Au diable Beauvert
Entretien
Dimanche 27 octobre 2013
1h 23mn

Michel Dalberto

Il est du genre à ne pas tomber la veste même pour un récital en pleine canicule - non par dandysme mais question de goût, comme au piano où chaque note est à sa place, évidente, imaginative, sans esbroufe, sous les doigts de celui qui s’est longtemps défini comme un musicien jouant de son instrument, plutôt que comme un vrai pianiste. Alors ouvrez grandes les oreilles et poussez le son !

Enfant, il découvre à 3 ans et demi son premier clavier, un piano jouet de 2 octaves, auquel il préfère quand même ses petites voitures. D’ailleurs il confiera plus tard préférer assister à un grand prix de Formule 1 plutôt qu’à un concert de Muti, sauf, bien entendu, s’il joue avec lui.
Qu’à cela ne tienne, à 6 ans c’est le choc d’un récital de Richter et il s’y met sérieusement, entre à 12 ans au Conservatoire de la Paris dans la classe de Vlado Perlemuter, puis travaille avec Jean Hubeau en musique de chambre. Rue de Madrid, il reste aussi célèbre pour être capable de réduire de mémoire à peu près n’importe quelle partition d’orchestre ou d’opéra.
A sa sortie, il remporte le concours Clara Haskil, dont il deviendra quelques décennies plus tard le président du jury, puis celui de Leeds qui lui ouvre grandes les portes de la carrière et d’une discographie abondante. Peut-être en hommage à son dieu Arrau, il commence par Mozart, son cher Liszt auquel il revient aujourd’hui, ou Schubert, dont il demeure le seul interprète vivant à avoir gravé l’intégrale ; la musique française, ce sera pour plus tard.
Concertiste recherché par les plus grandes baguettes, il n’en oublie pas pour autant la musique de chambre, et lui qui a eu le privilège de jouer avec Szeryng aime à partager la scène avec les meilleurs de la jeune génération. Il se refuse à enseigner mais s’est passionné pour la direction du Festival des Arcs. Ajoutez à cela que ce fin gourmet, admis au Club des 100, goûte tout ce qui est a priori interdit aux pianistes, le ski, la plongée sous-marine, dont il est d’ailleurs diplômé, les bolides, le parachute ou le delta plane - et vous en savez assez maintenant pour accueillir à notre table notre invité, Michel Dalberto !

Avec la complicité téléphonique d'Henri Demarquette, violoncelliste, et d'Adam Laloum, pianiste

Programme musical

Franz Liszt, d'après Vincenzo Bellini
Réminiscences de Norma S 394
Michel Dalberto, piano
Sony 88883733022/1

Franz Schubert
Moments musicaux D. 780 : IV. Moderato
Michel Dalberto, piano
RCA 82876 704672/2

Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour piano n° 25 en ut majeur K. 503 : I. Allegro maestoso
Orchestre de Chambre de Lausanne, dir. Armin Jordan
Erato 0630 13736 2

Robert Schumann
Humoresque en si bémol majeur op. 20 : I. Einfach
Adam Laloum, piano
Mirare 194

Franz Liszt, d'après Richard Wagner
Isoldes Liebestod
Michel Dalberto, piano
Sony 82876 603092

Ernest Chausson
Sérénade italienne op. 2 n° 5
Jessye Norman, soprano
Michel Dalberto, piano
Erato 88 012

Franz Liszt
Douze Etudes d'exécution transcendante : XII. Chasse-neige
Michel Dalberto, piano
Sony 88883733022/1

Ludwig van Beethoven
Sonate pour piano et violoncelle n° 5 en ré majeur op. 102 n° 2 : I. Allegro con brio
Michel Dalberto, piano
Henri Demarquette, violoncelle
Enregistrement France Musique / Festival du Périgord Noir 7 août 2004, diffusion 18 août 2004

Alexandre Scriabine
Vers la flamme op. 72
Sony 88883733022/2
Michel Dalberto, piano

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