Alla Breve
Magazine
Mercredi 25 septembre 2013
4 min

« N'zah » pour deux solistes et orchestre de Benjamin Attahir (3/5)

L'oeuvre « N'zah » pour deux solistes et orchestre de Benjamin Attahir, est interprétée par Giani Caserotto (guitare électrique), Florian Gazagne (flûte à bec) et l'Orchestre National de France, sous la direction de Takuo Yuasa. C' est une Rediffusion de la Commande de Radio-France enregistrée en mars 2011.

« N'zah » pour deux solistes et orchestre de Benjamin Attahir (3/5)
Benjamin Attahir

"Le titre de cette pièce, N'zah, signifie "badinage" en arable classique, en référence au Badinage du quatrième livre de viole de Marin Marais duquel tout le matériau et l'essence musicale est tirée. Cet hommage au compositeur et violiste français se traduit dans une forme à la croisé des genres et des cultures.
En effet, deux mondes antagonistes se voient mis en perspective: celui de la musique symphonique d'un coté et celui de la musique concertante de l'autre. Nous nous trouvons donc face à un genre hybride apparenté au concerto grosso ou plutôt à la symphonie concertante dans laquelle tous les solistes de l'orchestre auraient un rôle à jouer. A l'orchestre symphonique conventionnel, j'ajoute deux autres musiciens qui sont à considérer comme des marqueurs temporels: la flûte à bec, appartenant au temps de Marin Marais ainsi que la guitare électrique, qui nous ramène à notre univers contemporain. Cette musique porte en elle par ailleurs une double identité culturelle. Les mélismes de l'Orient et les timbres orchestraux d'Occident s'y retrouvent mêlés dans ces cinq mouvements enchainés.
Pour ce qui est de la trajectoire de l'œuvre, celle-ci part de l'extrême division de l'effectif pour arriver à un final dans lequel l'orchestre est traité en blocs sonores unifiés.
Cette dichotomie entre l'individu et le groupe est un des aspects sociaux qui trouvent résonance musicale et qui me passionne au plus haut point.
La pièce est dédiée à Bruno Mantovani ainsi qu'aux musiciens de l'Orchestre National de France et se fait entendre comme un écho des récents bouleversements du monde arabe, une pensée adressée à tout un peuple, celui de mes racines, qui n'aspire qu'à la paix entre les hommes."
(Note d'intention de Benjamin Attahir, 2011)

Ailleurs sur le web

L'équipe de l'émission :