Au diable Beauvert
Entretien
Dimanche 21 avril 2013
1h 22mn

Béatrice Uria-Monzon

Béatrice Uria-Monzon, mezzo-soprano

Pour paraphraser Jean-Luc Godard, on pourrait dire d'elle "Prénom Carmen", tant le rôle lui colle à la peau depuis vingt ans. Mais gardons-nous de réduire la mezzo agenaise à la seule cigarière de Bizet, elle possède bien d'autres cordes à son arc vocal. Alors prenez le temps de déjeuner ce midi avec celle qui se définit elle-même comme une femme qui chante, et montez le son !

Née en France, mais Espagnole de cœur par son physique comme par son humour, fille de l'un des grands peintres de la deuxième moitié du XXe siècle, elle grandit dans la demeure familiale entre ses cinq frères et sœurs. A la maison, on écoute du flamenco, on ne va pas souvent à l'opéra, mais on chante en famille en écossant les petits pois ou en faisant la vaisselle. Adolescente, elle préfère Supertramp ou Cat Stevens à Wagner et Verdi, tâte de la guitare classique et pousse ses premières vocalises dans un groupe de bossa nova. Elle décroche son bac, mais ne sachant trop que faire, elle décide de repiquer sa terminale et tombe dans un lycée dirigé par un prof de philo mélomane qui lui propose d'entrer dans la chorale de l'établissement.
Or elle ne se sent pas trop l'âme d'une choriste, et on la retrouve un peu plus tard à l'Ecole d'art lyrique de l'Opéra de Paris, à la sortie de laquelle elle signe son premier contrat, le Chérubin des "Noces". Mais là encore, elle si pacifique dans la vie, détestant les conflits, n'est pas faite pour jouer les soubrettes - il lui faut d'authentiques tragédiennes, et sur les planches du monde entier elle sera Dalila, Eboli, Didon, Vénus, Hérodiade, ou encore ces femmes brisées comme Adalgisa, Charlotte, Marguerite, Santuzza, Judith ou Tosca, non sans revenir encore et toujours à Carmen.
Son credo reste depuis toujours de montrer au public qu'une chanteuse ne pèse pas forcément 120 kilos, qu'elle ne promène pas son chien ou ses grosses valises, et qu'elle ne s'enferme pas sans parler avant de chanter. Ca tombe bien car elle a quitté pour vous sa campagne toulousaine, alors faites une place à notre table à Béatrice Uria-Monzon !

Avec la complicité téléphonique d'Alain Duault, critique musical, et de Cassiana Sarrasin, fille de Béatrice Uria-Monzon

Béatrice Uria-Monzon chante Carmen avec Roberto Alagna au Liceu de Barcelone en 2011

Programmation musicale

Henri Duparc
Extase
Béatrice Uria-Monzon, mezzo / Philippe Biros, piano
INA

Trad. flamenco
Viejo Mundo (Bulerias)
Camaron de la Isla, cantaor
Chant du Monde LDX 274 957

Serge Prokofiev
L'Amour des Trois Oranges : Acte I, tableau III (Le palais du roi)
Béatrice Uria-Monzon, mezzo
Orchestre de l'Opéra de Lyon
Kent Nagano
Virgin Classics 7 91084 2

Jules Massenet
Werther, Acte II : Werther... Werther
Béatrice Uria-Monzon, mezzo
Orchestre National de Lille-Région Nord/Pas-de-Calais
Jean-Claude Casadesus
Naxos 8 660072/3

Georges Bizet
Carmen, Acte III, scène des cartes
Béatrice Uria-Monzon, mezzo
Orchestre National Bordeaux Aquitaine
Alain Lombard
Auvidis Valois 4734

Pietro Mascagni
Cavalleria rusticana : Voi lo sapete, o mamma (romance)
Béatrice Uria-Monzon, mezzo
Orchestre National de France
Georges Prêtre
INA

Hector Berlioz
La Damnation de Faust, Troisième Partie : Le roi de Thulé (chanson gothique)
Béatrice Uria-Monzon, mezzo
The Israel Philharmonic Orchestra
Gary Bertini
Helicon 02 9648

Maxime Le Forestier
Marie Pierre et Charlemagne
Béatrice Uria-Monzon, mezzo / Roger Muraro, piano
INA

Richard Wagner
Tannhaüser, Acte I, scène 2 : Geliebter, komm !
Béatrice Uria-Monzon, mezzo
Choeur et Orchestre de l'Opéra National de Paris
Seiji Ozawa
INA

Bela Bartok
Le Château de Barbe-Bleue : Introduction
Béatrice Uria-Monzon, mezzo / Willard White, baryton basse
Orchestre de l'Opéra National de Paris
Gustav Kuhn
INA

Edouard Lalo
Fiesque, Acte I : Où courez-vous ?
Béatrice Uria-Monzon, mezzo / Roberto Alagna, ténor
Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon
Alain Altinoglu
Deutsche Grammophon 476 454 7

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