Au diable Beauvert
Entretien
Dimanche 22 décembre 2013
1h 23mn

Sonia Wieder-Atherton

Bienvenue au Diable Beauvert. N’attendez pas d’elle des Suites de Bach en concert - non, si elle joue le Cantor ce sera plutôt la transcription de l’une de ses Cantates, et si elle donne une Suite de Britten c’est pour la glisser sous les mots de Syvia Plath. Elle préfère les chemins de traverse, livrant littéralement son violoncelle aux quatre vents, prête à toutes les aventures, quitte à se frotter au théâtre et au cinéma. Je vous sens déjà en appétit... alors poussez le son !

C’est à San Francisco qu’elle voit le jour, fille d’un prof d’histoire américain et d’une mère philosophe française, et c’est à New York qu’elle commence à grandir, une ville dont elle conserve encore le souvenir des empreintes sonores.
Elle a 6 ans lorsque la famille rentre en France et tente de se mettre à a guitare, lorsque deux ans plus tard elle tombe en arrêt devant un disque qui tourne sur la platine, la Sonate en mi mineur de Vivaldi. Elle dit aussitôt "c’est ça !", même si aujourd’hui elle a oublié le nom de l’interprète et ne se souvient que de la pochette, rouge.
Ce sera donc le violoncelle, d’abord au Conservatoire de Paris auprès de Maurice Gendron, une sorte de Dirk Bogarde au charme absolu avec lequel les rapports seront passionnés, puis à celui de Moscou, suite à la rencontre de Natalia Shakovskaïa, où elle passe deux ans à étudier à la dure.
De retour à Paris, elle sera l’une des premières lauréates du Concours Rostropovitch, un autre de ses maîtres, et depuis mène sa barque à sa manière, entre ses amis compositeurs, Aperghis, Dusapin ou Krawczyck, et ses spectacles qui donnent à voyager, "Au commencement Monteverdi", "Danses nocturnes" ou "Odyssée".
A la fin des années 80 elle se penche, à la demande de la cinéaste Chantal Akerman, sur les chants juifs, et découvre à l’occasion une partie de l’histoire non dite de la famille, la fuite de Bucarest de ses grands-parents, les études de piano de son aïeule et le hassidisme.
Bref, c’est l’une des personnalités les plus riches et les plus atypiques du paysage musical qui est aujourd’hui à notre table : Sonia Wieder Atherton.

Avec la complicité téléphonique de Charlotte Rampling, comédienne, et de Pascal Dusapin, compositeur

Programme musical

Trad. juif
Chanson dans le souvenir de Schubert
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
Sinfonia Varsovia, dir. Christophe Mangou
Naïve V 5178

Claudio Monteverdi / arrangement Sonia Wieder-Atherton
Pur ti miro pur ti godo (Le Couronnement de Poppée)
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle et contrebasse
Natalia Shakhoskaya, violoncelle
RCA 74321 84355 2

H. Roisenblatt / Sholom Secunda
Bobenyu
Noëmi Wasfeld, chant
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
AWZ Records CW 895634

Alexandre Tcherepnine
Danse tatare
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
Naïve V 5178

Johannes Brahms
Sonate pour violoncelle et piano n° 2 en fa majeur op. 99
IV. Allegro molto

Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
Catherine Collard, piano
Lyrinx 109

Georges Aperghis
Profils
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
Françoise Rivalland, zarb
RCA 82876 552732/2

Pascal Dusapin
Invece
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
RCA 74321 84355 2

Jacques Higelin / Hervé Lauzanne
Château de sable
Jacques Higelin, vocal
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
Sony 88765499682

Henri Dutilleux
Trois Strophes sur le nom de Sacher
III. Vivace

Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
RCA 74321 84355 2

Bela Bartok
Concerto pour violoncelle op. posth (transcription du Concerto pour alto)
III. Allegro vivace

Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
Sinfonia Varsovia, dir. Janos Fürst
RCA 88697 028292

Sonia Wieder-Atherton
New York Quatuor (musique du film "Un divan à New York" de Chantal Akerman)
Sonia Wieder-Atherton, violoncelles 1 & 2
Laurent Cabasso, piano
François Laizeau, batterie
RCA 74321 37094 2

Maurice Ravel
Sonate pour violon et violoncelle
II. Très vif

Raphaël Oleg, violon
Sonia Wieder-Atherton, violoncelle
RCA 74321 57426 2

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