Samedi 3 décembre 2016
30 min

" Tribology " pour quatuor à cordes de Sébastian Rivas (Rediffusion intégrale et portrait)

Le compositeur de la semaine dans Alla Breve est Sébastien Rivas. Pour les musiciens du quatuor Tana, il a imaginé une suite de cinq miniatures qui reviennent à l'origine de notre relation aux instruments à cordes, d'où le titre, savant en apparence, de Tribologie.

" Tribology " pour quatuor à cordes de Sébastian Rivas (Rediffusion intégrale et portrait)
Sebastien Rivas et le Quatuor Tana
  • « Tribology » pour quatuor à cordes de Sébastian Rivas

    Interprété par le Quatuor Tana

    Avec Antoine Maisonhaute et Ivan Lebrun, violons, Maxime Désert, alto, Jeanne Maisonhaute, violoncelle

    Création enregistrée le 24 octobre 2016 à Radio France

Tribology, cinq Etudes de frictions, usures, et lubrifications

Sébastien Rivas est venu à la musique par le saxophone, le rock, le jazz, l'improvisation, puis le piano, et peu à peu il a eu envie d'organiser les sons sur le papier et à l'ordinateur. De son contact avec l'improvisation est resté le plaisir du geste instrumental et d'une forme de liberté dans l'organisation des sons. Pour le quatuor Tana, il a imaginé une suite de pièces imprégnées par l'esprit d'art brut d'un Dubuffet ou du philosophe Georgio Agambe : il aborde ici l'archéologie des instruments à cordes, comme s'il avait oublié (amnésie culturelle) l'usage commun de ces instruments, un peu comme les humanoïdes du roman de Houellebecq "La possibilité d'une Ile".

Le point de départ des cinq pièces est le contact premier de l'instrumentiste (ses doigts, son archet) avec le corps d'un morceau de bois devenu violon, alto, ou violoncelle : ce que les sciences appellent "tribologie". Les musiciens du quatuor Tana ont dû eux aussi oublier une partie de leurs savoirs faire pour jouer ces déclinaisons de la Tribologie (Etudes de Frictions, Usures et Lubrifications).

Sébastien Rivas aime les possibilités de relief offertes pas la radio. Il a imaginé pour le Prix Italia l'an passé une forme proche de l'opéra radiophonique d'après les Illuminations d'Arthur Rimbaud. C'est François Marthouret qui dit les poèmes choisis par le compositeur dans cette page intitulée La Nuit hallucinée.

Le Festival Présences a révélé la saison dernière une page d'orchestre de Sébastien Rivas : Esodo Infinito, qui intègre aussi des voix parlées enregistrées (Pasolini, Didi Huberman) et des chants arabes et siciliens. Cette page nous parle des réfugiés qui meurent en mer : une actualité bouleversante, toujours aussi brûlante un an après, et pour laquelle il a imaginé un écho sonore.

Sébastien Rivas travaille aujourd'hui sur une installation sonore qui sera créée à Buenos Aires l'année prochaine. Au coeur de ce projet, la passionnante correspondance de deux figures antagonistes de la musique du 20ème siècle : Pierre Boulez et John Cage. A suivre !

Le studio est le lieu idéal pour rendre compte des nuances les plus fines de ces explorations au coeur du son.
Prise de son : Claire Levasseur.
Montage : Laure Jung Lancrey.
Mise en ondes musicales : Elsa Biston

  • *Musiques en plus (de Sébastien Rivas) :
    *

    1 - « Uqbar » pour violoncelle augmenté et électronique en temps réel

    Violoncelle : Pierre Strauch

    2- « Stains in the carpet"

    Quintette avec contrebasse

    Interprété par le quatuor Van Cuijk et Florentin Ginot à la contrebasse

  • 3- La nuit Hallucinée » Opéra radiophonique sur des textes des Illuminations de Rimbaud

    Ensemble Multilatérale

    Direction Kanako Abe

    Récitant François Marthouret

  • 4- « Esodo infinito » la scomparsa delle luciole. Pour Orchestre et électronique

    Orchestre Philharmonique de Radio France

    Direction : Pascal Rophé

L'équipe de l'émission :