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Wagner : M. W. nach Tristan (transcription de Franck Krawczyk)

Durée : 16 minutes

Sous la direction de Martina Batic, le Choeur de Radio France interprète M.W. nach Tristan de Wagner, dans la transcription de Franck Krawczyk. Extrait du concert donné le 19 septembre 2021 à l'auditorium de la maison de la radio et de la musique.

Pianiste de formation, élève de Claude Helffer, Philippe Manoury et Gilbert Amy, Franck Krawczyk a transcrit un grand nombre d’œuvres du répertoire et composé des musiques en lien avec d’autres disciplines artistiques, notamment les installations de Christian Boltansky. Avec M. W. nach Tristan (titre qui signifie de manière transparente : « Mathide Wesendonck vers Tristan »), il a effectué une sorte de voyage intérieur aux sources de la composition de l’opéra Tristan et Isolde de Wagner.

Juin 1853 : Wagner offre à Mathilde Wesendonck, épouse d’un riche industriel qui lui a offert l’asile, la partition d’une sonate pour piano avec en exergue une phrase énigmatique : « Wisst ihr wie das wird ? » (« Savez-vous ce qu’il adviendra de nous ? »). Cette année-là, Wagner et Mathilde ne sont pas encore très intimes. (C’est curieusement en 1853, également, que Wagner vit pour la première fois Cosima, âgée de seize ans, qui allait plus tard devenir sa seconde épouse.)

Les cinq lieder écrits par Wagner quatre ans plus tard sur des poèmes écrits par Mathilde Wesendonck, en revanche, constituent des études pour Tristan, sinon des esquisses de ce grand ouvrage. Wagner est alors l’époux de Minna (les initiales de madame Wagner sont elles aussi M. W. !), et il est facile de voir dans la liaison qu’il noue avec Mathilde le décalque de l’amour interdit qui lie Tristan à Isolde, promise au roi Marke. Ces lieder forment cinq fragments d’un discours amoureux, dont l’ordre fut fixé par Wagner après coup : l’ange inaugure le cycle, les rêves le referment ; au centre, la serre est le lieu de la chaleur suffocante ; et de part et d’autre de ce pivot central, le renoncement au désir et la douleur veillent dans l’ombre.

Œuvre hybride et, d’une certaine manière, expérimentale, M. W. nach Tristan reprend deux des Wesendonck Lieder, Im Treibhaus et Träume, séparés (ou unis, comme on voudra), par un thème resté clandestin. Comme l’explique Angèle Leroy, « Franck Krawczyk leur adjoint le Porazzi-Thema, esquissé en 1858 comme thème pour Tristan mais finalement mis de côté jusqu’en 1882, date à laquelle Wagner le compléta et l’offrit à Cosima ». Pour ce thème, Franck Krawczyk reprend un extrait des paroles du duo du deuxième acte de l’opéra Tristan et Isolde.

Quant au Prologue, indiqué « rythme d’une prosodie » et « avec un effet de lointain », il reprend une partie du dialogue entre Kurwenal et le Berger, à l’acte III de l’opéra quand Tristan, blessé, attend l’arrivée à l’horizon de la nef lui ramenant Isolde.

Concert de rentrée du Choeur de Radio France en direct vidéo
L'intégrale du concert
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Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique
Compositeur·rice
Richard Wagner
Richard Wagner