thierry Pécou
Anges et Oiseaux
Ensemble Zellig
Integral Classic 221 127

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