All that Jazz
Programmation musicale
Samedi 27 juin 2015
59 min

Ella Fitzgerald (3/4) : entre scène et studio (1960-1966)

Parcourons l’abondante et riche discographie de la chanteuse Ella Fitzgerald (1917-1996), qui couvre un bon demi-siècle, depuis le milieu des années 30 jusqu’à la fin des années 80. Troisième épisode, consacré aux années 60 où Ella, au mieux de sa forme, alterne entre scène et studio.

Au début des années 60, Ella Fitzgerald est au mieux de sa forme : elle conjugue un tonus vocal éblouissant, un sens de la scène et de l’improvisation uniques, et une certaine jubilation, qui transparaît à chaque moment de son chant. En témoigne le concert gravé à Berlin Ouest en février 1960, où elle offre au public allemand une interprétation fantaisiste d’une chanson berlinoise, la complainte de Mackie, tirée de l’Opéra de Quat’sous de Kurt Weill et Bertolt Brecht. Ella Fitzgerald y délaisse les paroles pour s’y livrer à un fascinant numéro d’imitations.
Elle reprend bientôt le chemin des studios hollywoodiens pour compléter sa collection de songbooks. Pour les chansons de Harold Arlen, c’est l’arrangeur Billy May qui est aux commandes.

Entre la scène et le studio, Ella Fitzgerald se trouve une nouvelle fois à Berlin Ouest en février 1961. Le « Mur » n’existe pas encore, Ella est toujours aussi éblouissante dans son art de l’improvisation en scat, aux côtés d'un trio de luxe, celui du pianiste Oscar Peterson, avec RayBrown à la contrebasse et Ed Thigpen à la batterie…

Retour au studio, à Hollywood en octobre 1962, pour un disque consacré à des standards de Broadway signés Rodgers et Hammerstein, Lerner et Loewe, Adler et Ross, et Frank Loesser. A l’opposé du concert de Berlin, pas question de scat, mais Ella livre un magnifique travail d’interprétation. Trois mois plus tard, elle signe un nouveau songbook consacré au compositeur Jerome Kern, cette fois-ci avec la complicité de l’arrangeur Nelson Riddle, révélant son art de la ballade. Les amateurs de jazz pur et dur préféreront sans doute le disque qu’elle enregistre quelques mois plus tard, en juillet 1963 avec l’orchestre de Count Basie, sur des arrangements signés par Quincy Jones : une formidable concentration de swing.

Nous voici maintenant en studio à New York en octobre 1963 pour un album entièrement consacré à des standards du blues. On y apprécie, aux côtés d’Ella, le trompettiste Roy Eldridge, soutenu par l’orgue ronronnant de Wild Bill Davis.

Le 29 juillet 1964, à Juan-les-Pins, Ella donne une nouvelle preuve de son talent d’improvisatrice : à la fin du concert qui se tient dans la pinède Gould, au bord de la plage, elle remercie le grillon dont le chant est venu se mêler au sien, et elle embarque ses musiciens dans une improvisation sur le thème du dialogue avec le grillon : on entend Ella demander au pianiste Tommy Flanagan de lui donner une formule d’introduction répétée en boucle, give me a little vamp

Les fidèles Tommy Flanagan et Gus Johnson sont encore à ses côtés en mars 1965 pour un concert particulièrement réussi à Hambourg. Ella y chante notamment le standard popularisé par Glenn Miller puis par Judy Garland en 1942 : That Old Black Magic, sur une musique de Harold Arlen et des paroles de Johnny Mercer. Si Ella Fitzgerald inscrit à son répertoire de nombreux standards de Broadway, elle ne néglige pas pour autant les thèmes écrits par les musiciens de jazz : on se souvient de son aisance dans les thèmes virtuoses du bebop, elle se montre tout aussi convaincante dans le registre du hard bop.

Le 29 juillet 1966, sur la scène du festival d’Antibes-Juan-les-Pins, Ella retrouve l’orchestre de Duke Ellington, avec qui elle avait déjà enregistré en 1957, et le trio du pianiste Jimmy Jones, dialogue avec le trompettiste Cootie Williams dans Satin Doll, puis s’amuse sur Wives and Lovers, une valse de Burt Bacharach, avant de gorger son chant de l’émotion la plus vive pour une splendide composition de Billy Strayhorn, Something To Live For...

Juillet 1966, Ella sur la scène du festival d’Antibes-Juan-les-Pins : Something To Live For suivi de So Danço Samba avec le trio de Jimmy Jones et l’orchestre de Duke Ellington :

Programmation musicale :
**♫ Kurt Weill / Bertolt Brecht / Marc Blitzstein
Mack The Knife
Ella Fitzgerald, voix
Paul Smith, piano
Jim Hall, guitare
Wilfred Middlebrooks, contrebasse
Gus Johnson**, batterie
Enr. 13 février 1960 (Berlin Ouest)
Ella Fitzgerald « The Complete Ella In Berlin : Mack The Knife »
Verve 519 564-2

**♫ Harold Arlen / Johnny Mercer
Blues In the Night
Ella Fitzgerald, voix
Billy May’s Orchestra
Billy May**, arrangement et direction
Enr. 14 janvier 1961 (Hollywood)
Ella Fitzgerald « Sings the Harold Arlen Song Book »
Verve 589 108-2

**♫ Richard Rodgers / Lorenz Hart
This Can’t Be Love
Ella Fitzgerald, voix
Oscar Peterson, piano
Herb Ellis, guitare
Ray Brown, contrebasse
Ed Thigpen**, batterie
Enr. 11 février 1961 (Berlin)
Ella Fitzgerald « Ella Returns To Berlin »
Verve 837 758-2

**♫ Frank Loesser
Somebody Somewhere
Ella Fitzgerald, voix
Marty Paich**, arrangement et direction
Enr. 3 octobre 1962 (Hollywood)
Ella Fitzgerald « Ella Sings Broadway »
Verve 549373-2

**♫ Jerome Kern / Dorothy Fields
The Way You Look Tonight
Ella Fitzgerald, voix
Nelson Riddle**, arrangement et direction
Enr. janvier 1963 (Los Angeles)
Ella Fitzgerald « The Jerome Kern Songbook »
Verve 825 669-2

**♫ Frank Foster / Ella Fitzgerald
Shiny Stockings
Ella Fitzgerald, voix
Count Basie and his orchestra
Count Basie, piano
Quincy Jones**, arrangement et direction
Enr. 15-16 juillet 1963
Ella Fitzgerald & Count Basie « Ella and Basie ! »
Verve 539 059-2

**♫ W. C. Handy
Saint Louis Blues
Ella Fitzgerald, voix
Roy Eldridge, trompette
Wild Bill Davis, orgue
Herb Ellis, guitare
Ray Brown, contrebasse
Gus Johnson**, batterie
Enr. 28-29 octobre 1963 (NYC)
Ella Fitzgerald « These Are The Blues »
Verve 829 536-2

**♫ Ella Fitzgerald
The Cricket Song
Ella Fitzgerald, voix
Roy Eldridge, trompette
Tommy Flanagan, piano
Bill Yancey, contrebasse
Gus Johnson**, batterie
Enr. 29 juillet 1964 (Antibes-Juan-les-Pins, festival)
Ella Fitzgerald « Ella At Juan-les-Pins »
Verve 589 656-2

**♫ Harold Arlen / Johnny Mercer
That Old Black Magic
Ella Fitzgerald, voix
Tommy Flanagan, piano
Keeter Betts, contrebasse
Gus Johnson**, batterie
Enr. 26 mars 1965 (Hambourg, Musikhalle)
Ella Fitzgerald « Ella in Hamburg »
Verve 06025 1736824

**♫ Benny Golson / Leonard Feather
Whisper Not
Ella Fitzgerald, voix
Marty Paich and his orchestra**
Enr. 20 juillet 1966 (Los Angeles)
Ella Fitzgerald « Whisper Not »
Verve 314 589 478 2

**♫ Duke Ellington / Billy Strayhorn
Satin Doll
Ella Fitzgerald, voix
Jimmy Jones, piano
Jim Hughart, contrebasse
Grady Tate, batterie
Due Ellington Orchestra**
Enr. 29 juillet 1966 (Antibes-Juan-les-Pins, festival)
Ella Fitzgerald & Duke Ellington « Côte d’Azur Concerts On Verve »
Verve 314 539 033-2

**♫ Burt Bacharach / Hal David
Wives and Lovers
Ella Fitzgerald, voix
Jimmy Jones, piano
Jim Hughart, contrebasse
Grady Tate, batterie
Due Ellington Orchestra**
Enr. 29 juillet 1966 (Antibes-Juan-les-Pins, festival)
Ella Fitzgerald & Duke Ellington « Côte d’Azur Concerts On Verve »
Verve 314 539 033-2

**♫ Billy Strayhorn
Something To Live For
Ella Fitzgerald, voix
Jimmy Jones, piano
Jim Hughart, contrebasse
Grady Tate, batterie
Due Ellington Orchestra**
Enr. 29 juillet 1966 (Antibes-Juan-les-Pins, festival)
Ella Fitzgerald & Duke Ellington « Côte d’Azur Concerts On Verve »
Verve 314 539 033-2

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