[INFOX DE LA MUSIQUE] Le fabuleux destin d'Ethel Smyth, compositrice et suffragette, une supercherie ?

Mis à jour le vendredi 28 juin 2019 à 14h44

[ Cet article a été rédigé dans le cadre d'un atelier journalistique avec des élèves du secondaire sur les infox/les fake-news pour la Semaine de la presse et des médias à l'école. Il présente volontairement des informations erronées. ]

[INFOX DE LA MUSIQUE] Le fabuleux destin d'Ethel Smyth, compositrice et suffragette, une supercherie ?
Ethel Smyth, © Getty

[Cet article a été rédigé dans le cadre d'un atelier journalistique avec des élèves du secondaire sur les infox/fake-news pour la Semaine de la presse et des médias à l'école. Il présente volontairement des informations erronées.]

Dossier "Les infox de la musique classique"

Qui était Ethel Smyth ? Compositrice à succès à une époque où la musique classique était réservée aux hommes, elle aurait été aussi une féministe avant l'heure ? Selon les historiens britanniques, l'histoire est trop belle pour être vraie car, dans la première moitié du XXe siècle, la femme était alors reléguée au deuxième plan de la société.

L'histoire de la compositrice est digne d’un roman : destinée à devenir gouvernante, Ethel Smyth échappe à l’autorité paternelle et fréquente le beau monde de la musique à Leipzig, avant de devenir une musicienne remarquée. Une fois sa réputation assise dans le monde de la musique classique où règne la gente masculine, elle transgresse une fois de plus les codes de la bonne société et s’engage à corps perdu dans le mouvement féministe naissant en Grande Bretagne. Suffragette, militante, elle est même emprisonnée, mais elle en profite alors pour diriger les musiciennes de la prison avec une brosse à dent en guise de baguette. Atteinte de surdité, elle délaisse la musique, mais n'en reste pas moins engagée pour la cause des femmes. Elle fréquente les milieux les plus progressistes de son époque, entretient même des relations d'amitié proche avec des femmes, peut-être des relations sentimentales avec certaines, comme avec la grande écrivaine Virgina Woolf.  Elle meurt âgée, et est aujourd'hui encore considérée comme une figure féminine avant-gardiste. Un tel sort aurait-il pu exister à son époque ? Ou serait-elle un personnage fantasmé, simple fruit de quelque imagination débordante ?

C’est la question que se sont posés les historiens britanniques. Ethel Smyth a pourtant signé des partitions, laissé des écrits et des photos. Dans ses mémoires, elle raconte même sa rencontre avec Johannes Brahms, Clara Schumann et Piotr Ilitch Tchaïkovski, ou relate l'admiration du chef d'orchestre Thomas Beecham, grand interprète de ses œuvres.  En revanche, Ethel Smyth n'est jamais mentionnée dans les écrits ou correspondances de Brahms, Clara Schumann ou Tchaïkovski. 

Autre détail qui a interpellé les historiens :  alors que les figures phares du mouvement féministe apparaissent régulièrement sur les clichés pris au cours des manifestations, aucune photo d'Ethel Smyth ne prouve sa participation au mouvement.  Sa seule contribution attestée, nous disent les chercheurs, est la composition de The March of the Women (La Marche des femmes), qui devient l'hymne du mouvement. Quant à son amitié prétendue avec  Virginia Woolf, l'écrivaine ne mentionne aucune affection particulière envers Ethel Smith, et aucune photo de deux femmes ensemble ne témoigne de leurs rencontres. Selon les historiens, ce sont là les preuves que le mythe d'une féministe engagée pour la cause des femmes ne serait que des fabulations d'une compositrice en quête de reconnaissance dans un milieu dominé par les hommes.