Alla Breve
Magazine
Vendredi 29 novembre 2013
4 min

« Il regno dell’acqua » de Zad MOULTAKA (5/5)

Troisième chapitre du partenariat entre nos Alla Breve et la Biennale de Venise, avec la diffusion d'une nouvelle pièce de Zad Moultaka : "Il regno dell'aqua", interprétée par l'ensemble l'Instant Donné.

Cette commande de Radio France a été donnée en concert dans un premier temps à la Biennale de Venise le 11 octobre puis a été enregistrée le 26 octobre à Radio France par l'Ensemble l'Instant Donné, avec ElsaBalas (alto), Caroline Cren (piano), Saori Furukawa (violon), Mathieu Steffanus (clarinette), Nicolas Carpentier (violoncelle), Maxime Echardour (percussions) et Cédric Jullion (flûte)

"Il regno dell'acqua", ce sont cinq déclinaisons de l'univers poétique si particulier de la ville de Venise.
Le compositeur est parti d'une idée poétique, différente à chaque fois, qu'il a placée en exergue à chaque nouvement.
Presque malgré lui, Zad Moultaka a renoué dans le cinquième mouvement de sa suite instrumentale inspirée par la ville de Venise avec l'idée poétique qui était associéee au premier mouvement ; l'idée d'une ville suspendue entre ciel et lagune et qui se regarde dans le miroir de ses eaux...

5 - L’altro sguardo del viso (l’autre regard du visage)
"Elle se regarde dans les yeux, le visage frissonnant sur la peau du miroir…" (Z Moultaka)

En partenariat avec
La Biennale de Venise

Logo Biennale Venise 2013
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et

L'ensemble L'instant Donné
L'ensemble L'instant Donné

Présentation de l’oeuvre, par Catherine Peillon :
L’eau bienfaitrice, l’eau destructrice, - inondations, débordements -, l’eau qui dilue et nettoie… le règne de l’eau. Cette pièce est écrite et consacrée à Venise, son corps liquide, inséparable de son âme de lagune. Pluie, bruine, brume, l’image de la ville se brouille - floue -, s’écaille, engloutit et reflète. Les cinq mouvements sont des fragments instrumentaux concis et ouvragés, chacun se dissout entièrement dans une sensation - suspension, mirage, fêlure, miroitement - qui nous relie à l’espace intimement poétique de la Ville. A l’heure où le monde est au chevet de la cité menacée, le compositeur-peintre choisit le thème de l’eau et de la lumière, comme en peinture il vient d’achever une série intitulée Le Feu de l’eau. On trouve ici les mêmes forces en œuvre, la même intensité, les mêmes traces de déchirure dans une forme très abstraite. Des sons, de soyeux ou rugueux jeux de timbres, mis à nu. Une matière intérieure, calme ou bouillonnante, inconnue, presqu’indéchiffrable. A la frontière de l’être et du non être dans le sens où l’Iphigénie d’Euripide ose énoncer "Regarder la lumière est pour les mortels la chose la plus douce ; ce qui est en-dessous de la terre est néant " *.

  • Euripide Iphigénie à Aulis, 1218

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