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Ravel : le Tombeau de Couperin

Durée : 18 minutes

L'Orchestre national de France joue sous la direction de Cristian Măcelaru le Tombeau de Couperin, composé entre 1914 et 1917 par Maurice Ravel.

Ravel fait partie de ces compositeurs dont on dit qu’ils sont doués du sens de l’orchestration. Leur science du timbre est telle qu’ils peuvent, d’un modeste recueil de pièces pour piano, faire un éblouissant kaléidoscope. C’est dire aussi qu’ils ne pensent pas directement leur musique pour les couleurs de l’orchestre (contrairement à ce que fait un Berlioz, par exemple) : les instruments sont une parure qui vient magnifier une pensée musicale déjà tout entière dans la version première de leurs œuvres. C’est ainsi que Ravel écrivit d’abord pour le clavier Ma mère l’Oye ou les Valses nobles et sentimentales. C’est ainsi également qu’il signa en 1922 l’orchestration des Tableaux d’une exposition de Moussorgski.

« Au commencement de 1915, je m’engageai dans l’armée et vis de ce fait mon activité musicale interrompue jusqu’à l’automne de 1917, où je fus réformé. Je terminai alors Le Tombeau de Couperin. L’hommage s’adresse moins en réalité au seul Couperin lui-même qu’à la musique française du XVIIIe  siècle », raconte Ravel.

Œuvre de la nostalgie ou du désespoir le plus pudique qui soit devant une civilisation qui fuit (à la manière des ultimes Sonates de Debussy), Le Tombeau de Couperin fut d’abord conçu comme une suite pour piano formée de six pièces (Prélude, Fugue, Forlane, Rigaudon, Menuet, Toccata), créée par Marguerite Long. Au moment d’en entreprendre l’orchestration, Ravel sacrifia deux pages, la Fugue et la Toccata. Comme l’écrit Marcel Marnat, « on estime généralement que leur caractère trop pianistique les éliminait d’emblée, mais l’argument ne tient guère si l’on songe à des orchestrations tout aussi improbables que Ravel sut mener à bien et, par exemple (...) celle de sa lointaine Alborada del gracioso ». Ravel choisit également de modifier l’ordre des quatre autres morceaux afin, sans doute, d’aboutir à une fin plus allante.

Tel quel, Le Tombeau de Couperin est une œuvre tout à la fois modeste, aristocratique, rustique et malicieuse. Modeste par ses proportions et par l’impression de légèreté qu’elle produit. Aristocratique en ce sens qu’elle rend hommage (c’est bien sûr le sens du mot tombeau) au XVIIIe  siècle tout entier et aux danses qui présidaient à la composition des suites instrumentales de cette époque. Rustique également, si l’on considère la bonne santé du Rigaudon final, qui contraste avec les premières pages, aux couleurs plus mélancoliques. Malicieuse enfin, par son orchestration légère et fruitée (le hautbois du Prélude et du Rigaudon), par la majesté faussement boiteuse du rythme pointé de la Forlane, sans doute la pièce la plus étrange du recueil, et par la désinvolture qu’elle affiche tout entière.

Structure

  1. Prélude. Vif 

  2. Forlane. Allegretto

  3. Menuet. Allegro moderato  

  4. Rigaudon. Assez vif

Le violoncelliste Jean Guihen Queyras
L'intégrale du concert
Ravel et Tchaïkovski par Jean-Guihen Queyras et l'Orchestre national de France
Maison de la Radio,Paris
Compositeur·rice
Maurice Ravel
Maurice Ravel