Jeudi 11 avril 2019
1h

Concert A l'Improviste à l'Alliance française avec Deborah Walker, Claire Bergerault et Silvia Tarozzi

Pour ses sessions live, A l’Improviste a donné carte blanche le 11 mars dernier au duo d’improvisatrices Silvia Tarozzi et Deborah Walker. Elles ont eu l’idée d’ouvrir le duo au trio en invitant Claire Bergerault, vocaliste et accordéoniste, à les rejoindre !

Concert A l'Improviste à l'Alliance française avec Deborah Walker, Claire Bergerault et Silvia Tarozzi
Silvia Tarozzi, Claire Bergerault et Deborah Walker à l'Alliance française, © Radio France / Soizic Noël

A l’Improviste Hors les murs à l’Alliance française :
Avec Deborah Walker, violoncelle, Claire Bergerault, voix, accordéon et Silvia Tarozzi, violon
Concert enregistré en public le 11 mars 2019 au Théâtre de l’Alliance française à Paris

La musique qui a jailli entre ces trois improvisatrices ce soir-là au Théâtre de l’Alliance Française nous emmène dans un ailleurs.
Elle a surpris tous ceux et celles venus l’écouter. Elle est improvisée de A à Z, mais les musiciennes ont une telle écoute de ce que fait l’autre, qu’on a l’impression d’une composition instantanée !

Ce concert était pratiquement leur première apparition en public – elles avaient juste joué la veille devant des amis. C’est donc un trio tout neuf, même si les deux Italiennes du groupe, Silvia et Deborah forment de leur côté un duo complice depuis plusieurs années, un duo qui improvise et qui joue aussi la musique qui s’écrit aujourd’hui : il a dans son répertoire des musiques d’Eliane Radigue, de Pascale Criton, de Pauline Oliveros, de Philippe Corner et de bien d’autres...

Claire Bergerault de son côté improvise, en solo, et en duo avec le contrebassiste Eric Brochard, et avec l’organiste Jean-Luc Guionnet. Elle dirige aussi le Lobe, orchestre d’improvisateurs installé dans la région de Poitiers.

Elles ont eu envie de se retrouver en trio et de partager le goût pour le son et l’infiniment petit du son. De fait, le début de leur improvisation est un dialogue des sons avec le silence. C’est pratiquement comme si les sons venaient sculpter le silence !

Silvia Tarozzi, Claire Bergerault et Deborah Walker en balance à l'Alliance française
Silvia Tarozzi, Claire Bergerault et Deborah Walker en balance à l'Alliance française, © Radio France / Soizic Noël

Sur la scène du théâtre de l’Alliance française, il y avait ce soir-là trois instruments : un violon, un violoncelle, un accordéon … et une voix qui est aussi un instrument, d’ailleurs parfois la voix de Claire Bergerault sonne comme une conque !
En réalité, les modes de jeu utilisés par chacune des musiciennes sont tellement éloignés de ce qu’on connaît de ces instruments, qu’on avait plutôt le sentiment qu’ensemble elles inventaient un instrument, un seul, et d’un genre nouveau : quelque chose comme un méta-instrument …

La musique de ce trio est enveloppée de mystère, un mystère généré par l’espace quasi dilaté de l’improvisation, et aussi par la qualité d’écoute, et le dialogue entre les sons, les événements, et les silences, les résonances.
Mystère aussi de la source sonore. On se demande qui fait quoi, et si le violon et le violoncelle sont encore un violon et un violoncelle.
Idem pour la voix et l’accordéon de Claire Bergerault qui considère son accordéon comme un objet sonore venant nourrir la voix.

Je parle d’objet sonore ; cette improvisation du 11 mars nous fait entendre sur la fin un vrai « objet trouvé », qui met à contribution les voix de Silvia Tarozzi et Deborah Walker. On les entend chanter un chant traditionnel italien de leur région l’Emilie Romania, un chant de rizière chanté par les femmes au travail. Ce répertoire, elles ont commencé à l’explorer et l’ont intégré à leurs concerts d’improvisation en duo !

La vidéo du concert :

Musique en plus :
Extrait d’un concert Live performance (inédit) à Lille,
Du duo de Silvia Tarozzi et Déborah Walker

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