Entretien
Dimanche 1 décembre 2013
1h 23mn

Marianne James

Longtemps une diva aussi déjantée que sa silhouette lui a volé la vedette. Il lui faudra quelques années de Nouvelle Star et un album pour qu’elle retrouve son nom, et encore, c’est un pseudonyme. Et la voilà qui replonge sur scène sous une nouvelle identité, celle d’une ex-star d’Hollywood confrontée au Pôle Emploi. Bon, vous êtes déjà paumés... Alors posez-vous et montez le son !

Marianne James
Miss Carpenter

Qui pourrait croire à la voir aujourd’hui que jusqu’à 5 ans elle fut chétive et anorexique ? Il lui faudra une ablation des amygdales et un sorbet à la fraise pour qu’elle daigne enfin ouvrir la bouche. A Montélimar où elle voit le jour, alors que ses parents attendaient un Bruno, papa est dans le nougat et maman tient une parfumerie où elle se sert pour maquiller les copines. A 11 ans, elle file déjà vers le mètre 80, prend des cours de guitare avec Tony Petrucciani dont le fils, Michel, l’accompagne au piano, et se rêve lanceuse de javelot, bonne sœur ou biologiste. Elle va d’ailleurs pour s’inscrire dans cette branche lorsque sa prof de chant convainc ses parents de l’envoyer à Paris passer son prix et entrer en musicologie à la Sorbonne, où on lui refusera un mémoire sur les destins croisés de Maria Callas, d’Edith Piaf et de Janis Joplin. Elle se lance dans le théâtre de rue et fait la manche en chantant de Beaubourg à Florence, jusqu’à ce que naisse le personnage démesuré d’Ulrika von Glott pour lequel elle s’inspire de la taille glamour de Jessye Norman, de l’humour de Montserrat Caballé et de la froideur germanique d’Elisabeth Schwarzkopf.
Un Molière plus tard et un bon millier de représentations au compteur, avec la fidèle Ariane Cadier au piano et la mise en scène de Jango Edwards, Ulrika fera ses adieux irrévocables.
Elle crée ensuite sa propre collection grande taille et revient aujourd’hui au théâtre sous les traits de Miss Carpenter, une octogénaire qui rêve encore de sa carrière américaine au milieu du siècle dernier, mais qui doit aujourd’hui enchaîner les auditions et les humiliations pour ne pas être radiée. Sachez encore qu’à la sortie du spectacle, elle aime concocter pour ses amis une bonne blanquette ou encore une bombine ardéchoise dont elle nous donnera la recette. Alors, attablez-vous sans plus attendre avec notre invitée, Marianne James !

Avec la complicité téléphonique d'Eric-Emmanuel Schmitt, écrivain, et de Tony Petrucciani, guitariste

Programme musical

Georges Bizet
Carmen : L'Amour est enfant de bohème
Marianne James, chant
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Vincenzo Bellini
Norma : Casta Diva
Maria Callas, soprano
Choeurs et Orchestre de l'Opéra de Paris, dir. Georges Sebastian
INA Mémoire Vive 083/1

David André
Une chanteuse de chansons
Marianne James, chant
Warner Music France 2564 63914 2

George & Ira Gershwin
Someone To Watch Over Me
Ella Fitzgerald, chant
Oscar Peterson, piano
TOB 02152

John Mercer / Billy Strayhorn / Duke Ellington
Satin Doll
Tony Petrucciani, guitare
Michel Petrucciani, piano
Dreyfus Jazz 36617 2

Marianne James
Ulrika von Glott
Marianne James, voix, chant
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Laurence Broccolini / Marianne James
3.14
Marianne James, chant
Warner Music France 2564 63914 2

Giacomo Puccini
Gianni Schicchi : O mio babbino caro
Amira Willghagen, soprano enfant
Lien youtube

Guy Breton
Les Nuits d'une demoiselle
Colette Renard, chant
Marianne Mélodie 061718C

Marianne James / Sébastien Marnier
Miss Carpenter
Marianne James, voix, chant
DVD du spectacle

René Sylviano / Lucien Boyer
Les Mandarines
Marianne James, chant
BMG Distribution 74321 699252 2

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