A l'improviste
Magazine
Jeudi 18 octobre 2018
1h

A l'Improviste au Festival Météo (3) avec Jon Rose

Troisième volet ce soir de notre Feuilleton Mulhousien au festival Météo avec une grande figure de la musique improvisée australienne, le violoniste Jon Rose !

A l'Improviste au Festival Météo (3) avec Jon Rose
Jon Rose au festival Météo 2018, © Sébastien Bozon

A L'Improviste A l’Improviste auFestival Météo - Jazz et aventures sonores (3)
Avec Jon Rose, violon et électroniques
Enregistré le 24 août 2018 à la Chapelle Saint-Jean de Mulhouse.

Emission présentée en direct par Anne Montaron

Nous sommes à la Chapelle Saint-Jean de Mulhouse le 24 août 2018.
Jon Rose a fait une trève dans ses sessions de workshop avec les jeunes musiciens, pour venir jouer en solitaire à la mi-journée, dans les murs de la Chapelle Saint Jean. La nef est remplie à craquer ! Tout devant, dans le choeur de l’église, les étudiants du workshop, improvisateurs en herbe, sont assis en grappe, à même le sol. Ils ne veulent pas manquer ce moment où Jon Rose entreprend de dialoguer avec ses propres archives.

Car c’est bien cette formule que l’improvisateur a choisie pour son concert en solitaire : improviser sur des sons enregistrés par ses soins au fil des années, des sons de violon exclusivement, ou plus exactement de cordes, car Jon Rose est autant luthier, inventeur que musicien. Impossible d’énumérer le nombre d’inventions dont il est l’auteur… il a d’ailleurs dû créer son propre Musée !

Les solos de Jon Rose sont toujours une aventure. Ils sont souvent l’occasion pour lui de confronter la machine et l’homme, l’informatique interactive et la virtuosité organique du violoniste. Jon Rose a tout de l’apprenti sorcier !

C’est aussi un improvisateur accompli et un artiste sonore engagé : il a par exemple réfléchi sur l’idée de frontières, bien avant que cette notion prenne de l’importance, et a exploré physiquement avec son violon (utilisé comme un gigantesque archet) l’idée de séparation, de clôture !

Jon Rose à la Chapelle Saint Jean
Jon Rose à la Chapelle Saint Jean, © Sébastien Bozon

Jon Rose n’en finit pas de créer, d’inventer… Il s’est longtemps déplacé avec ses violons et archets interactifs, avec des dispositifs complexes, plutôt longs à installer… Mais pour son deuxième concert à Météo (en début de festival il a joué en en quartet), il a pris le parti de jouer vraiment du violon, presque « simplement", mais une simplicité qui ressemble au Dialogue du musicien avec son Ombre.

Car ce qu’il a proposé ce jour-là devant un public médusé, n’est rien d’autre qu’un dialogue avec soi-même. Pendant 55 minutes, ce musicien d’un âge respectable, doté d’une énergie et d’une inventivité étonnantes, a improvisé sur ses propres sons !
On avait le sentiment d’entendre par moments un orchestre, une usine, une forêt peuplée d’oiseaux étranges… Certains ont même entendu des voix… Rien de tout ça ! Des sons de cordes, rien que des sons de cordes, traités et transformés, sur lesquels Jon Rose agissait dans le moment, en s’interrompant, en recommençant…
On avait réellement le sentiment d’une composition instantanée, qui prenait vie à nos oreilles.
La musique de Jon Rose est bruissante, parfois tonitruante, parfois subtile et délicate : il a dans ses veines le goût des ruptures, des césures.

Ce qu’il aime par-dessus tout dans le jeu collectif, c’est interrompre les autres, et quand il joue seul… bien évidemment - s’interrompre soi-même.
Avis aux amateurs de sorcellerie : Jon Rose est un sorcier de l’improvisation !

Jon Rose par Jean-Claude Sarrasin
Jon Rose par Jean-Claude Sarrasin

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NB / Un grand Merci à Sébastien Bozon et Jean-Claude Sarrasin pour leurs photos des musiciens au festival Météo !

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