Alla Breve
Magazine
Mercredi 22 avril 2015
4 min

« Il regno dell’acqua » de Zad Moultaka (3/5)

Un nouveau chapitre du partenariat entre nos alla breve et la Biennale de Venise, avec la diffusion d'un nouvelle pièce de Zad Moultaka : "Il regno dell'aqua", interprétée par l'ensemble l'Instant Donné.

Cette commande de Radio France a été donnée en concert dans un premier temps à la Biennale de Venise le 11 octobre puis enregistrée le 26 octobre par l'Ensemble l'Instant Donné, avec Elsa Balas (alto), CarolineCren (piano), Saori Furukawa (violon), Mathieu Steffanus (clarinette), Nicolas Carpentier (violoncelle), Maxime Echardour (percussions) et Cédric Jullion (flûte)

"Il regno dell'acqua", ce sont cinq déclinaisons de l'univers poétique si particulier de la ville de Venise.
Le compositeur est parti d'une idée poétique, différente à chaque fois, qu'il a placée en exergue à chaque nouvement.
C'est dans les murs du petit théâtre de l'Arsenal de Venise que "Il regno dell' Acqua" a été entendue pour la première fois : ce jour-là dans la salle se trouvaient les deux dédicataires de la pièce, deux amis du compositeurs. En écoutant la pièce, ils ont eu le sentiment "d'entendre Venise"...

3 - Le campane inghiottite (les cloches englouties)
"La ville s’enfonce dans le tintement des choses" (Z Moultaka).

En partenariat avec
La Biennale de Venise

Logo Biennale de Venise 2013
Logo Biennale de Venise 2013

et
L'ensemble L'Instant Donné

Ensemble L'Instant Donné
Ensemble L'Instant Donné

Présentation de l’oeuvre, par Catherine Peillon :
L’eau bienfaitrice, l’eau destructrice, - inondations, débordements -, l’eau qui dilue et nettoie… le règne de l’eau. Cette pièce est écrite et consacrée à Venise, son corps liquide, inséparable de son âme de lagune. Pluie, bruine, brume, l’image de la ville se brouille - floue -, s’écaille, engloutit et reflète. Les cinq mouvements sont des fragments instrumentaux concis et ouvragés, chacun se dissout entièrement dans une sensation - suspension, mirage, fêlure, miroitement - qui nous relie à l’espace intimement poétique de la Ville. A l’heure où le monde est au chevet de la cité menacée, le compositeur-peintre choisit le thème de l’eau et de la lumière, comme en peinture il vient d’achever une série intitulée Le Feu de l’eau. On trouve ici les mêmes forces en œuvre, la même intensité, les mêmes traces de déchirure dans une forme très abstraite. Des sons, de soyeux ou rugueux jeux de timbres, mis à nu. Une matière intérieure, calme ou bouillonnante, inconnue, presqu’indéchiffrable. A la frontière de l’être et du non être dans le sens où l’Iphigénie d’Euripide ose énoncer "Regarder la lumière est pour les mortels la chose la plus douce ; ce qui est en-dessous de la terre est néant" *.

  • Euripide Iphigénie à Aulis, 1218

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