En musique, le violon dans tous ses états

Seul, en musique de chambre et en orchestre, on connait tous le violon ! Du XVIe au XXIe siècle, il joue un rôle essentiel dans l'histoire de la musique, instrument de prédilection pour de nombreux compositeurs. Une playlist France Musique pour découvrir cet instrument virtuose dans tous ses états.

En musique, le violon dans tous ses états
En musique, le violon dans tous ses états, © Getty / EmirMemedovski

Bach – Partita No.2 « Chaconne »

La musique pour violon de Johann Sebastian Bach est l’un des piliers fondamentaux du répertoire. Parmi les nombreuses sonates et partitas, l’immense Partita no.2, dite Chaconne, ne passe pas inaperçue. Composée entre 1718 et 1720, la « Chaconne » de Bach est encore aujourd’hui une œuvre inégalée autant dans le développement horizontale de sa matière mélodique que dans la complexité verticale de l’harmonisation de Bach.

Si la Chaconne a fait couler beaucoup d’encre au cours des siècles, c’est Johannes Brahms qui résume au mieux la puissance de l’œuvre dans une lettre à Clara Schumann écrite en 1877 : « Sur une seule portée, pour un petit instrument, [Bach]écrit tout un monde pétri des pensées les plus profondes et des sentiments les plus puissants. » 

Haydn – Quatuor n.4 opus 20 « Lever de soleil »

L’histoire du violon serait incomplète sans Joseph Haydn, père fondateur du quatuor à cordes tel que nous le connaissons aujourd’hui, dans lequel le violon devient un membre essentiel.

Surnommé le « lever de soleil » à cause de son thème ascendant au dessus d’une suite d’accords en ouverture de l’oeuvre, le Quatuor no.4 op.20 figure parmi les plus novateurs et denses du corpus musical de Haydn. Fruit de la période dite Sturm und Drang, le quatuor est un véritable jeu musical de clair-obscur et d’expérimentations musicales surprenantes, s’éloignant notamment de la forme de sonate jusqu’alors traditionnelle. 

Bruch – Concerto pour violon no.1

Malgré sa taille, le violon est capable d’exprimer une férocité émotionnelle tout aussi impressionnante que ses cousins de la famille des cordes, et nombreux sont les compositeurs qui se tournent vers le violon. Au XIXe siècle, les concertos pour violon abondent et les compositeurs font appel à cet instrument pour transmettre à travers leur musique l’amour, la passion, la joie et la tristesse mais aussi la colère et la rage.

S’il existe bon nombre d’œuvres importantes pour violon, le Concerto no.1 pour violon de Max Bruch est sans doute l’une des plus grandes œuvres musicales pour violon du XIXe siècle. Mélange savant de lyrisme et de virtuosité, Bruch est rapidement énervé par l’immense succès de son célèbre concerto, qui éclipse ses autres compositions ; Bruch menace même d’en interdire son exécution ! 

Monti – Csárdás

Instrument clé de la musique classique occidentale depuis le XVIe siècle, le violon fait également partie de l’histoire de la musique tzigane des peuples roms de l’Europe de l’Est. Inspirée de la csárdás, une danse traditionnelle hongroise du XVIIIe siècle, la Csárdás de Monti, composée en 1904, est un exemple parfait des capacités du violon à leur apogée. 

Pleine de virtuosité, sans pour autant manquer de passion et de lyrisme, l’œuvre incarne à merveille le caractère bouillonnant et passionné de cette culture à travers de nombreux contrastes et de changements soudains de style, de tempo et de volume : une ouverture languissante en ré mineur nous mène doucement et naïvement vers une deuxième partie explosive et envolée en ré majeur. Un dernier retour au ré mineur du départ menace de calmer l’atmosphère avant de nous replonger une dernière fois dans la fureur de la virtuosité tzigane. 

Philip Glass – Double concerto

Arrivé au XXe siècle, le violon ne cesse de fasciner les compositeurs par ses nombreuses capacités musicales. En 2010, Philip Glass s’inscrit de nouveau dans cette longue tradition en faisant de nouveau appel au violon pour son Double Concerto pour violon et violoncelle. Si le piano est bel et bien son instrument de prédilection, le compositeur possède néanmoins une connaissance profonde du violon, ayant suivi des cours de violon avec Dorothy Pixley-Rothschild en 1960 ; il compose pour elle son premier Concerto pour violon, œuvre qu’il reniera par la suite, comme toutes ses compositions écrites avant 1966. 

S’il rejette son premier concerto pour violon, il composera néanmoins par la suite pour le violon sept quatuors à cordes, deux concertos et ce double concerto pour violon et violoncelle. Œuvre concertante dans un style traditionnellement minimaliste, Glass s’attaque au genre du double concerto en le mélangeant avec la forme de la sonate. Loin des règles traditionnelles du genre, il ajoute un duo intime avant chacun des trois mouvements, et termine son œuvre non par une fin triomphale telle qu’est la tradition habituelle, mais par un dernier duo sombre.

BONUS Didier Lockwood – jazz improvisation

Si le violon est capable de chanter et d’enchanter, il peut aussi swinguer ! Présent dès les premières formations de jazz et surtout depuis les années 1930 suite à la naissance du jazz manouche, le violon figure aujourd’hui parmi les voix principales du jazz, capable de magnifiques improvisations aux côtés de la trompette, du saxophone et du piano.

Et pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, voici le violon présenté par Sarah Nemtanu, premier violon de l'Orchestre National de France :