Entretien
Dimanche 6 octobre 2013
1h 23mn

Alain Meunier

Il y a en lui un subtil mélange du flegme germanopratin, son carré parisien, de l’élégance toscane, sa seconde patrie, d’une sorte d’éternelle jeunesse cultivée par ses escapades sur les rivages de l’île de Ré, et dans son sillage quelques fragrances uniques composées pour lui par celle qui fut l’amour de sa vie. Alors ouvrez grandes les oreilles comme les narines aussi, et montez le son !

Un peu comme dans ces westerns où les Indiens marchent à reculons en balayant le sol pour effacer leurs traces, il semble avoir soigneusement gommé de sa biographie tout ce qui n’est pas l’essentiel, sa carrière de violoncelliste, son activité de pédagogue ou ses fonctions de bête à concours ; le reste il faut presque le deviner.
Bon, à part cela, on sait quand même que la légende veut qu’il ait été assez doué pour commencer le violoncelle à 13 ans et sortir du Conservatoire de Paris trois ans plus tard avec tous ses prix en poche dans la classe de Maurice Maréchal.
Quelques mois plus tard il disparaît, non pas à la Vergès pour s’embarquer dans quelque improbable aventure révolutionnaire, mais tout simplement pour étudier la musicologie et l’esthétique. Il revient à 22 ans jouant avec Casals à Prades, et entre à l’académie Chigiana de Sienne où il deviendra rapidement professeur, comme il le sera plus tard à Lyon et à Paris.
Mais depuis qu’à 14 ans il a participé, encore sur les bancs de la rue de Madrid, à la création d’un trio de Paul Méfano réputé injouable, il se passionne pour la musique de son temps, participe à la création de l’ensemble 2e2m et joue aussi bien Ohana que Mâche, Donatoni, Bacri ou Dusapin.
Et puis à la fin des années 80, à la demande de Mstislav Rostropovitch, il prend les rênes du Concours de quatuor à cordes d’Evian qui couronne les Ysaÿe pour sa première édition. Aujourd’hui la compétition a mis du vin dans son eau, quittant les bords du Léman pour l’estuaire de la Gironde, car tout simplement le monde entier sait où se trouve Bordeaux.
Et il n’est pas venu les mains vides aujourd’hui question grand cru, puisqu’il nous offre sa nouvelle intégrale des sonates de Beethoven - alors faites vite place à notre invité, Alain Meunier !

Avec la complicité téléphonique de Raphaël Merlin, violoncelliste du Quatuor Ebène

Programme musical

Ludwig van Beethoven
Sonate pour violoncelle et piano en la majeur op. 69 : II. Scherzo
Alain Meunier, violoncelle
Anne Le Bozec, piano
Maguelone 111 185

Henri Duparc
Sonate pour violoncelle et piano : II. Lento
Alain Meunier, violoncelle
Anne Le Bozec, piano
Maguelone 111 177

Ludwig van Beethoven
Trio pour piano, clarinette et violoncelle en si bémol majeur op. 11 : I. Allegro con brio
Rudolf Serkin, piano
Richard Stoltzman, clarinette
Alain Meunier, violoncelle
Sony SMK 47296

Ludwig van Beethoven
Sonate pour violoncelle et piano en ut majeur op. 102 n° 1 : III. Allegro vivace
Alain Meunier, violoncelle
Anne Le Bozec, piano
Maguelone 111 185

Pascale Charpentier
Entretien avec Annick Goutal
Enregistrement France Culture Les Nuits magnétiques 16 décembre 1987

Jean-Sébastien Bach
Suite pour violoncelle n° 5 en ut mineur BWV 1011 : I. Prélude
Alain Meunier, violoncelle
Harmonic Records 9347

Maurice Ohana
Anneau du Tamarit
Alain Meunier, violoncelle
Orchestre National de France, dir. Marc Andreae
Erato Musifrance 2292 45503 2

Johannes Brahms
Quatuor pour piano et cordes n° 3 en ut mineur op. 60 : II. Scherzo Allegro
Derek Han, piano
Isabelle Faust, violon
Bruno Giuranna, alto
Alain Meunier, violoncelle
Brilliant Classics 93040

Felix Mendelssohn
Quatuor à cordes n° 6 en fa mineur op. 80 : II. Allegro assai
Quatuor Ebène
Virgin Classics 4645462

Ludwig van Beethoven
Sonate pour violoncelle et piano en ré majeur op. 102 n° 2 : III. Allegro fugato
Alain Meunier, violoncelle
Anne Le Bozec, piano
Maguelone 111 185

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