Au diable Beauvert
Entretien
Dimanche 22 septembre 2013
1h 23mn

Abdel Rahman El Bacha

Si l’on sait depuis sa victoire il y a 35 ans au concours Reine Elisabeth que c’est un géant actuel du clavier, capable de se déchaîner dans Prokofiev qui lui vaudra le Prix Charles Cros pour son premier enregistrement, rien dans la vie ne semble susceptible de le faire sortir de ses gonds. Seule la musique l’habite au point de le distraire, lui qui n’a jamais pu conduire, ni même apprendre à faire du vélo. Alors, soyez zen et montez le son !

C’est à Beyrouth qu’il voit le jour, fils d’un couple de musiciens célèbres. Son père, Toufik, participe par ses compositions au renouveau de la musique arabe, et sa mère, Wadad, est une chanteuse très populaire de tradition orale, d’où sans doute cette prodigieuse mémoire qui lui permettra plus tard de jouer dans l’ordre chronologique tout Chopin par cœur en moins d’une semaine, à raison de deux ou trois récitals par jour.
La discothèque familiale est très riche en musique occidentale, et à 4 ans il se met au violon avant d’opter définitivement, deux ans plus tard, pour le piano qu’il travaille auprès de Zvart Sarkissian, elle-même élève de Marguerite Long et de Jacques Février. Il donne son premier concert à 15 ans et vient à Paris, avec une Bible et un Coran dans sa valise, achever ses études dans la classe de Pierre Sancan. Il hésite un peu à s’intéresser parallèlement aux mathématiques ou à la philosophie, mais non, le piano sera désormais toute sa vie, ou plutôt la musique au sommet de laquelle il place son cher Beethoven, duquel il vient de signer une deuxième intégrale des Sonates, un artiste libre qui, métaphysicien dans l’âme, a créé une œuvre pour aider l’humanité à surmonter la souffrance et à retrouver la joie, celle-là même qui l’anime quotidiennement.
Compositeur lui-même, et auteur d’une quarantaine de pièces, il n’est guère gourmand de musique contemporaine, mais ne saurait commencer la journée, comme son compatriote Gabriel Yared, sans jouer chaque matin un Prélude et Fugue de Bach.
Alors, prenez vite place à la table de notre mezzé, et faites une place à notre convive du jour, Abdel Rahman El Bacha !

Programmation musicale

Jean-Sébastien Bach
Le Clavier bien tempéré, Premier Livre : Prélude et Fugue en ut mineur BWV 847
Abdel Rahman El Bacha, piano
Triton OVCT-00077

Serge Prokofiev
Toccata en ré mineur op. 11
Abdel Rahman El Bacha, piano
Mirare 165

Toufik El Bacha
Chanson d'amour
Wadad, chant
Document personnel

Frédéric Chopin
Polonaise en sol mineur op. posth. n° 1
Abdel Rahman El Bacha, piano
Forlane 16767

Frédéric Chopin
Mazurka en fa mineur op. 68 n° 4
Abdel Rahman El Bacha, piano
Forlane 16814

Ludwig van Beethoven
Sonate n° 10 en sol majeur op. 14 n° 2 : I, Allegro
Abdel Rahman El Bacha, piano
Mirare 187

Ludwig van Beethoven
Sonate n° 28 en la majeur op. 101 : I, Etwas lebhaft und mit der innigsten Empfindung
Abdel Rahman El Bacha, piano
Mirare 187

Ludwig van Beethoven
Sonate n° 16 en sol majeur op. 31 n° 1 : III, Rondo
Abdel Rahman El Bacha, piano
Mirare 187

Abdel Rahman El Bacha
Marie
Papillon

Abdel Rahman El Bacha, piano
Enregistrement France Musique 30 juin 1994

Bechara El Khoury
Concerto pour piano op. 36 : II. Poétique
Abdel Rahman El Bacha, piano
Orchestre Colonne, dir. Pierre Dervaux
Forlane 16763

Serge Rachmaninov
Etude-tableau en ré mineur op. posth. 33 n°5
Abdel Rahman El Bacha, piano
Triton OVCT-00037

Maurice Ravel
Miroirs : II. Oiseaux tristes
Abdel Rahman El Bacha, piano
Forlane 16737

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