Alla Breve
Magazine
Lundi 2 juin 2014
4 min

« Cantate profane sur deux poèmes d’Aimé Césaire » de Jean-Frédéric Neuburger (1/5)

Dans Alla Breve cette semaine, la "Cantate Profane" pour voix et ensemble instrumental de Jean-Frédéric Neuburger sur deux poèmes d'Aimé Césaire, chantée par le choeur de Radio France et jouée par un ensemble de solistes de l'Orchestre Philharmonique de Radio France.

« Cantate profane sur deux poèmes d’Aimé Césaire » de Jean-Frédéric Neuburger (1/5)
Jean-Frédéric Neuburger et Aimé Césaire

« Cantate profane sur deux poèmes d’Aimé Césaire » de Jean-Frédéric Neuburger
Interprétée par le Chœur et l’Orchestre Philharmonique de Radio France
Sous la direction de Pascal Rophé
Rediffusion de la création enregistrée le 23 octobre 2012

1er mouvement :
On connaît surtout sur France Musique le talent d'interprète du pianiste Jean-Frédéric Neuburger, ainsi que son savoir-faire d'improvisateur, mais il y a aussi le compositeur J.F. Neuburger. Il a entrepris en 2012 pour cette séquence Alla Breve l'écriture d'une Cantate sur deux poèmes d'Aimé Césaire . Le premier poème "Soleil et Eau" (choisi pour sa beauté mais aussi en référence au "Soleil des Eaux" de Pierre Boulez) va dérouler ses images - des images raffinées et crues à la fois - sur les trois premières séquences de la semaine, avec chaque fois un éclairage différent de ce poème. JF Neuburger a tout fait pour que la beauté de la langue d'Aimé Césaire frappe nos oreilles directement : à langage cru, musique crue et directe…

Les deux poèmes d’Aimé Césaire :
Soleil et eau, extrait de « Cadastre » (Edition du Seuil, 1961)
Mon eau n’écoute pas
Mon eau chante comme un secret
Mon eau ne chante pas
Mon eau exulte comme un secret
Mon eau travaille
Et à travers tout roseau exulte
Jusqu’au lait du rire
Mon eau est un petit enfant
Mon eau est un sourd
Mon eau est un géant qui te tient sur la poitrine un lion
O vin
Vaste immense
Par le basilic de ton regard complice et somptueux

En vérité, extrait de « Ferrements » (Edition du Seuil, Points, 2008)
La pierre qui s’émiette en mottes
Le désert qui se blute en blé
Le jour qui s’épelle en oiseaux
Le forçat l’esclave le paria
La stature épanouie harmonique
La nuit fécondée la fin de la faim

Du crachat sur la face
Et cette histoire parmi laquelle je marche mieux que
Durant le jour

La nuit en feu la nuit déliée le songe forcé
Le feu qui de l’eau nous redonne
L’horizon outrageux bien sûr
Un enfant entrouvrira la porte…

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