A l'improviste
Magazine
Jeudi 7 mars 2019
1h

A l'Improviste au Festival Sons d'Hiver (1), avec M.Mokhtar-Gania, H.Drake, A.Rudolph & J.Saft

Dans A l’Improviste ce soir, un moment choisi du festival Sons d’Hiver qui s’est déroulé le mois dernier en Ile de France : le concert d’un quartet qui réunit le maître de musique gnawa Mokhtar Gania, et trois musiciens américains : Hamid Drake, Adam Rudolph et Jamie Saft.

A l'Improviste au Festival Sons d'Hiver (1), avec M.Mokhtar-Gania, H.Drake, A.Rudolph & J.Saft
de G à D : H Drake, A Rudolph, M Gania et J Saft@EarFich.jpg

A l’Improviste au FestivalSons d’Hiver :
Avec Maâlem Mokhtar Gania (guembri, chant) Hamid Drake (batterie, percussions) Adam Rudolph (percussions) et Jamie Saft (claviers, piano)
Concert enregistré au Théâtre d’Ivry-Antoine Vitez le 19 février 2019

bandeau Sons d'Hiver 2019
bandeau Sons d'Hiver 2019

L’édition 2018 du festival Sons d’hiver était placée sous le signe de la créolité ou de la créolisation. 

Le concert qui nous occupe ce soir justement entre dans le vif du sujet puisqu’il associe la musique de Mokhtar Gania, tout droit issue de la tradition gnawa, et une forme de jazz, ou une musique apparentée au jazz.
Mokhtar Gania aime parler de fusion quand il évoque la musique qu’il joue avec ce type de musiciens. La musique gnawa est en soi déjà la fusion de beaucoup d’influences. Pour lui, « le jazz, c’est les Gnawas avec les Gnawas », à cause du blues qui n’est pas très loin….
Dans la musique qui a jailli ce soir-là, Mokhtar Gania a d’une certaine façon mis de côté l’idée de cérémonie au sens traditionnel du terme (la lîla marocaine).
Il n’en n’oublie pas pour autant l’idée de transe. C’est à une musique de transe que ces quatre musiciens « traversés » ont convié le public ce soir-là, quatre musiciens que beaucoup de choses relient : la spiritualité, l’amour de la musique et l’amitié. 

La musique qui s’est faite entendre ce soir-là tisse plusieurs parcours (ces musiciens sont des hommes-carrefours) et plusieurs spiritualités :  la cérémonie rituelle des Gnawas, le soufisme musulman et le bouddhisme tibétain.
Mokhtar Gania joue du gembri, instrument à cordes traditionnel qu’il amplifie, et qui finalement n’a plus grand-chose à voir avec l’instrument de ses ancêtres.
Hamid Drake passe de la batterie au tambour sur cadre sur lequel ses doigts dansent.
Adam Rudolph joue des congas et autres percussions.
Jamie Saft navigue entre piano, orgue et Fender Rhodes. 

Les musiciens interviewés en loge par Anne Montaron@EarFish
Les musiciens interviewés en loge par Anne Montaron@EarFish

La rencontre de ces musiciens ne date pas d’hier. Le seul pour qui ce concert à Ivry était une première fois, c’est le pianiste, claviériste JamieSaft, qui n’avait encore jamais joué avec Mokhtar Gania.
En ce qui concerne les deux rythmiciens du groupe, Adam Rudolph et Hamid Drake, la relation à la musique africaine est ancienne.

Tout a commencé à la fin des années 1977 avec un groupe baptisé Mandigo Griot Society. Adam Rudolph nous raconte cette histoire qui a commencé par un voyage au Ghana et s’est poursuivie avec un voyage au Maroc et la rencontre de plusieurs musiciens gnawas, dont certains de la famille de Mokhtar Gania.
La pulsation est au cœur de ce concert. Une forme de danse qui pénètre les doigts et le corps des musiciens.
Hamid Drake est très à son aise dans les changements de vitesse amenés par le musicien Mokhtar Gania au fil de ses chants.
Les battements de coeur qui sous-tendent cette musique de transe sont amplifiés par le duo de rythmiciens qu’il forme avec AdamRudolph. Jamie Saft lui aussi sait danser ! 

Dans cette émission, il est autant question de musique que de philosophie et de cosmologie. Nous sommes en présence de quatre musiciens sui sont aussi des grands sages…
Ils aiment parler : profitons-en ! 

L'équipe de l'émission :