Alla Breve
Magazine
Jeudi 5 juin 2014
4 min

« Cantate profane sur deux poèmes d’Aimé Césaire » de Jean-Frédéric Neuburger (4/5)

Dans Alla Breve cette semaine, la "Cantate Profane" pour voix et ensemble instrumental de Jean-Frédéric Neuburger sur deux poèmes d'Aimé Césaire, chantée par le choeur de Radio France et jouée par un ensemble de solistes de l'Orchestre Philharmonique de Radio France

« Cantate profane sur deux poèmes d’Aimé Césaire » de Jean-Frédéric Neuburger (4/5)
Jean-Frédéric Neuburger et Aimé Césaire

« Cantate profane sur deux poèmes d’Aimé Césaire » de Jean-Frédéric Neuburger
Interprété par le Chœur et l’Orchestre Philharmonique de Radio France
Sous la direction de Pascal Rophé
Rediffusion de la création enregistrée le 23 octobre 2012

4ème mouvement :
"En Vérité", c'est le titre du 2ème poème d'Aimé Césaire mis en musique par JF Neuburger dans sa Cantate Profane. En opposition au poème "Soleil et Eau", "En Vérité" est un véritable Nocturne, traversé par des images en négatif : "le forçat, l'esclave, le paria" : c'est 'univers de la nuit, "la Nuit fécondée, la Nuit en feu, la Nuit déliée". A ce poème sombre, JF Neuburger a donné un sous-titre - "Comptine" - qui lui permettait de poursuivre dans l'esprit de la fable qui imprégnait déjà les trois premiers mouvements de sa Cantate.

Les deux poèmes d’Aimé Césaire :
Soleil et eau, extrait de « Cadastre » (Edition du Seuil, 1961)
Mon eau n’écoute pas
Mon eau chante comme un secret
Mon eau ne chante pas
Mon eau exulte comme un secret
Mon eau travaille
Et à travers tout roseau exulte
Jusqu’au lait du rire
Mon eau est un petit enfant
Mon eau est un sourd
Mon eau est un géant qui te tient sur la poitrine un lion
O vin
Vaste immense
Par le basilic de ton regard complice et somptueux

En vérité, extrait de « Ferrements » (Edition du Seuil, Points, 2008)
La pierre qui s’émiette en mottes
Le désert qui se blute en blé
Le jour qui s’épelle en oiseaux
Le forçat l’esclave le paria
La stature épanouie harmonique
La nuit fécondée la fin de la faim

Du crachat sur la face
Et cette histoire parmi laquelle je marche mieux que
Durant le jour

La nuit en feu la nuit déliée le songe forcé
Le feu qui de l’eau nous redonne
L’horizon outrageux bien sûr
Un enfant entrouvrira la porte…

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