La mélodie française en 10 compositeurs peu connus

Avez-vous déjà entendu des mélodies de Reynaldo Hahn ? Albert Roussel ou Emmanuel Chabrier ? A l'occasion de la semaine de la langue française et de la francophonie du 18 au 26 mars, explorons quelques mélodies françaises peu connues.

La mélodie française en 10 compositeurs peu connus
Jeunes filles au piano, © Getty / Auguste Renoir (1892)

Quand les poèmes de Paul Verlaine, Charles Baudelaire, Victor Hugo et bien d’autres, rencontrent la musique, cela donne la mélodie française. Un genre raffiné, exigeant une excellente prononciation de la part de l’interprète.

Une mélodie est la mise en musique d’un texte, le plus souvent poétique. Le chant est accompagné par le piano ou l’orchestre, un accompagnement tout aussi important que l’interprète, car l’art de la composition d’une mélodie réside aussi bien dans la prosodie du chant que dans l’atmosphère créée par le ou les instruments.

Parmi les mélodistes les plus connus, on compte Gabriel Fauré, Claude Debussy, Maurice Ravel, Francis Poulenc et Hector Berlioz, dont Les Nuits d’été, parues en 1838, sont considérées comme le premier recueil de mélodies françaises.

Mais nombreux sont les compositeurs à avoir mis en musique des chef-d’œuvres de la poésie ou des textes de leurs contemporains. Voici le portrait de dix d’entre eux, dont l’oeuvre mélodique est parfois injustement méconnue...

Et puisqu’on parle de poésie, abandonnons la prose... et place aux vers !

Jules Massenet (1842 - 1912)

Deux cent quatre-vingt mélodies il composa ;
Mais on se souvient surtout de ses opéras :
Manon, Werther, Thaïs, Le Cid et Cendrillon ;
Sont parmi ses plus célèbres compositions.

Élégie de Jules Massenet, sur un poème de Louis Gallet.

Reynaldo Hahn (1874 - 1947)

Chef d'orchestre, compositeur et très bon chanteur ;
A l’Opéra de Paris, il est directeur.
Reynaldo a été l’élève de Massenet.
Et de Marcel Proust, un grand ami il était.

Si mes vers avaient des ailes de Reynaldo Hahn, sur un poème des Contemplations de Victor Hugo

Albert Roussel (1869 - 1937)

Initialement formé aux mathématiques ;
Il commence sa carrière dans la marine.
En rentrant il se consacre à la musique ;
Après des voyages en Asie, en Indochine.

Le jardin mouillé d'Albert Roussel, sur un poème de Henri de Régnier.

Ernest Chausson (1855 - 1899)

Fervent admirateur de l’oeuvre de Wagner ;
Chausson jouit d’une sécurité financière.
Car issu d’un milieu parisien et bourgeois ;
De ses fins de mois, il ne se préoccupe pas.

Dans la forêt du charme et de l'enchantement d'Ernest Chausson, sur un poème de Jean Moréas.

André Caplet (1878 - 1925)

Caplet apprend la musique avec le violon ;
Et sera nommé directeur de l’Odéon.
Disciple et collaborateur de Debussy ;
De l’impressionnisme s’inspirent ses mélodies.

Viens ! Une flûte invisible d'André Caplet, sur un poème des Contemplations de Victor Hugo.

Déodat de Séverac (1872 - 1921)

Dans le sud de la France Séverac a grandi ;
Avant de monter à la capitale, Paris.
Face au déclin des répertoires régionaux ;
Il critiqua les petits cercles parigots.

Le ciel est par-dessus les toits de Déodat de Séverac, sur un poème de Paul Verlaine.

Camille Saint-Saëns (1835 - 1921)

Célèbre pour son Carnaval des animaux ;
Saint-Saëns était aussi virtuose du piano.
Ses mélodies, on ne les connaît que très peu ;
Bien qu’elles témoignent de son style vertueux.

Si vous n'avez rien à me dire de Camille Saint-Saëns, sur un poème des Contemplations de Victor Hugo.

Cécile Chaminade (1857 - 1944)

Encouragée par Camille Saint-Saëns et Bizet ;
Son entrée au conservatoire est un succès.
Elle composera trois grandes et belles symphonies :
Deux cent pièces pour piano, cent cinquante mélodies.

L’été de Cécile Chaminade, sur un poème d'Edouard Guinand.

Gabriel Dupont (1878 - 1914)

C’est à Caen qu’est né Monsieur Gabriel Dupont ;
Puis à Paris qu’il apprit la composition.
Emporté à trente-six ans par la maladie ;
Il vécut confiné, dans la mélancolie.

Mandoline : Les donneurs de sérénade de Gabriel Dupont, sur un poème de Paul Verlaine.

Emmanuel Chabrier (1841 - 1894)

Ayant d’abord travaillé comme fonctionnaire ;
C’est pour la musique qu’il quitte son ministère.
N’allez pas imaginer qu’il était coincé ;
Au contraire, il aimait le comique, le léger.

Ballade des gros dindons par Emmanuel Chabrier, sur un poème d'Edmond Rostand.

Et en bonus, une playlist rassemblant quelques unes des plus belles mélodies françaises...