Playlist : 5 morceaux pour bien accueillir 2020

La fin de l'année approche, et il est temps de dire adieu à 2019. Voici 5 morceaux pour bien accompagner le réveillon de la Saint-Sylvestre !

Playlist : 5 morceaux pour bien accueillir 2020
PLAYLIST - 5 morceaux pour bien accueillir 2020, © Getty / Boston Globe

Johann Strauss II – Polka du Champagne, op. 211

Le champagne, breuvage de réveillon par excellence ! Faisons donc appel au maître de la valse, Johann Strauss fils et à sa Polka du Champagne. Censée évoquer le son de l’ouverture d’une bouteille de champagne, l’œuvre est composée par Johann Strauss fils en 1858 lors d’une tournée en Russie avec son orchestre. De retour en Autriche, ce dernier décide de dédier sa composition au Ministre des Finances Baron Carl Ludwig von Bruck, une façon sans doute de fidéliser le soutien de personnalités influentes autrichiennes. 

Cependant, le compositeur cache une subtile allusion amusante dans le trio du refrain en citant la chanson de taverne Mir is ’s alles ans  de Johann Fuss : « Mir is’s alles an’s, mir is’s alles an’s, Ob i a Geld hab oder kan’s! » [« Cela m’importe peu ; cela m’importe peu ; que j’aie de l’argent ou non »]. 

Une œuvre pétillante percée par des bruits de bouchon de champagne, habituellement joués par les percussionnistes avec des ventouses sur des tuyaux, mais à chacun sa façon de créer ce son festif !

Jacques Offenbach - La belle Hélène, acte III - « Dansons, aimons, buvons, chantons... »

Comment mieux terminer l’année qu’en suivant les conseils de Jacques Offenbach dans La Belle Hélène, chantés par le chœur lors de l’arrivée d’Oreste : « danser, aimer, boire et chanter » ? Fils d’Agamemnon, Oreste est un jeune homme souhaitant profiter pleinement de la vie et de ses nombreux plaisirs. Si le personnage représente la frivolité et le déclin de la vie parisienne lors au XIXe siècle, ses conseils sont les bienvenus pour un réveillon de fin d’année !

Rossini - Toast pour le nouvel an

Il est presque minuit, portons un toast pour la fin de l’année et l’arrivée du nouvel an, ce moment magique lors duquel nous nous faisons des promesses grandioses et (pour la plupart) démesurées !

Petite œuvre charmante pour ensemble vocal a cappella, Toast pour le nouvel an est extrait du deuxième volume des Péchés de vieillesse de Gioachino Rossini, composés entre 1857 et 1868. Un compositeur déjà à la retraite, ayant atteint une renommée internationale et une influence incontestable, Rossini est aussi un homme malade, contraint de s’installer à Paris. Inspiré par la vie musicale de cette ville et de ses salons, il compose pour son plaisir et celui de ses amis de nombreuses petites œuvres humoristiques, les fruits d’un homme mûr et d’un compositeur ayant atteint l’apogée de ses talents.

« En ce jour si doux, tous au rendez-vous, nouvel an, sois fêté par nous »

Stravinsky - Feu d'artifice

3, 2, 1… Bonne année ! Ça y est, le nouvel an est arrivée, et au moment de franchir le seuil de cette nouvelle année, il y a de fortes chances que le ciel soit illuminé par de nombreux feux d’artifice. Du côté de la musique, l’œuvre explosive Feu d’artifice d’Igor Stravinsky représente à merveille l’intensité soudaine et l’aspect féerique de ce spectacle visuel.

Composé en 1908 et décrit par Stravinsky comme une « courte fantaisie orchestrale », l’œuvre est initialement conçue comme cadeau de mariage pour la fille de son professeur, le compositeur Nikolaï Rimski-Korsakov. Œuvre clé dans la vie de Stravinsky, c’est à la création de Feu d’artifice le 6 février 1909 que Serge de Diaghilev découvre les talents du jeune compositeur russe. Impressionné, Diaghilev exprime à Stravinsky son envie d’une collaboration, qui mènera plus tard à la création des œuvres légendaires de Stravinsky telles que L’Oiseaux de Feu, Petrouchka et Le Sacre du printemps.

Beethoven – Symphonie n°9

Si en France la symphonie n°9 de Beethoven ne possède aucun lien précis avec le réveillon de la Saint-Sylvestre, cela est loin d’être le cas au Japon où l’œuvre de Ludwig van Beethoven est devenue indissociable du réveillon du nouvel an ; mais d’où vient cette passion nippone pour l’œuvre traditionnellement associée à l’Europe ? 

En 1914, après le début de la Première Guerre mondiale, près de 4000 soldats allemands installés dans la ville côtière est de Tsingtao sont capturés par l’armée japonaise, qui offre son appui aux Alliés contre l’Allemagne. Les soldats capturés sont envoyés au camp « Bando », un camp pour les prisonniers de guerre où ils passent le temps avec de nombreuses activités dont la formation d’un orchestre. Allemands fiers, la musique de Beethoven, et la Symphonie n°9 en particulier, figurent parmi les œuvres régulièrement interprétées par les soldats. 

Après la fin de la guerre, les anciens prisonniers maintiennent l’existence de leur formation  au Japon et continuent à interpréter la musique de Beethoven qui ne cesse de gagner en popularité parmi les publics japonais. Le 31 décembre 1940, un concert de fin d'année pour commémorer la création du Japon est marqué par l’interprétation de la fameuse symphonie, une tradition annuelle qui prend forme dès les années 1960. Aujourd’hui surnommée « Daiku » [« La grosse »], l’œuvre de Beethoven est interprétée plusieurs centaines de fois à travers le pays pendant le mois de décembre, marquant incontestablement la fin de l’année pour le public japonais.

BONUS : Johann Strauss - Radetzky-Marsch, Op. 228

Poux ceux qui figurent parmi les 50 millions de spectateurs du Concert du nouvel an de Vienne, il existe une œuvre qui représente plus qu’aucune autre l’arrivée du nouvel an. L’œuvre finale du concert légendaire, la fameuse Marche de Radetzky de Johann Strauss père est sans aucun doute LE morceau de musique pour bien commencer l’année !

Interprétée pour la première fois devant un public d’officiers autrichiens, l’histoire raconte que ce public militaire fut pris d’une envie naturelle de taper avec leurs mains et leurs pieds pour suivre le rythme entêtant de cette œuvre dansante et infatigable, une tradition maintenue à chaque concert de fin d’année à Vienne.