Jeudi 4 avril 2019
1h

A l'Improviste au festival Sons d'Hiver, avec Danyèl Waro et ses Musiciens, puis le duo Interzone

Dernier volet aujourd’hui dans A l’Improviste du festival Sons d’Hiver qui s’est tenue en région parisienne en février dernier : un diptyque qui va nous emmener à Ivry et Villejuif avec le maloya de Danyèl Waro et la musique du duo Interzone (Serge Teyssot-Gay et Khaled Aljaramani).

A l'Improviste au festival Sons d'Hiver, avec Danyèl Waro et ses Musiciens, puis le duo Interzone
Serge Teyssot Gay et Khaled Aljaramani au festival Sons d'Hiver 2019, © EarFish

A l’Improviste au festivalSons d’Hiver:
Première partie :Danyèl Waroet ses Musiciens
Avec Danyèl Waro, chant, kayanm | Mickaël Talpot, rouler, voix | Gilles Lauret, triangle, voix | Jean-Didier Hoareau, kayanm, voix | Bino Waro, sati | Laurent Dalleau, congas, voix.
Enregistré le 21 février au Théâtre Romain Rolland de Villejuif

Seconde partie :Le duo Interzone « Kan Ya Ma Kan »
Avec Serge Teyssot-Gay, guitare électrique et Khaled Aljaramani, oud, chant
Enregistré le 19 février 2019 au Théâtre Antoine Vitez à Ivry 

bandeau sons d'Hiver 2019
bandeau sons d'Hiver 2019

Au coeur de ce diptyque bien plus que l’improvisation telle qu’elle se fait entendre dans cette émission le plus souvent, il y a une relation créative à la tradition, à la musique d’une communauté, et une relation créative à la langue. 

C’est surtout vrai évidemment de Danyèl Waro, musicien de la Réunion qui chante le maloya, cette musique très longtemps dépréciée, cette musique des « sans droits, des sans voix ». Le Maloya a d’abord été la musique des esclaves, puis celle des paysans et de celle des pauvres. Il se fait entendre lors de cérémonies rassemblant les vivants et les ancêtres. Danyèl Waro s’en est emparé, lui, blanc et fils de petit planteur, et il en a fait l’étendard des Réunionnais et des défavorisés.
Ce qui fascine depuis toujours Danyèl Waro dans le maloya c’est l’art de vivre qui s’y exprime, et la langue aussi de cette musique faite de chants et de tambours. La langue créole qu’il fait sonner, claquer, rouler, pour le bonheur du public venu l’écouter ce soir-là au Théâtre de Villejuif.

Danyèl Waro par Mélanie Merlier
Danyèl Waro par Mélanie Merlier

Pourquoi Danyèl Waro dans A l’Improviste ?
Pour ce rapport créatif aux mots que nous raconte très bien le musicien entre deux chants. Danyèl Waro évoque aussi la liberté qu’il a conquise à l’intérieur même de la culture du maloya, liberté indispensable pour lui dont la démarche est créative. Il chante son maloya à lui !
Ce n’est pas seulement un homme engagé, c’est aussi un rêveur qui tente de semer l’espoir comme on sème les graines nourricières. Avec Danyèl Waro et ses musiciens, nous étions du côté de la force, de la puissance des mots, l’un des fils rouges de cette édition 2019.

Danyèl Waro (au contre, en clair), Benat Achiary et leurs musiciens
Danyèl Waro (au contre, en clair), Benat Achiary et leurs musiciens, © Mélanie Merlier

Le festival avait d’autres fils rouges, par exemple l’idée de croisements entre le jazz, les musiques improvisées, le rock et les musiques d’ailleurs. Cette idée de croisement, le duo Interzone l’incarne parfaitement ! 

Deuxième volet de cet A l’Improviste à Sons d’Hiver : le duo Interzone
Ce duo existe depuis une quinzaine d’années. Il est né à Damas en Syrie, le pays de Khaled Aljamarani, et depuis lors il explore, un territoire, une « zone » qui n’est pas tant la recherche d’un terrain d’entente que l’idée d’agrandir un territoire : c’est ça « Interzone » .
Interzone c’est d’abord une histoire d’amitié avant que d’être la rencontre entre deux instruments aux origines et aux histoires très différentes. Cette amitié, les deux musiciens nous la racontent ce soir ! D’un côté un adepte du duo et amoureux des mots : Serge Teyssot Gay. De l’autre un musicien syrien déraciné par la force des choses : Khaled Aljamarani a quitté la Syrie en 2011 au début de la révolution syrienne.
La musique de ce duo se situe quelque part entre improvisation, oralité et écriture, trois façons de faire de la musique sans aucune ligne de démarcation entre les trois !  Tout se fait dans une très belle fluidité.
Celui des deux qui improvise le plus peut-être, c’est quand même Khaled Aljamarani, car l’improvisation appartient à la musique classique arabe (le taksim).

Serge Teyssot-Gay, Khaled Aljaramani et Anne Montaron en loge
Serge Teyssot-Gay, Khaled Aljaramani et Anne Montaron en loge, © EarFish

Serge Teyssot-Gay et Khaled Aljamarani ont derrière eux plus de 15 années de complicité, de nombreux concerts et 4 albums.
Le dernier a été enregistré l’année dernière. C’est " Kan Ya Ma Can ". Il est paru sur le label Intervalle Triton, et ce concert à Sons d’Hiver en célébrait la sortie.

CD Kan-Ya-Ma-Kan Interzone
CD Kan-Ya-Ma-Kan Interzone

A NOTER :
Le duo Interzone sera en concert au104le 03 mai 19 à 20h30

NB // A l'improviste remercie Mélanie Merlier et EarFish pour leurs photos !

L'équipe de l'émission :