Entretien
Dimanche 6 juillet 2014
1h 22mn

Muza Rubackyte

Bienvenue au Diable Beauvert ! Et que pourrait-on demander pour ce dernier déjeuner musical de la saison, que de recevoir à notre table une grande pianiste, une personnalité fortement engagée et de plus, si elle me le pardonne, une belle plante ? Alors, comme c’est aujourd’hui le cas, ouvrez grandes vos oreilles et montez le son !

Muza Rubackyte
Muza Rubackyte

Et pourtant, tout cela n’avait pas vraiment bien commencé, si ce n’est du côté du piano. A la fin des années 60, la Lituanie est toujours sous la férule du régime soviétique qui a annexé le pays après la guerre. Seul avantage de la situation, le système éducatif est excellent, et l’on dépiste drastiquement les petits génies en herbe. A 7 ans, elle entre donc à l’école des enfants surdoués de Vilnius. Peu de temps après, elle voit dans un film une autre petite fille jouer la Sixième Rhapsodie hongroise de Liszt, ce qui décidera de sa vocation et de son amour immodéré pour le beau Franz.
Puis ce sera le Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, et au total quelque dix-neuf années d’étude, largement de quoi se faire les doigts. En 1981, elle est enfin autorisée à sortir de l’Union soviétique pour participer au Concours Franz Liszt, encore lui, de Budapest, qu’elle remporte, signant dans la foulée des contrats avec les plus grands chefs et les meilleures salles de concert occidentales. Résultat, elle sera privée de passeport pendant sept ans, obligée de sillonner l’URSS par des trains de nuit pour aller jouer dans des usines sur des pianos droits à l’heure de la pause déjeuner.
En 1989, Gorbatchev est au pouvoir, l’étau commence à se desserrer et elle obtient une bourse pour venir faire un stage à Paris. Un an plus tard, la Lituanie parvient à arracher son indépendance, une révolution dont elle sera l’une des figures, récompensée par moult décorations dont la Légion d’honneur de son pays.
Le reste, nous allons le découvrir ensemble, mais sachez encore qu’à Vilnius et Paris elle a ajouté Genève à ses attaches pour l’amour de son mari, un médecin suisse, lui-même violoniste dans un orchestre amateur, qui n’hésite pas à la rejoindre aux quatre coins du monde pour un concert, et accueillons sans plus attendre notre invitée du jour, Muza Rubackyte !

Avec la complicité téléphonique de Jolanta Balciuniene, ambassadeur de Lituanie à Paris, et d'Alain Golay, époux de Muza Rubackyte.

Programme musical

Camille Saint-Saëns
Concerto pour piano n° 2 en sol mineur op. 22
II. Allegro scherzando

Muza Rubackyte, piano
Orchestre Philharmonique National de Lituanie, dit. Hans-Martin Scheidt
Doron 3065

Franz Liszt
Années de pèlerinage, Première Année : Suisse
VIII. Le Mal du pays

Muza Rubackyte, piano
Lyrinx 2216

Dimitri Chostakovitch
Prélude et Fugue n° 5 en ré majeur
Muza Rubackyte, piano
Brilliant Classics 8463

Louis Vierne
Prélude n° 6 "Dans la nuit"
Muza Rubackyte, piano
Document de l'artiste

Jean-Sébastien Bach / Ferruccio Busoni
Chaconne en ré mineur (d'après la Chaconne de la Partita pour violon n° 2 en ré mineur BWV 1004 )
Muza Rubackyte, piano
Lyrinx 2238

Ludwig van Beethoven / arrangement Franz Alexander Possinger et Hans Werner Kuthen
Concerto pour piano n° 4 en sol majeur op. 58
II. Andante con moto

Muza Rubackyte, piano
Quatuor de Shanghaï
avec Girdutis Jakaitis, alto
Lontano 2564 68500 6

Domenico Scarlatti
Sonate en ré mineur K. 141
Muza Rubackyte, piano
Lyrinx 201

Mikolajus Konstantinas Curlionis
Impromptu VL 181
Muza Rubackyte, piano
Marco Polo 8223549

Krzysztof Penderecki
Concerto pour piano "Résurrection" (fin)
Allegro molto sostenuto - Adagio

Muza Rubackyte, piano
Orchestre Philharmonique National de Lituanie, dir. Maximiliano Valdes
Document de l'artiste

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