Alla Breve
Magazine
Mercredi 4 juin 2014
4 min

« Cantate profane sur deux poèmes d’Aimé Césaire » de Jean-Frédéric Neuburger (3/5)

Dans Alla Breve cette semaine, la "Cantate Profane" pour voix et ensemble instrumental de Jean-Frédéric Neuburger sur deux poèmes d'Aimé Césaire, chantée par le choeur de Radio France et jouée par un ensemble de solistes de l'Orchestre Philharmonique de Radio France

« Cantate profane sur deux poèmes d’Aimé Césaire » de Jean-Frédéric Neuburger
Interprétée par le Chœur et l’Orchestre Philharmonique de Radio France
Sous la direction de Pascal Rophé
Rediffusion de la création enregistrée le 23 octobre 2012

3ème mouvement :
C'est pour un ensemble instrumental de quatorze musiciens que JF Neuburger a composé sa Cantate Profane ; un ensemble instrumental à la couleur délibérément crue, qui soutient, accompagne le choeur, et surtout commente l'énoncé choral - et le verbe raffiné d'Aimé Césaire.
C'est de J.S. Bach et de Anton Webern que le jeune compositeur a hérité sa façon de concevoir la relation entre le choeur et l'ensemble instrumental. Dans la 3ème séquence de la Cantate, les instruments dessinent parfois des motifs qui sont comme des personnages, et ont une relation bien définie à certains aspects du poèmes "Soleil et Eau".

Les deux poèmes d’Aimé Césaire :
Soleil et eau, extrait de « Cadastre » (Edition du Seuil, 1961)
Mon eau n’écoute pas
Mon eau chante comme un secret
Mon eau ne chante pas
Mon eau exulte comme un secret
Mon eau travaille
Et à travers tout roseau exulte
Jusqu’au lait du rire
Mon eau est un petit enfant
Mon eau est un sourd
Mon eau est un géant qui te tient sur la poitrine un lion
O vin
Vaste immense
Par le basilic de ton regard complice et somptueux

En vérité, extrait de « Ferrements » (Edition du Seuil, Points, 2008)
La pierre qui s’émiette en mottes
Le désert qui se blute en blé
Le jour qui s’épelle en oiseaux
Le forçat l’esclave le paria
La stature épanouie harmonique
La nuit fécondée la fin de la faim

Du crachat sur la face
Et cette histoire parmi laquelle je marche mieux que
Durant le jour

La nuit en feu la nuit déliée le songe forcé
Le feu qui de l’eau nous redonne
L’horizon outrageux bien sûr
Un enfant entrouvrira la porte…

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