Alla Breve
Magazine
Jeudi 4 février 2016
4 min

« Come un lasciapassare » de Daniele Ghisi (Rediffusion 4/5)

En prélude au festival Présences aux couleurs de l'Italie, la compositeur de la semaine dans Alla Breve est encore un compositeur italien : c'est Daniel Ghisi. Pour l'Orchestre National de France, il a imaginé une suite de miniatures dans lesquelles les timbres des instruments sont mixés à l'électronique : Come un Lasciapassare

En prélude au Festival Présences 2016 : Oggi l’Italia
« Come un lasciapassare » pour électronique et orchestre de Daniele Ghisi
avec l’Orchestre National de France
Direction Nicolas Simon
Rediffusion de la Création enregistrée le 8 juin 2015 à Radio France

Quatrième mouvement :
Actuellement compositeur en recherche à l'IRCAM, Daniele Ghisi est sans doute plus actif en France que dans son pays, l'Italie. Il travaille avec d'autres chercheurs à la mise au point d'interfaces de composition. Il n'empêche que l'univers des sons acoustiques l'intéresse toujours !
Ce qu'il aime tenter, c'est d'associer les sons électroacoustiques élaborés en studio et ceux qui jaillissent du jeu instrumental. En juin dernier, il s'est posé un nouveau défi ; faire dialoguer une partie électroacoustique et un orchestre symphonique. Ce dialogue n'a pu se faire qu'à partir d'une architecture relativement simple de la composition, un jeu sur la symétrie des mouvements pairs et impairs.

Que chante la voix qui surgit de temps à autre dans cette pièce ?
Ce sonnet de Shakespeare :

No! Time, thou shalt not boast that I do change:
Thy pyramids built up with newer might
To me are nothing novel, nothing strange;
They are but dressings of a former sight.
Our dates are brief, and therefore we admire
What thou dost foist upon us that is old;
And rather make them born to our desire,
Than think that we before have heard them told.
Thy registers and thee I both defy,
Not wondering at the present nor the past,
For thy records and what we see doth lie,
Made more or less by thy continual haste.
This I do vow and this shall ever be;
I will be true, despite thy scythe and thee.

Sonnet 123 de Shakespeare

Non, tu ne te vanteras pas de me faire changer, ô Temps !
Tes pyramides, reconstruites sur de nouvelles assises,
n’ont pour moi rien de surprenant, rien d’extraordinaire :
elles ne sont que les revêtements d’une matière antérieure.
Notre destinée est brève, et c’est ce qui fait que nous admirons
ces choses que tu nous donnes comme antiques ;
et nous les croirions faites tout exprès pour nous,
plutôt que de nous rappeler qu’elles étaient connues auparavant.
Je fais fi de toi et de tes registres,
et je ne m’étonne ni de ton présent ni de ton passé.
Je ne vois que mensonge dans ces monuments
que tu défais et refais dans ta hâte continuelle.
Pour moi, je fais le vœu, le vœu pour toujours,
d’être constant, en dépit de toi et de ta faux.

Traduction Victor Hugo

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