"Camille Saint-Saëns - Jacques Rouché, Correspondance" par Marie-Gabrielle Soret - Prix France Musique des Muses

Sélectionné pour le Prix France Musique des Muses, "Camille Saint-Saëns - Jacques Rouché, Correspondance 1913-1921" par Marie-Gabrielle Soret, publié chez Actes Sud. Présentation et rencontre avec l’auteur.

"Camille Saint-Saëns - Jacques Rouché, Correspondance" par Marie-Gabrielle Soret - Prix France Musique des Muses
Couverture de "Camille saint-Saëns - Jacques Rouché, Correspondance 1913 - 1921", © Actes Sud

Quelques mots sur Marie-Gabrielle Soret

Marie-Gabrielle Soret est conservateur au Département de la musique de la Bibliothèque nationale de France, responsable de la coordination du traitement des fonds d’archives et collections des XIXe et XXe siècles, au Service des collections patrimoniales (archives de compositeurs, interprètes, institutions et sociétés musicales). Chercheur au CNRS, membre de l’IReMus, elle collabore au programme de recherche consacré à Camille Saint-Saëns : édition de l’oeuvre complète en préparation (Bärenreiter), édition de plusieurs corpus de correspondance.

Camille Saint-Saëns - Jacques Rouché, Correspondance

Les relations de Camille Saint-Saëns avec les directeurs successifs de l’Opéra et de l’Opéra-Comique ont été bien souvent difficiles, voire conflictuelles. En Jacques Rouché, nommé directeur de l’Opéra de Paris en 1913, il trouve au contraire un interlocuteur privilégié. Ainsi, cette édition, présentée, annotée et complétée, sera pour le lecteur l’occasion à la fois de prendre connaissance des échanges professionnels de Saint-Saëns avec Jacques Rouché mais également de suivre les activités et la carrière de l’infatigable compositeur au cours des dernières années de son existence.

Trois questions à Marie-Gabrielle Soret

  • Quelle place occupe ce recueil dans votre carrière ?

Près de vingt années de recherche sur Camille Saint-Saëns et son époque ont abouti à la publication de l’anthologie des écrits du compositeur parus dans la presse entre 1872 et 1921 (Vrin, 2012). Il s’agissait de la publication d’une thèse de doctorat en musicologie, résultat d’une longue enquête à travers les archives du musicien. Ce nouveau livre, édition d’un corpus de correspondance, vient s’inscrire dans le prolongement de ces recherches et dans le contexte d’un regain d’intérêt pour Camille Saint-Saëns. Le compositeur et son oeuvre sont encore bien mal connus, mais la saison 2016-2017 est particulièrement favorable à sa redécouverte puisqu’elle propose un festival Saint-Saëns (Palazetto Bru Zane), la résurrection de deux opéras oubliés depuis des décennies et jamais enregistrés (Proserpine et Le Timbre d’argent), des nouveautés discographiques, un colloque (Opéra-Comique, 12-14 juin 2017) et le lancement de l’édition complète de la musique instrumentale (Bärenreiter, 36 volumes) dont le premier volume vient de paraître.

  • Que pensez-vous apporter aux lecteurs à travers votre ouvrage ?

Les articles parus dans la presse sous la plume de Saint-Saëns ont révélé sa face publique : l’acteur de la vie musicale, le défenseur d’une certaine esthétique et le polémiste redouté de ses contemporains. La publication progressive de sa volumineuse correspondance privée permettra de dévoiler des aspects moins connus, l’homme sensible et l’ami fidèle, couvert de gloire mais malmené par l’existence, voyageur impénitent bien que de santé fragile, interprète adulé et compositeur prolifique. À travers sa correspondance ce sont des pans entiers de la biographie de Saint-Saëns qui sont ainsi révélés. À travers ces échanges entre le compositeur arrivé au terme de sa très longue carrière et qui plaide sans relâche la cause de ses ouvrages lyriques dont il souhaite assurer la postérité, et le directeur de l’Opéra dans les difficiles premières années de son mandat à la tête de la grande maison, on voit s’instaurer un dialogue de qualité et un rapport de confiance et de compréhension mutuelle.

  • Quels sont vos projets futurs ?

La publication d’autres corpus de correspondance est d’ores et déjà en chantier, à commencer par les plus de 4 500 lettres échangées entre Saint-Saëns et ses éditeurs et amis, Auguste et Jacques Durand. Là encore, ces lettres permettent de réajuster la biographie de leur auteur et de suivre pas à pas sa carrière d’interprète et l’élaboration de son oeuvre musicale. Ces lettres seront aussi une aide précieuse pour les musicologues qui travaillent actuellement à l’édition complète de l’oeuvre instrumentale de Saint-Saëns, à laquelle je collabore également. Les projets futurs vont aussi s’orienter vers la préparation du Centenaire de sa mort en 2021, qui devrait être commémoré par plusieurs manifestations.

Propos recueillis par Aurore Pelliet dans le cadre d'un projet de tutorat.