A l'improviste
Magazine
Jeudi 21 décembre 2017
1h

La Marmite infernale et Charles Pennequin, poète performer

Dans A l’Improviste ce soir, nous fêtons les 40 ans de l’ARFI, l’association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire. Les mots s’invitent dans cette émission spéciale, grâce au poète Charles Pennequin qui est en train de travailler avec les musiciens de la Marmite Infernale sur un « opéra » !

La Marmite infernale et Charles Pennequin, poète performer
La Marmite de l'ARFI en balance au studio 106, © Radio France / Soizic Noël

La Marmite infernale de l'ARFI, avec Charles Pennequin poète performer
Concert enregistré en public le 13 novembre 2017 à Radio France

L’opéra, voilà un nouveau défi pour la Marmite Infernale, l’orchestre de l’Association à la Recherche d’un Folklore Imaginaire.
Pourtant, des aventures, cet orchestre d’une dizaine de musiciens en a vécu : du concert traditionnel au ciné-concert et au spectacle. En prélude à ce projet ambitieux, la Marmite lyonnaise est venue improviser à la radio avec Charles Pennequin.

Sur la scène de notre studio, trois sets de batterie et percussions, une contrebasse, une basse électrique, un clavier et laptop, un violon, trois saxophones, un trombone, une trompette et une clarinette.
Je nomme là les instruments, mais ce sont les humains derrière les instruments qu’il faut évoquer car l’ARFI est un communauté, une famille.
Cette famille, elle réunit des musiciens qui ont, bien chevillé au corps, le sens du collectif, du partage, de la transmission et de l’improvisation.
Il y a avait un grand absent à ce concert de la Marmite infernale : le saxophoniste Jean Aussannaire, membre du workshop de Lyon, l’une des plus anciennes formations de l’ARFI. Jean Aussannaire a tiré sa révérence en septembre dernier. Ce concert lui est dédié, car nous avons beaucoup pensé à lui ce soir-là dans notre studio !

La Marmite en balance
La Marmite en balance, © Radio France / Soizic Noël

Charles Pennequin a l’habitude de dire ses textes en musique : il a avec le guitariste Jean-François Pauvros par exemple une longue complicité, qu’il partage aussi avec le trio de l’ARFI Bibikonspire.
Mais dire ses textes, les incarner, les faire vivre avec 13 musiciens, c’est une autre réalité ! Il faut trouver l’espace : l’espace des mots et de ce que ces mots suggèrent.
C’est à ce jeu sans filet que se sont livrés Charles Pennequin et les musiciens de la Marmite Infernale le 11 novembre dernier. Un bel exercice de démocratie et d’action collective…

CHarles Pennequin et Xavier Garcia au studio 106
CHarles Pennequin et Xavier Garcia au studio 106, © Radio France / Soizic Noël

Humain trop humain, écrivait Nietzsche dans son ouvrage dédié aux esprits libres…
Il y a justement de cela avec la Marmite Infernale et l’ARFI, et personne ne trouvera à y redire !
De l’humain trop humain il y en a aussi dans les mots jetés, incarnés, les mots devenus paroles de Charles Pennequin.

Le poète performer saisit à la volée tel ou texte : sur son pupitre et à ses pieds, des feuilles volantes et quelques recueils aussi, sur lesquels il pose son dévolu, au gré des sons qui jaillissent autour de lui. Les musiciens, de leur côté, improvisent autour du texte. Peu importe dans quel sens se font les choses, ce qui compte c’est l’écoute aiguisée dont les musiciens de cet orchestre font preuve. Improviser à 14 … c’est possible : la Marmite infernale nous le prouve !

Spéciale dédicace involontaire et spontanée du poète à la Marmite :
« Nous dans l’univers entier comme dans une marmite.
Nous petits marmitons.
Nous marmottant dans la marmite, à nous poser 1001 devinettes.
Nous à marner du ciboulot.
Nous avec le moteur à marmotter et à mitonner.
Nous moutonnant, molletonnés, et nous militants de la pensée ! »

Charles Pennequin

L'équipe de l'émission :