Les influences classiques d'Elvis Presley, le « King » du rock

Presque cinq décennies après sa mort, Elvis Presley est toujours le King du rock’n’roll. Mais derrière cette légende se cache une passion et une influence beaucoup plus subtile : la musique classique.

Les influences classiques d'Elvis Presley, le « King » du rock
Le "King" du rock aux influences classiques, © Getty / Bettmann

Un mot suffit pour évoquer une voix mondialement connue, une musique qui a marqué plusieurs générations, et un style qui annonce une révolution culturelle majeure : Elvis. Il est l’une des figures culturelles les plus marquantes du XXe siècle, le « King » du rock’n’roll.

Mais le trône musical du Roi du rock ne s'est pas construit sans l’influence de sources parfois surprenantes : « Au lycéej’écoutais des disques de Mario Lanza et du Metropolitan Opera. J'adorais cette musique » raconte Elvis Presley lors d’une interview le 31 mars 1972.

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La touche classique du « King »

En octobre 1958, Elvis Presley est stationné à Friedberg en Allemagne pour son service militaire. C’est ici qu’il fera la rencontre de sa future femme, Priscilla Beaulieu. Les jeunes amoureux ont beaucoup de choses en commun, mais ils sont particulièrement passionnés par la musique : « On écoutait du gospel, de la country, du blues, Dean Martin, Aretha Franklin, Chuck Berry, Glenn Miller mais aussi Mozart, Beethoven, Brahms... Il était bien plus qu'un chanteur de rock », confie Priscilla Presley au Parisien en octobre 2015.

Ils partagent notamment une admiration réciproque pour un chanteur en particulier, le ténor lyrique Mario Lanza. « Lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois, Mario Lanza était vraiment le lien entre nous deux […] Ensuite, il m'a fait découvrir Enrico Caruso, un autre chanteur d'opéra, et de là, il est passé à la musique classique », explique Priscilla au journal britannique The Sun.

Son service militaire terminé en 1960, Elvis Presley retourne aux Etats-Unis afin de poursuivre sa carrière musicale. Mais il souhaite s’éloigner de son ancienne image sulfureuse et provocatrice qui lui valait autant de critiques. Il est temps de se construire une image plus sérieuse et de poursuivre une carrière musicale digne du respect de ses contemporains.

Pour cela, il faut s'inspirer d'une musique sérieuse. Ainsi, au courant des années 1960, les plus grands tubes d’Elvis s’inspirent surtout des chansons napolitaines et des airs classiques d’opéra interprétés par ses chanteurs préférés : Lanza et Caruso mais aussi Frank Sinatra et Dean Martin.

En 1960, Elvis enregistre le single It’s Now or Never, une reprise anglophone de l’air célèbre qu’il aime tant, O Sole Moi d’Eduardo di Capua : « 'O Sole Mio' a toujours été l'une de mes chansons préférées, déclare Elvis à un journaliste en 1960. J'ai aimé la version de Tony Martin ‘There's No Tomorrow’, et j’écoute souvent le disque de Jan Peerce, le chanteur d'opéra. »

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Cette ballade n’est certes pas le premier succès d’Elvis mais il sera incontestablement le plus grand de sa carrière, avec un million d’exemplaires vendus en seulement huit semaines. Doté d’une mélodie chantante et d’un lyrisme presque opératique qui rappelle le « bel canto » de ses chanteurs préférés, Lanza et Caruso, It’s Now or Never marque un changement radical dans le style d’Elvis Presley.

Il enchaine ce nouveau succès avec une autre reprise rock d’un air classique, désormais du répertoire français. Ainsi, la Barcarolle des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach devient Tonight Is So Right For Love, enregistré pour le film G.I. Blues (1960).

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Cependant, un problème de droits d’auteur empêche la chanson de figurer dans le générique du film en Europe. Elle sera donc remplacée par une autre chanson, Tonight's All Right For Love, inspirée des Histoires de la forêt viennoise de Johann Strauss II.

L’année suivante, Elvis poursuit son exploration du répertoire napolitain avec son nouveau tube Surrender, inspirée de la chanson Torna A Surriento des frères italiens Ernesto et Giambattista De Curtis. L’influence du classique prend racine et revient régulièrement dans les chansons d’Elvis, que ce soit le Plaisir d’Amour de Jean-Paul-Égide Martini dans l Can't Help Falling In Love (1961), le Liebestraume no. 3 de Liszt dans Today, Tomorrow And Forever (1964) ou le Guten Abend, Gut Nacht de Brahms dans Five Sleepy Heads (1968).

La voix du King

Elvis Presley, c’est à la fois une musique, un style, une attitude et une génération. Mais c’est tout d’abord une voix, cette voix légendaire de baryton et de ténor autodidacte capable de s’étendre au-delà de deux octaves, d’un sol1 de baryton jusqu’au si3 d’un ténor. Elvis consacrera ses talents vocaux au rock’n’roll, mais il ne manquera pas pour autant d’impressionner les plus grands noms du monde de l’opéra, genre pourtant aux antipodes en termes de style et surtout de technique vocale.

En 1994, le ténor Placido Domingo révèle son admiration d’Elvis lorsqu’il confie au magazine espagnol ¡Hola!, « sa voix était la seule que j’enviais. » Cela n’empêchera pas le célèbre chanteur lyrique de reprendre l’air O Sole Mio qu’il connait pourtant si bien, mais dans la version Elvis !

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Lors d’une interview télévisée sur la BBC en 1998, à la question "qui a la meilleure voix ?", la célèbre soprano néo-zélandaise Kiri Te Kanwa répondra sans hésiter : « un jeune Elvis Presley, sans aucun doute. » Le baryton-basse gallois Bryn Terfel, quant à lui, explique en 2007 lors d’une interview avec le New York Times qu’Elvis était « très classique dans sa voix et sa diction ».

Si le King tire sa révérence trop tôt pour pouvoir apprécier cette admiration de la part des plus grandes voix de l'opéra, voir de collaborer avec certaines d'entre elles, Priscilla Presley est sûre d'une chose : « Elvis aimait les grandes voix d'opéra.Je suis sûre que, s'il avait vécu, il aurait chanté des opéras », affirme-t-elle au Parisien en 2015.