Lundi 8 août 2016
6 min

« Quand on s’promène au bord de l’eau », Jean Gabin

S’il ne fallait choisir qu’un seul film pour caractériser l’esprit de 1936, ce serait probablement "La Belle équipe" de Julien Duvivier qui réunit à l'écran deux vedettes de l'époque : Jean Gabin et Charles Vanel.

Cinq chômeurs, dont un réfugié espagnol, gagnent à la loterie et décident de rénover ensemble au bord de la Marne, une guinguette, lieu emblématique de fraternité, d'espoir et de liberté où l'on mange et l'on danse, avec une charmante insouciance.

Une chanson écrite par le réalisateur lui-même et mise en musique par Maurice Yvan et Jean Sautreuil rythme l'action. Présente dès le générique, on la retrouve de façon récurrente tout au long du film.

Le décor est planté et fait directement écho à la vie du spectateur de l'époque qui jouit de ses toutes premières libertés... Une atmosphère de gaieté et de joie se dégage, tous se mettent à danser, le gendarme compris, et profitent ensemble des plaisirs des dimanches à la campagne et d'un temps précieux loin du travail et des difficultés quotidiennes...

Sans être proprement engagé, le film illustre les avancées sociales et les valeurs promues par le Front Populaire. LaBelle équipe est un film qui suscite l'enthousiasme auprès des spectateurs dès sa sortie... En résonance directe avec l'actualité de son époque, le public peut s'identifier aux personnages...

Fait rare, à la demande de son producteur, Julien Duvivier tourne deux fins : une optimiste et une plus tragique, et c'est au public de choisir le dénouement.un référendum est alors organisé et c'est la fin heureuse qui est largement plébiscitée.

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