L'Ave Maria, un tube indémodable ?

Un mariage, un enterrement, Noël ou un album de cross-over, autant d’occasions d’entonner un Ave Maria qui fait toujours son petit effet. Mais lequel choisir ? Entre Gounod, Schubert, Verdi ou encore Arielle Dombasle, une sélection de quelques versions et leur histoire.

L'Ave Maria, un tube indémodable ?
Certains Ave Maria sont devenus des hits dont le succès ne s'est pas démenti, © AFP / Godong / Robert Harding Premium / robertharding via AFP

L’Ave Maria est une prière latine reprenant l’annonce de l’archange Gabriel et les paroles qu'adresse Elisabeth à Marie telles qu’elles apparaissent dans l’Évangile de Luc. Certaines des compositions du XIXe siècle qui ont été faites sur ce texte sont devenues des hits dont le succès populaire ne s’est pas démenti. 

La version la plus célèbre (Gounod-Bach)

C’est peut-être la plus connue or tout a commencé par une improvisation au piano. Charles Gounod, se souvenant du premier prélude du premier livre du Clavier bien tempéré de Bach, compose une mélodie séduisante au-dessus des célèbres arpèges. Il utilise par ailleurs une version corrigée de Bach, courante à l’époque, dans laquelle on trouve une mesure ajoutée par Christian Schwencke qui prétendait atténuer un changement d’harmonie trop brutal.

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C’est ensuite Pierre Zimmermann, pianiste, compositeur et surtout futur beau-père de Gounod, qui en 1853 reprend la mélodie et l’arrange pour violon, piano et harmonium, sans chanteur donc. Peu après, la musique est à nouveau publiée mais cette fois avec des paroles extraites du Livre de la Vie de Lamartine. C’est seulement en 1859 que Jacque-Léopold Heugel en publie la version que nous connaissons avec le texte latin. Depuis, c’est le succès et toutes les transcriptions possibles en ont été faites, comme cette interprétation au violoncelle par Yo-Yo Ma.

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Ellens dritter Gesang (Schubert)

C’est en effet le nom original de l’Ave Maria de Schubert : « Ellens dritter Gesang ». Loin de la prière classique en latin, le compositeur autrichien écrit sa musique sur un extrait du poème de Walter Scott La Dame du Lac, traduit en allemand par Adam Storck. Il en tire un cycle de sept lieder publié en 1826 pour soprane et baryton accompagnés au piano dont l’Ave Maria est l’avant dernier.

Dans le poème, la dame du lac se nomme Ellen Douglas et elle fuit avec son père pour ne pas prendre part à une rébellion politique. Réfugiée dans une grotte, elle demande de l’aide à la Vierge. En lisant le texte, on est plus du côté du désespoir opératique (Rossini écrira sa Donna del Lago en s'inspirant du même poème) que de la prière sereine.

Ave Maria ! Immaculée !                                                                
Quand nous nous affaissons sur ce rocher                                                                
Jusqu'à dormir, et que ta protection nous couvre,                                                                
Ce rocher dur nous apparaîtra doux.                                                                
Tu souris, des parfums de rose flottent                                                                
Dans cette étouffante crevasse rocheuse,                                                                
Ô mère, écoute les supplications d'un enfant,                                                                
Ô vierge, une jeune femme appelle !                                                                
Ave Maria !

La douceur mélancolique de la musique, son refrain « Ave Maria », il n’en fallait pas plus pour qu’on ait l’idée de mettre les paroles latines de la prière à la vierge et qu’on en fasse des arrangements pour orchestre plus ou moins sobres. Ici un arrangement avec chœur, orchestre symphonique et ténor où l’on peut voir Pavarotti jeter des coups d’œil inquiets à sa partition.

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Et pour entendre la version allemande, il y a la Tribune des Critiques de disque qui en a comparé différents enregistrements.

La version facile à retenir (Caccini-Vavilov)

Si vous souhaitez vous éloignez un peu des sentiers battus tout en restant dans du classique, vous pouvez choisir la version de Caccini, interprétée ici par Elīna Garanča. Ce qu’il y a de pratique, c’est que le texte est plus simple à retenir : il suffit de répéter « Ave Maria ».

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Sauf que, en réalité, cet Ave Maria n’est pas de Giulio Romolo Caccini, compositeur baroque qui participa aux débuts de l’opéra, mais de Vladimir Vavilov un musicien russe qui n’hésitait pas à pasticher certaines partitions anciennes, sans trop de rigueur stylistique.

Il aurait écrit son Ave Maria aux alentours de 1970 en le publiant avec la mention « anonyme » et ce serait l’organiste Mark Shakhin qui l’aurait attribué à Caccini après la mort de Vavilov. En 1987, la chanteuse soviétique Irina Arkhipova enregistre la composition dont le succès dès lors ne s’est pas démenti.

Les plus opératiques (Verdi et Mascagni)

Dans les anthologies d'Ave Maria, on trouve fréquemment deux morceaux qui ne sont pas de la musique sacrée mais des pages d’opéras plus ou moins arrangées.

Le premier est un extrait d’Otello de Verdi, sur un livret d’Arrigo Boito d’après Shakespeare, représenté pour la première fois en 1887. C’est la prière de Desdemona qui succède directement la romance du saule. Après avoir raconté la triste histoire de Barbara, écho de ses propres misères, Desdemona s'adresse la vierge en attendant l’arrivée d’Otello, ce qui ne présage rien de bon pour elle. En effet, la prière, que chante ici Sonya Yoncheva, n’est qu’une pause dans l'opéra en attendant que le maure de Venise assassine son épouse.

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Décidément, nombreux sont les Ave Maria célèbres dont la musique n’a pas été composée pour le texte de la prière catholique. À croire qu'il suffit d'ajouter Ave Maria à une composition populaire pour obtenir un tube planétaire. C’est le cas de la version de Mascagni. En effet, il s'agit d'une reprise du célèbre Intermezzo de Cavalierra Rusticana, opéra composé en 1890 et qui est considéré comme l’un des exemples du courant vériste italien. Histoire d’amour et de jalousie dans la Sicile populaire, l’opéra fut dès sa création à Rome un énorme succès, le compositeur étant rappelé plus de 40 fois.

Profitant de cet engouement, un certain Mazzoni écrit une prière à la vierge commençant par "Ave Maria". La voix, ici celle d'Angela Gheorghiu, suit la ligne mélodique, très lyrique, de l’Intermezzo.

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La plus improbable (Arielle Dombasle)

Pour finir, un Ave Maria plus inattendu par Arielle Dombasle reprenant de manière très personnelle la version de Gounod, accompagnée par les chanteurs du groupe ERA.  Preuve que ça marche toujours aussi bien.

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