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Dvorak : Symphonie n°7

Durée : 39 minutes

Placé sous la direction de Cristian Măcelaru, l'Orchestre national de France joue la 7e symphonie de Dvorak.

Structure

  1. Allegro maestoso

  2. Poco adagio

  3. Scherzo : Vivace - Poco meno mosso

  4. Finale : Allegro

Comme Schubert, Dvořák eut le privilège de voir une de ses symphonies qualifiée de « grande », par opposition à une autre symphonie composée dans la même tonalité mais de dimensions plus modestes. C’est ainsi que la Septième de Dvořák est parfois appelée « la Grande », par opposition à la plus discrète Quatrième, également en ré mineur. Elle ne fut pas réellement commandée au compositeur par la Royal Philharmonic Society de Londres, mais Dvořák, qui venait d’être nommé membre d’honneur de cette illustre confrérie, lui avait promis une symphonie, et il tint promesse. 

Londres est une ville qui fut toujours accueillante aux musiciens, de Haendel à Mendelssohn et Berlioz. Elle réserva à Dvořák, dès son premier séjour en 1884, un accueil enthousiaste, qui permit au compositeur tchèque de différer le choix qu’on lui conseillait de faire : tourner le dos à la Bohême, ne pas avoir les yeux rivés sur Prague, tout entreprendre au contraire pour séduire Vienne. Brahms par exemple, avec les meilleures intentions du monde, voulait que son ami prenne la mesure de ce qu’il considérait comme le provincialisme tchèque et s’en extraie, alors que Dvořák y voyait la raison même de sa vie et de sa création. On peut dire que l’invitation qui lui fut faite, en 1892, de diriger le conservatoire de New York (invitation qu’il accepta), lui permit également de ne pas choisir entre Prague et Vienne. C’est d’ailleurs le conservatoire de Prague qu’il dirigea à partir de 1901, et c’est à Prague qu’il mourut.

Après le succès remporté par la Sixième Symphonie, jouée le 22 mars 1884 au Crystal Palace sous sa direction, Dvořák se promet de revenir à Londres avec deux partitions nouvelles : l’oratorio La Chemise de noces et une nouvelle symphonie, qui sera sa Septième. On a pu noter l’influence de Brahms sur la nouvelle partition de l’ami Dvořák, mais il s’agit cette fois d’une influence strictement musicale. C’est que Dvořák, au moment de commencer sa nouvelle partition, venait de découvrir la Troisième Symphonie de Brahms lors de sa création, à Vienne, le 2 décembre 1883. Comme l’écrit Guy Erismann, « Dvořák ne veut à aucun prix risquer de décevoir celui qui demeure pour lui la référence et dont il a fait son mentor, tout en désirant se convaincre lui-même de sa capacité à se dépasser. Il connaît trop bien sa regrettable propension à la prolixité et ce trop-plein d’imagination qu’il lui faut juguler, et c’est entre autres sur ce point que vont porter tous ses efforts. Cette nouvelle exigence va ainsi l’amener à l’issue de la première exécution à supprimer quarante mesures dans le second mouvement avant de déclarer alors : “Je suis persuadé qu’à présent il n’y a pas une note de trop”.»

Le premier mouvement commence par une phrase sombre des cordes graves, qui se révélera la matrice du premier grand thème, véhément, épique, soulevé par un puissant élan rythmique. On peut entendre dans le second thème, plus tranquille mais sans abandon, un hommage à Brahms. Le mouvement tout entier est construit sur le contraste entre l’impétuosité presque rageuse et un désir de consolation évaporé dans des couleurs agrestes. Il s’achève toutefois dans la paix.

Le deuxième mouvement est tout d’effusion. Il fait dialoguer délicieusement les vents et les cors avant de s’enfler, de s’animer, puis de s’achever dans la douceur. On notera cet « étonnant passage wagnérien aux violons, bref, mais fortement imprégné des langueurs tristaniennes » qui trouble André Lischké. Le célèbre scherzo fait se superposer une valse et un sautillement. Comme souvent chez Dvořák, il suffit de quelques secondes pour passer de la grâce à l’affirmation péremptoire. Un épisode pastoral apporte un moment de détente à cette page plus violente, plus angoissée qu’elle n’en a l’air. 

Si le troisième mouvement est franchement tchèque, le quatrième est allusivement tzigane. Surtout, il ne choisit pas entre la rhapsodie (le tout début) et la clarté de la forme (la suite), ce qui donne à sa véhémence une dimension déclamatoire que n’avait pas le premier mouvement, d’un élan plus serré. 

Créée à Londres en 1885, l’œuvre sera révélée au public de Vienne par Hans Richter en 1887 et aux Berlinois par Bülow en 1889.

La violoniste Julia Fischer crée, avec l'Orchestre national de France, le Concerto pour violon de Pascal Zavaro
L'intégrale du concert
Julia Fischer et l'Orchestre national de France jouent Pascal Zavaro et Dvorak
Maison de la Radio,Paris
Compositeur·rice
Antonín Dvořák
Antonín Dvořák