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Les quatre Ouvertures de J.S Bach par le Concerto Italiano

Le Concerto Italiano interprète Les quatre Ouvertures de J.S Bach sous la direction de Rinaldo Alessandrini. Enregistré le 26 octobre au Grand Théâtre de Tours dans le cadre du Festival Concerts d'Automne

Grand théâtre, Tours
Concert Les quatre Ouvertures de J.S Bach par le Concerto Italiano  – Écouter en replay
Rinaldo Alessandrini , © Getty

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Depuis plusieurs décennies, en tant que claveciniste, directeur et fondateur de l'ensemble Concerto Italiano créé en 1984, Rinaldo Alessandrini explore le répertoire italien baroque : Monteverdi Frescobaldi, Vivaldi, Bononcini, Scarlatti, ... entre autres, mais aussi le gigantesque catalogue de Bach.  

Monteverdi, Bach et Vivaldi, trois figures tutélaires dont il est l’ambassadeur dans le monde, par le renouvellement, l’approche, l’appropriation et l’interprétation des répertoires anciens, dont il éclaire des traits esthétiques et rhétoriques inédits. 

Initiateur de projets musicaux d’envergure comme d’une discographie assidûment nourrie et récompensée depuis trois décennies, familier des scènes et festivals de renommée internationale, Concerto Italiano est aujourd’hui à la tête de nombreuses versions de référence plébiscitées tant par le public que par la critique.

Après plusieurs concerts effectués, Rinaldo Alessandrini offre au public une nouvelle version des Quatre Ouvertures de J.S Bach par l'enregistrement du cd sorti le 8 novembre 2019. Des exécutions somptueuses qui interrogent la manière de jouer ces musiques dans un esprit de fidélité à ce qu'il a pu en être à l'origine. 

La présente interprétation les aborde dans la chronologie supposée et vraisemblable de leur composition, la numérotation habituelle ayant été établie a posteriori. La Suite n° 3, BWV 1068, ''a 10 stromenti'' offre une Ouverture somptueuse enrichie de trois trompettes et des timbales. « Air » est une page d'une beauté troublante dans son aspect méditatif et son tempo grave dont les phrases s'enroulent sur elles-mêmes. Les deux Gavottes ne sauraient faire meilleure diversion par la vivacité des thèmes. Bourrée et Gigue parachèvent de leurs traits engageants une œuvre proprement irrésistible. La Suite n° 1, BWV 1066, pour deux hautbois, basson, deux violons, alto et clavecin est dotée de sept parties. L'Ouverture distingue ritournelles et passages en trio des bois, typique du morceau à la française. Le hautbois entraîne les plaisantes Gavottes, puis la Forlane, joliment scandée dans un tourbillon de notes contrastant cordes et bois. Les deux Menuets diffèrent en ce que le premier mêle bois et cordes, alors que celles-ci sont seules présentes au second. C'est le contraire dans les deux Bourrées. Les Passepieds sont contrastés aussi, le premier rapide, énergique, syncopé, le second plus calme, plus continu dans son cheminement.

La Suite n°4, BWV 1069, aligne au long de ses cinq parties, une Ouverture mêlant solennité et vivacité, puis des Bourrées d'atmosphère joyeuse dans le dialogue cordes-vents, une Gavotte légèrement retenue pour un joli effet, qu'agrémente la disposition face à face retenue ici. Les Menuets sont autre chose que gracieux : d'une élégance toute française. La « Réjouissance » finale est aérienne et enlevée. La Suite n°2, BWV 1067, la dernière composée, en 1738/1739, bien que non conçue pour la flûte à l'origine, lui confie un rôle intéressant. Dans l'Ouverture, celle-ci suit le violon pour créer un timbre particulier. Elle s'émancipe au fil des mouvements ultérieurs, comme les Rondeaux, où perce une des plus piquantes inspirations de Bach, puis la Sarabande, et surtout la Polonaise où elle joue une octave plus haut que le violon. Elle gagne son autonomie dans la Badinerie finale et son tourbillon qui adoptent un ton presque humoristique.