En musique, la contrebasse dans tous ses états

Instrument souvent relégué à l’arrière-plan de la scène, la contrebasse est pourtant un élément important de l’orchestre symphonique, apportant à la fois un soutient mélodique et rythmique aux autres musiciens. Voici une playlist pour découvrir cet instrument essentiel sous toutes ses formes !

En musique, la contrebasse dans tous ses états
Playlist - La contrebasse dans tous ses états, © Getty / Luana Ciavattella / EyeEm

Beethoven - Symphonie n° 5 - IV Allegro

Ludwig van Beethoven est l’un des premiers compositeurs à dissocier les contrebasses des violoncelles et à se servir de l’instrument à part entière, un esprit dont l’influence se fera ressentir par la suite au XIXe siècle dans les œuvres d’innombrables compositeurs romantiques. Les œuvres symphoniques de Beethoven sont incontournables dans le répertoire orchestral pour contrebasse, tant par leur esprit novateur que par leur complexité. 

Une complexité telle qu’August Müller, contrebassiste principal à l’orchestre de la cour de Darmstadt, affirme dans le Neue Zeitschrift für Musik en 1849 qu’afin de pouvoir jouer la Symphonie n°9 de Beethoven, un contrebassiste doit avoir la force de Polyphème et les capacités techniques de Paganini !

Mahler - symphonie n° 1 

Si Beethoven est l’un des premiers à faire pleinement appel à la contrebasse comme instrument soliste, Mahler lui assure la consécration dès sa première symphonie. 

Ainsi, le troisième mouvement de la Symphonie n°1 « Titan », une lente marche funèbre en ré - mineur, fait apparaître la chanson enfantine Frère Jacques, d’abord annoncée dans sa version en mineur par un solo de contrebasse, chose alors inhabituelle dans une œuvre symphonique.

Schubert – Quintette en la majeur D. 667, « La Truite »

Au cours du XIXe siècle, la contrebasse devient une base musicale essentielle non seulement symphonique mais également en musique de chambre, rejoignant progressivement le répertoire de ce genre.

Un des meilleurs exemples du potentiel de l'instrument est le Quintette en la majeur D.667 de Franz Schubert, surnommé la « Truite ». Œuvre pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse, la Truite brise la tradition de la formation classique à deux violons, permettant à la contrebasse de s'afficher pleinement comme instrument de chambre.

Duo Stochl-Ginot – Improvisation d’après « L’innommable » de Samuel Beckett

Capable de nombreux effets musicaux, dont certains qui lui sont propres,  la contrebasse trouve rapidement sa place dans le répertoire de la musique du XXe siècle, et sert même comme instrument d’improvisation.

Inspirés du roman de Samuel Beckett L’Innommable, les contrebassistes Frédéric Stochl et Florentin Ginot font appel aux nombreuses techniques de la contrebasse afin de mettre en avant toute la palette de cet instrument : les qualités mélodiques, rythmiques et même de percussion (comme on peut le constater ci-dessous à partir de 19 minutes) :

Piazzolla – Vuelvo al sur

Ce n’est pas seulement dans l’orchestre symphonique que l’on peut trouver le plus grand instrument de la famille des cordes (sans compter l’octobasse, instrument rare et peu utilisé en concert). 

Un ingrédient évidemment essentiel de la musique de jazz, la contrebasse figure également de manière importante dans la musique latine, apportant un soutient rythmique mais aussi mélodique aux instruments typiques de ce genre tels que l’accordéon.

Bonus : Grieg – La Mort d’Ase

Si certaines œuvres symphoniques de la fin du XIXe et du début du XXe siècle font appel à plus d’une dizaine de contrebasses, rien ne pourra rivaliser la puissance d’un orchestre composé que des contrebassistes !

En 2011, 90 contrebassistes de l’Association Coréenne de la Contrebasse montent sur scène pour interpréter plusieurs extraits de Peer Gynt de Grieg, dont la fameuse Mort d'Ase. Alors que l’on pourrait croire que près d’une centaine de contrebasses serait incapable de retransmettre la beauté et la fragilité mélodique de cette œuvre habituellement interprétée par un orchestre symphonique, le résultat est pour le moins surprenant !