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Germaine Tailleferre : Trio pour violon, violoncelle et piano

Durée : 14 minutes

Hélène Collerette, Nadine Pierre et Catherine Cournot interprètent le Trio pour violon, violoncelle et piano composé par Germaine Tailleferre.

Pour Darius Milhaud, Germaine Tailleferre « est une délicieuse musicienne, qui travaille lentement et sûrement. Sa musique a l’immense mérite d’être sans prétention, cela à cause d’une sincérité des plus attachantes. C’est vraiment de la musique de jeune fille, au sens le plus exquis de ce mot, d’une fraîcheur telle qu’on peut dire que c’est de la musique qui sent bon ». Erik Satie échangea avec elle une correspondance dans laquelle il l’appelle « ma gracieuse amie », « ma complice », « ma sœur en musique » ou encore « ma fille musicale ». Reprenant un mot de ce dernier, Jean Cocteau la qualifia de « Marie Laurencin pour l’oreille », faisant ainsi un parallèle au féminin entre peinture et musique. Germaine Tailleferre dressera en ces termes son autoportrait : « Je n’ai pas grand respect pour la tradition. Je fais de la musique parce que ça m’amuse, ce n’est pas de la grande musique, je le sais. C’est de la musique gaie, légère, qui fait que, quelquefois, on me compare aux petits maîtres du XVIIIe  siècle, ce dont je suis très fière. »

Née Germaine Marcelle Taillefesse en 1892 à Saint-Maur-des-Fossés, la jeune femme de vingt ans côtoya Milhaud, Auric et Honegger au Conservatoire de Paris. Après l’obtention de ses prix de solfège, d’harmonie, de composition et d’accompagnement, elle s’imposa dans le milieu musical parisien avec Jeux en plein air pour deux pianos, qui attira l’attention de Satie, et plus tard celle de Ravel avec qui elle travaillera l’orchestration, et qui en 1928 louera lors d’une conférence aux États-Unis « la géniale musique de Germaine Tailleferre ». En 1916-1917, elle composa un Trio pour violon, violoncelle et piano en trois mouvements qui, du fait de la Grande Guerre, restera pendant des décennies dans un tiroir. Ce n’est qu’en 1978, lorsque le ministère de la Culture lui commanda une nouvelle œuvre, qu’elle décida de reprendre le Trio, en lui ôtant son mouvement central, et en le remplaçant par deux mouvements peu ou prou dans le même style.

Après l’article d’Henri Collet consacrant en 1920 l’expression « groupe des Six  », elle écrira au journaliste  : «  Comment vous remercier, cher Monsieur, de tout ce que vous faites pour nous ? Je suis vraiment confuse et émue de tant de sympathie et de soutien de mes premiers essais. Quel bel encouragement pour nous tous ! J’ai été très heureuse en lisant votre article de la façon dont vous avez insisté sur l’amitié qui nous liait tous. Aussi je tiens à vous parler de la grande générosité de notre ami Darius Milhaud, qui aujourd’hui sacrifie toute son après-midi (et ce n’est pas la première fois) à initier les moins expérimentés, c’est-à-dire Poulenc et moi, à l’art de l’orchestration. Je crois qu’une telle largeur d’idées est rare entre confrères ! »

En 1922, Jacques Thibaud et Alfred Cortot joueront la création de sa Première Sonate pour violon et piano, puis Ricardo Viñes sa Ballade pour piano et orchestre, Yvonne Astruc et Pierre Monteux son Concerto pour violon et orchestre, Jean-Pierre Rampal et Robert Veyron-Lacroix son Concertino pour flûte, piano et orchestre… Germaine Tailleferre ne cessera d’écrire pour le piano, la musique de chambre, l’orchestre, les chœurs, ainsi que des musiques de scène, plusieurs musiques de film (en particulier pour Marco de Gastyne) et cinq opéras. Dans sa biographie de la compositrice, George Hacquard écrivait en 1999 : « Œuvre de femme, de femme modeste et discrète : faut-il voir là une cause de la curieuse disparition de Tailleferre de nos programmes ? Précisons : des programmes français. Car les étrangers semblent redécouvrir pour cette musique, jugée très française, l’émerveillement dont ont témoigné ses contemporains. »

Structure

  1. Allegro animato
  2. Allegro vivace
  3. Moderato
  4. Très animé
L'Orchestre Philharmonique de Radio France
L'intégrale du concert
Concert Tailleferre, Durey, Auric et Concerto pour piano de Poulenc
Maison de la Radio, Paris
Compositeur