Au diable Beauvert
Entretien
Dimanche 20 avril 2014
1h 23mn

Nicholas Angelich

Bienvenue au Diable Beauvert ! « C’est troublant de le voir entrer en scène tel un somnambule et en sortir avec une lenteur absente, comme si c’était l’œuvre qu’il avait du mal à quitter », dit de lui Michel Blanc, grand mélomane. Mais cette bizarrerie-là, il la revendique lui-même : « je ne cherche jamais à être singulier dans le seul but de l’être » ; d’ailleurs, ajoute-t-il, « se lever tous les matins c’est aussi très difficile ! » Il l’a pourtant fait pour nous aujourd’hui, alors montez le son !

C’est à Cincinnati qu’il voit le jour, d’un père monténégrin et d’une mère russe d’origine arménienne rencontrée en Serbie. Au fait, quelle langue parle-t-on à la maison ? Papa est violoniste dans l’orchestre local, maman, élève en Yougoslavie d’une disciple de Cortot et de Lazare Lévy, sera son premier professeur au clavier. A 5 ans, à l’issue d’un concert, il rencontre Gary Graffmann qui lui déclare qu’il est déjà en retard, ayant lui-même commencé le piano à 4 ans, quand Heifetz, lui, avait débuté le violon à 3 ans.
La provocation déterminera sa vocation - lui qui aimera vite s’enfermer aussi avec Tolstoï ou Shakespeare, mais qui déteste l’école ou le sport, et n’a toujours pas d’ordinateur, mélancolique déjà au point de sombrer dans des phases d’abrutissement télévisuel.
A 7 ans, il donne son premier concerto de Mozart, et six ans plus tard le kid de Cincinnati devient un Américain à Paris dans la classe d’Aldo Ciccolini, puis dans celle d’Yvonne Loriod, avant de se perfectionner sur les rives du Lac de Côme auprès de Leon Fleisher.
La consécration viendra à la fin du siècle dernier, lorsqu’il remplace au pied levé Martha Argerich à La Roque d’Anthéron.
La France l’adopte définitivement, et les Etats-Unis le revendiquent.
Brahms l’accompagne depuis toujours, mais il est capable de graver une lecture d’anthologie des Goldberg, et ce grand solitaire sait aussi qu’un ami est une douce chose, qu’il s’agisse de Renaud Capuçon ou des cinq mousquetaires avec lesquels il a partagé l’aventure de l’intégrale des sonates de Beethoven.
Mais aujourd’hui c’est avec nous qu’il partage son déjeuner - j'ai nommé Nicholas Angelich !

Avec la complicité téléphonique de Guillaume Coppola, pianiste, et de René Martin, directeur artistique de La Folle Journée de Nantes et du Festival international de piano de La Roque d'Anthéron

Programme musical

Johannes Brahms
Concerto pour piano n° 1 en ré mineur op. 15
I. Maestoso

Nicholas Angelich, piano
Orchestre Symphonique de la Radio de Francfort, dir. Paavo Järvi
Virgin Classics 5189982

Serge Rachmaninov
Etudes-Tableaux op. 39
V. Appassionato en mi bémol mineur

Nicholas Angelich, piano
Harmonia Mundi 911547

Maurice Ravel
Miroirs : V. La Vallée des cloches
Nicholas Angelich, piano
Lyrinx 170

Franz Liszt
Années de pèlerinage, Première Année : la Suisse
IX. Les Cloches de Genève

Nicholas Angelich, piano
Mirare 9941/1

Franz Liszt
La Danza - Tarantella napoletana (Soirées musicales de Rossini)
Guillaume Coppola, piano
Calliope 9412

Jean-Sébastien Bach
Variations Goldberg BWV 988
XXXI. Variatio 30. Quodlibet
XXXII. Aria da capo e fine

Nicholas Angelich, piano
Virgin Classics 50999 0706642 9

Ludwig van Beethoven
Sonate n° 12 en la bémol majeur op. 26 "Marche Funèbre"
III. Marcia funebre "Sulla morte d'un Eroe"

Nicholas Angelich, piano
Mirare 003

Ludwig van Beethoven
Sonate n° 21 en ut majeur op. 53 "Waldstein"
II. Introduzione adagio molto

Nicholas Angelich, piano
Mirare 215

Johannes Brahms
Concerto pour piano n° 2 en si bémol majeur op. 83
IV. Allegretto grazioso

Nicholas Angelich, piano
Orchestre Symphonique de la Radio de Francfort, dir. Paavo Järvi
Virgin Classics 2663492

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