Itzhak Perlman : 5 (petites) choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur l’immense violoniste

Itzhak Perlman porte en lui toute la passion et l’émotion d’un violoniste qui a su surmonter les difficultés physiques et sociétales de son handicap pour devenir l’un des plus grands musiciens du XXe siècle. Voici 5 (petites) choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur l’immense violoniste.

Itzhak Perlman : 5 (petites) choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur l’immense violoniste
Itzhak Perlman : 5 (petites) choses que vous ne saviez (peut-être) pas sur l’immense violoniste, © Getty / jean pimentel

Avant la scène, le petit écran

Arrivé à New York à l’âge de 13 ans, Itzhak Perlman est inscrit à la Juilliard School of Music afin de continuer son éducation musicale. 5 ans plus tard, il fait ses débuts au prestigieux Carnegie Hall. Mais alors que le jeune violoniste entame le premier pas de sa longue et brillante carrière, la presse locale est en grève : ainsi, son concert passera inaperçu auprès du grand public !

Mais avant son passage sur l’illustre scène new-yorkaise, Perlman connait un premier succès triomphant peu après son arrivée aux Etats-Unis en 1958. Invité à participer au Ed Sullivan show, alors l’émission de télévision américaine la plus regardée, Perlman affirme ses talents de virtuose précoce devant un public de près de 60 millions de spectateurs.

Une perception qui doit aller plus loin que son handicap

Invité à jouer à la télévision, Perlman se doute bien que c’est son handicap plus que son talent avec un violon qui lui vaut cet honneur. Ils voyaient « un pauvre petit garçon handicapé » explique-t-il plus tard dans le documentaire biographique Itzhak d’Alison Chernik. Mais cette image est vite oubliée lorsque Perlman se met à jouer le célèbre Concerto pour violon de Mendelssohn. Ainsi, une étoile est née. 

Depuis ce jour, Itzhak Perlman mènera deux combats pendant toute sa carrière. Se faire (re)connaitre en tant que violoniste, mais aussi prouver qu’il n’est limité par son handicap : « jugez-moi selon que je peux faire, mais ne me jugez pas selon ce que je ne peux pas faire » répète-t-il lors de ses nombreuses interviews. 

Aujourd’hui, son plus grand combat a lieu loin de la scène de concert : mettre en lumière les innombrables problèmes d’accès dans les nombreuses salles de concert et hôtels qu’il fréquente chaque année. Des entrées adaptées pour toutes personnes handicapées plutôt que devoir passer via les locaux de livraison et les ascenseurs de poubelles de presque chaque grande salle de concert.

« La Liste de Schindler », une musique écrite pour Perlman

Déjà largement connu avant 1993, Itzhak Perlman atteint la renommée mondiale lorsqu’il accepte d’interpréter le thème du film La Liste de Schindler de Steven Spielberg. Mais si le film est un grand succès pour le réalisateur ainsi que le compositeur de sa bande originale, John Williams, et son interprète, Itzhak Perlman, ces deux derniers furent réticents à l’idée de participer au projet de Spielberg.

N’estimant pas être au niveau d’un projet aussi ambitieux émotionnellement et moralement, Williams décline l’offre de Spielberg, précisant au réalisateur qu’il mérite un meilleur compositeur. « Je sais, mais ils sont tous morts », répond Spielberg, déterminé de convaincre son ami et fidèle collaborateur.

Une fois convaincu, Williams imagine l’identité musicale d’un regard cinématographique aussi poignant. Symbol essentiel non seulement à la culture juive mais aussi à la musique dans les camps de concentration, le violon est ainsi accordé un rôle primordial dans le peu de musique entendu à l’écran. Et qui de mieux comme interprète qu’Itzhak Perlman, grand violoniste et fier partisan de la culture juive ?

Egalement réservé au premier abord, Perlman est à son tour éventuellement convaincu par le projet et la musique de Williams, qui compose les thèmes principaux du film précisément avec le style et le jeu du violon si particulier de Perlman en tête. Certes, le thème est joué aujourd’hui partout dans le monde par d’innombrables musiciens différents, mais ce n’est que sous les doigts de Perlman que la musique s’envole et nous séduit.

Un habitué de la Maison Blanche

Il est possible qu’Itzhak Perlman connaisse mieux la Maison Blanche que la plupart des chefs d’états qui y ont présidé ! Dès le début des années 1970, sous l’autorité du président Richard Nixon, Itzhak Perlman est invité à jouer à la Maison Blanche lors de la visite du président du Brésil, une invitation que le violoniste décrira comme curieuse mais néanmoins impressionnante.

Perlman franchira de nouveau le seuil prestigieux de la Maison Blanche lors des présidences de Jimmy Carter, Ronald Reagan, George H. W. Bush, Bill Clinton, et George W. Bush. En 2015, c’est Président Obama qui remet au grand violoniste la Médaille présidentielle de la Liberté.

Le président Barack Obama remet à Itzhak Perlman la Médaille présidentielle de la Liberté en 2015
Le président Barack Obama remet à Itzhak Perlman la Médaille présidentielle de la Liberté en 2015, © Getty / Kris Connor

Mais la liste s’arrête là. Sans invitation de la part de la Maison Blanche depuis 2016, le violoniste ne verse pourtant aucune larme, affirmant qu’une invitation du président actuel « serait perdue par la poste » lors d’une interview en 2018 !

Perlman le sportif

Malgré son handicap physique, Perlman affirme une passion pour le sport tout au long de sa vie. Il raconte avoir souvent joué au foot dans la rue en tant qu’enfant. Evidemment moins rapide et agile que ses amis, il était en revanche un gardien de but formidable, avec l’aide de ses béquilles. Plus tard, il découvre également la natation, le ping-pong et même le tennis, lorsqu’il trouve un adversaire patient.

Mais il existe un sport capable de faire Itzhak Perlman poser son violon afin de rester pleinement dans l’action : le baseball, qu’il découvre lorsqu’il est étudiant à la Juilliard School of Music à la fin des années 1950. Préférant plutôt participer au sport en tant que supporteur, il se retrouve néanmoins sur le terrain assez régulièrement en tant qu’interprète invité pour jouer l’hymne national américain. Un honneur, certes, mais à ne pas répéter trop souvent, car son équipe semble perdre à chaque fois qu’il est invité à jouer !