Alla Breve
Magazine
Lundi 1 février 2016
4 min

« Come un lasciapassare » de Daniele Ghisi (Rediffusion 1/5)

En prélude au festival Présences aux couleurs de l'Italie, la compositeur de la semaine dans Alla Breve est encore un compositeur italien : c'est Daniel Ghisi. Pour l'Orchestre National de France, il a imaginé une suite de miniatures dans lesquelles les timbres des instruments sont mixés à l'électronique : Come un Lasciapassare

En prélude au Festival Présences 2016 : Oggi l’Italia
« Come un lasciapassare » pour électronique et orchestre de Daniele Ghisi
avec l’Orchestre National de France
Direction Nicolas Simon
Rediffusion de la Création enregistrée le 8 juin 2015 à Radio France

Premier mouvement :
C'est l'IRCAM qui a accueilli en France Daniele Ghisi il y a huit ans. Aujourd'hui, il fait partie des compositeurs en recherche de cette grande maison, et sa musique a été diffusée lors de la 13ème édition du festival "Manifeste" à Paris. Pour nos Alla Breve, Daniele Ghisi a imaginé une suite de miniatures pour électronique et orchestre qu'il a destinée aux musiciens de l'ONF et intitulée "come un lasciapassare " : une suite en cinq mouvements construite en symétrie, avec des ressemblances troublantes entre certains mouvements. A vous de tisser les relations !

Que chante la voix qui surgit de temps à autre dans la pièce ?
Ce sonnet de Shakespeare :

No! Time, thou shalt not boast that I do change:
Thy pyramids built up with newer might
To me are nothing novel, nothing strange;
They are but dressings of a former sight.
Our dates are brief, and therefore we admire
What thou dost foist upon us that is old;
And rather make them born to our desire,
Than think that we before have heard them told.
Thy registers and thee I both defy,
Not wondering at the present nor the past,
For thy records and what we see doth lie,
Made more or less by thy continual haste.
This I do vow and this shall ever be;

I will be true, despite thy scythe and thee.
Sonnet 123 de Shakespeare

Non, tu ne te vanteras pas de me faire changer, ô Temps !
Tes pyramides, reconstruites sur de nouvelles assises,
n’ont pour moi rien de surprenant, rien d’extraordinaire :
elles ne sont que les revêtements d’une matière antérieure.
Notre destinée est brève, et c’est ce qui fait que nous admirons
ces choses que tu nous donnes comme antiques
et nous les croirions faites tout exprès pour nous,
plutôt que de nous rappeler qu’elles étaient connues auparavant.
Je fais fi de toi et de tes registres,
et je ne m’étonne ni de ton présent ni de ton passé.
Je ne vois que mensonge dans ces monuments
que tu défais et refais dans ta hâte continuelle.
Pour moi, je fais le vœu, le vœu pour toujours,
d’être constant, en dépit de toi et de ta faux.
Traduction de Victor Hugo

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