Nietzsche, Chaplin, Eastwood... Compositeurs à leurs heures perdues

On les connait pour leurs talents à l’écran, ou leur maîtrise de la plume, mais on ignore souvent leur passion pour la musique et même la composition. De Friedrich Nietzsche à Clint Eastwood en passant par Charlie Chaplin, voici les compositeurs cachés derrière les plus grands noms de la culture.

Nietzsche, Chaplin, Eastwood... Compositeurs à leurs heures perdues
Compositeurs à leurs heures perdues, © AFP / WOLF TRACER ARCHIVE

Salué de son vivant comme célèbre professeur de chimie, Alexandre Borodine ne rêve pourtant que d’une chose : composer. Il demande à ses amis même de ne plus lui dire « j’espère que tu vas bien » mais plutôt « j’espère que tu vas mal » afin de pouvoir s’enfermer chez lui et d’écrire la musique qu’il entend dans sa tête. Mais Borodine n’est pas le seul à composer à ses heures perdues. Comédiens, écrivains, voici quelques exemples des nombreux artistes et intellectuels qui cachent des talents musicaux.

Ainsi composait Nietzsche

Philosophe et philologue allemand, Friedrich Nietzsche rejoint le Panthéon des intellectuels pour ses œuvres telles que Le Crépuscule des Idoles, le Gai Savoir et Ainsi parlait Zarathoustra. Mais le célèbre écrivain cache également un talent musical qu’il exerce depuis ses neufs ans. Formé au piano, il compose régulièrement de petites œuvres dont des fantaisies et des mazurkas. 

En 1872, il compose Manfred-Meditation pour piano à quatre mains, qu’il soumet au chef d’orchestre Hans von Bülow. Ce dernier ne mâche pas ses mots lorsqu’il donne son avis peu flatteur : « Votre Méditation, du point de vue musical, n’a d’autre valeur que celle d’un crime dans l’ordre moral. ».

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Peu découragé, Nietzsche offre plusieurs de ses œuvres à Cosima et Richard Wagner, toujours grand admirateur de ce dernier. Malgré l’estime et le respect entre Nietzsche et les Wagner, on dit que Richard fut incapable d’écouter les œuvres en entier, pris d’un fou rire à leur écoute. 

Avant de se laisser si facilement influencer par les avis de Bülow et de Wagner, la musique de Nietzsche est aujourd’hui disponible à l’écoute, au grand bonheur de ceux qui cherchent une agréable surprise…

Charlie Chaplin, Le dictateur, le compositeur

Sa moustache et sa canne sont immédiatement identifiables à travers le monde, mais qui saurait reconnaître Charlie Chaplin par sa musique ? Pourtant, à partir de 1931, ce dernier est à l’origine de chacune des bandes originales de ses films, et compose même la musique pour ses anciens films muets.

S’il se méfie de l’arrivée du son dans le cinéma, il précise dans son autobiographie « l’un des avantages quant à l’arrivée du son était que je pouvais contrôler la musique, donc je l’ai composée moi-même. »

Musicien autodidacte dès son adolescence, il apprend le violoncelle et le violon de la main gauche (instrument clé dans l’œuvre cinématographique de Chaplin). Capable de jouer d’un instrument, Chaplin est pourtant incapable de lire une partition de musique ni moins d’écrire une œuvre de musique. Il dépend donc de l’aide de son arrangeur, à qui il dicte avec précision les thèmes et les sons qu’il imagine.

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De son vivant, Chaplin croisera plusieurs titans de la musique tels que Debussy, Rachmaninov, Casals, Caruso, Stravinsky et Schoenberg. Ce dernier fait part à Chaplin de son admiration de l’humour de ses films, mais ajoute néanmoins que la musique est de très mauvaise qualité !

Anthony Burgess, Orange Musique

De la plume d’Anthony Burgess est né l’un des romans les plus marquants du XXe siècle, L’Orange mécanique, l’histoire d’un délinquant violent avec une passion pour la musique classique et notamment l’œuvre de Ludwig van Beethoven. Mais si Anthony Burgess ne partage pas les traits violents de son personnage fictif, il en partage néanmoins la passion musicale.

Musicien autodidacte, il compose de nombreuses œuvres classiques, dont des symphonies, des concertos et des cantates mais aussi de la musique de chambre et des œuvres pour solistes. Tellement passionné de la musique fut-il qu’il écrit en 1991 dans le journal The Economist : 

« J’aimerais que les gens me considèrent comme un musicien qui écrit des livres, plutôt qu’un écrivain qui écrit de la musique à ses heures perdues. » Hélas, le succès de l’œuvre littéraire d’Anthony Burgess dépasse largement la renommée de son œuvre musicale, et son nom est aujourd’hui associé pour toujours à la littérature, malgré son rêve.

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Clint Eastwood, le bon, la brute et le compositeur

On connait tous les bandes originales d’Ennio Morricone qui accompagnent à l’écran le célèbre « homme sans nom » de Clint Eastwood. Mais on connait moins la musique composée par ce dernier pour ses propres films, dont Mystic River, Million Dollar Baby, Flags of Our Fathers, Grace Is Gone, Changeling, Hereafter, J. Edgar, et In the Line of Fire.

Tout comme Chaplin, Eastwood compose avec l’aide d’un arrangeur afin de mettre sur la page chacune de ses bandes originales, composées sur mesure pour ses films, à l'instar de la musique du film Mystic River, à base d'accords de trois notes à l’image des trois personnages principaux incarnés par Tim Robbins, Sean Penn et Kevin Bacon :

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Anthony Hopkins, la musique des agneaux

Attention, il ne faut pas confondre les compositeurs Antony Hopkins et Anthony Hopkins ! Le premier est un compositeur britannique du XXe siècle. Le deuxième est en réalité l’un des plus grands comédiens du XXe siècle, malgré lui : 

« Je voulais être un compositeur, mais je suis devenu comédien par défaut. On m’a offert une bourse pourm’inscrire à un collège de musique et de théâtre, en espérant pouvoir choisir la musique. Mais finalement je me suis retrouvé étudiant de théâtre, et donc j’ai suivi ce chemin pendant 50 ans » avoue-t-il à la radio américaine NPR en 2012. 

Cela ne l’empêche pas d’assouvir son envie de composer tout au long de sa carrière. Il écrit même les bandes originales de ses propres projets cinématographiques, notamment les films August (1996) et Slipstream (2007). Pour ce dernier, Hopkins sera non seulement le compositeur de la bande originale mais également l’orchestrateur et même le chef d’orchestre.

En 2011, Hopkins entend jouer pour la première fois sa valse And the Waltz Goes On, composée en 1964, par André Rieu et son orchestre. Un an plus tard, une compilation de ses compositions est publiée, intitulée Composer. Après presque 7 décennies, on dit au revoir à Anthony Hopkins le comédien et bienvenue au compositeur éponyme !

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