10 décès les plus macabres des compositeurs classiques

Balles perdues, électrocutions accidentelles ou blessures non-soignées, l'histoire de la musique classique est pleine de décès macabres, parfois mystérieux, souvent tristes. Voici notre palmarès des dix des plus étranges qui vont vous donner la chair de poule...

10 décès les plus macabres des compositeurs classiques
10 des morts de compositeurs les plus étranges, les plus mystérieuses, et les plus tragiques., © Getty / FPG

Charles-Valentin Alkan – Tué par un porte-parapluie?

Le compositeur et pianiste français Charles-Valentin Alkan est l'un des grands pianistes virtuoses du XIXe siècle, aux côtés de Chopin et Liszt. Un artiste excentrique et hypersensible doté d'une grande imagination. Il se retire dès ses 20 ans de toute activité publique, autant musicale que sociale, ce qui étonne ceux qui l'entourent. Une légende erronée indique que le compositeur est mort écrasé par une étagère alors qu'il essayait d'attraper son exemplaire du Talmud. Mais une lettre écrite par un étudiant du virtuose explique pourtant que le compositeur est bel et bien mort écrasé, mais pas par une étagère, par un porte-parapluie particulièrement lourd. Sa concierge a fini par entendre les cris de douleur du compositeur, mais il était déjà trop tard. Charles-Valentin Alkan est mort le soir-même.

Une de seulement deux photos en existence de Charles-Valentin Alkan
Une de seulement deux photos en existence de Charles-Valentin Alkan

Alexander Borodin – La fête jusqu'au bout !

Les compositeurs sont souvent réputés pour leurs styles de vie démesurés et sans retenue : le compositeur Alexander Borodin ne fait pas exception à cette règle. La mort l'a rattrapé avec une crise cardiaque alors qu'il dansait lors d'un bal à l'Académie Médicale-Chirurgicale de Saint-Pétersbourg en 1887 (malgré le fait qu'il était entouré de médecins et de chirurgiens...). Chimiste et physicien de profession, compositeur dans ses heures perdues, Borodin avait pourtant survécu au choléra.

Alexandre Borodine
Alexandre Borodine

Maurice Ravel et César Franck – Plus qu'une simple bosse sur la tête ?

En 1937, Maurice Ravel a subi un choc violent à la tête après un accident de taxi. Sur le moment, sa blessure n'est pas considérée comme grave, mais de nombreux experts médicaux ont depuis confirmé que ce choc a certainement exacerbé une condition cérébrale et neuro-dégénérative pre-éxistante. 

Curieusement, un autre compositeur français, César Franck, a subi le même sort : un traumatisme crânien après une collision entre son fiacre et un omnibus. Bien qu'il ne fut pas fatal, cet accident aurait contribué à une série de problèmes de santé qui ont fini par affaiblir le compositeur.

Maurice Ravel
Maurice Ravel, © Getty / Bettmann

Henry Purcell – Mort de tuberculose, de sa femme névrotique ou… de chocolat ?

Le grand compositeur Henry Purcell quitte ce monde en 1695 à seulement 36 ans. De nombreuses légendes entourent le décès du compositeur, toutes plus intéressantes les unes que les autres ! Il est fort probable qu'Henry Purcell soit mort de tuberculose, mais une autre théorie nous explique qu'il aurait attrapé la mort après avoir été enfermé dehors par sa femme qui voulait le punir d'être sorti s'enivrer à la taverne. La troisième théorie, la moins probable, précise que Purcell, grand amateur et consommateur de chocolat, serait mort d'une overdose cacaotée.

Henry Purcell
Henry Purcell, © Getty / UniversalImagesGroup

Guillaume Lekeu – Une mort douce et froide

Tué par un sorbet ! Il est peu probable que le compositeur belge Guillaume Lekeu se soit douté que la mort l'attendait au fond du bol de ce dessert censé être un moment de plaisir. Mort à 24 ans le 21 janvier 1894 d'une fièvre typhoïde après avoir mangé un sorbet contaminé, la mort de Lekeu est incontestablement la plus étrange de cette liste.

Guillaume Lekeu
Guillaume Lekeu, © Getty

Louis Vierne – Un concert un peu trop palpitant

Le compositeur Louis Vierne quitta ce monde en 1937 comme il l'avait souhaité : installé à son orgue. Lors d'un concert à Notre-Dame de Paris, son 1750e concerts selon certains, le compositeur (déjà dans un état faible) s'apprête à se lancer dans une improvisation lorsqu'il est victime d'un arrêt cardiaque. Il s'écroule sur l'orgue et fait sonner un mi grave avec son pied, sa dernière note résonnant dans toute la cathédrale.

Louis Vierne
Louis Vierne, © Getty / Keystone-France

Alessandro Stradella – En amour comme à la guerre, tous les coups sont permis

Grand séducteur de femmes, le compositeur italien Alessandro Stradella semble avoir récolté ce qu'il a semé quand il est poignardé à mort à Gênes par un assassin anonyme, prétendument payé par Giovanni Girolamo Lomellini, gouverneur de Rome et trésorier général du Pape, pour une affaire d'amour et de jalousie. Le compositeur avait déjà survécu à une première tentative d'assassinat à Venise en 1677, après s'être enfui avec la maîtresse de son mécène.

Alessandro Stradella
Alessandro Stradella

Serguei Prokofiev – Dans l'ombre de Staline pour l'éternité

Parmi de nombreuses victimes de Josef Staline, Serguei Prokofiev a souvent été accusé de son vivant de mettre sa musique au service du régime totalitaire stalinien. Ses critiques ignorent, cependant, que la première femme et les enfants du compositeur ont été séquestrés en Sibérie par l'état soviétique afin de garantir sa loyauté. Hélas, la main mise sur le compositeur ne s'est pas arrêtée avec la mort du tortionnaire :  non seulement le compositeur meurt le même jour que le « Petit Père des peuples », le 5 mars 1953, mais il meurt de la même manière : les deux sont victimes d'une hémorragie cérébrale. 

Éclipsé par le dictateur russe, le corps de Prokofiev ne peut pas être bougé pendant près de trois jours, tellement les rues de Moscou sont remplies de citoyens. De plus, la mort du compositeur n'est annoncée au peuple russe que six jours après, alors que cette nouvelle avait déjà fait le tour du monde.

Sergei Prokofiev
Sergei Prokofiev, © Getty / George Rinhart

Claude Vivier – Une sombre prophétie

Élève de Gilles Tremblay et de Karlheinz Stockhausen, le Montréalais Claude Vivier est nommé Compositeur de l'Année en 1981 par le Canadian Music Council. Il reçoit une bourse lui permettant de s'installer à Paris afin de composer et de se perfectionner. Deux ans plus tard, il meurt brutalement, poignardé par un prostitué qu'il a rencontré le soir même. Étrangement prophétique, la dernière œuvre du compositeur raconte une rencontre amoureuse entre deux hommes, dont l'un finit par poignarder le deuxième.

Claude Viver
Claude Viver

Enrique Granados - Abandonnez le navire, mais pas la femme !

La mort du pianiste et compositeur Enrique Granados n'est qu'une preuve de plus de l'inutilité et de l'absurdité de la guerre. Après avoir accepté l'invitation de jouer pour le président américain Woodrow Wilson à New York en 1916, Enrique Granados, sur le retour, rate son bateau initialement prévu pour l'Espagne. Il décide donc de se diriger vers l'Angleterre, d'où il prend ensuite un bateau pour la France. Suite à un malheureux concours de circonstances, son bateau est torpillé par la marine allemande alors qu'il traverse la Manche et coule à moitié. Le compositeur quitte son canot de sauvetage afin d'aider sa femme dans l'eau, mais hélas se noie avec elle. Le plus triste dans cette histoire ? La cabine du compositeur n'a pas été impactée par la torpille, et cette moitié du bateau est sauvée et remorquée.

Enrique Granados
Enrique Granados, © Getty / Popperfoto