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Beethoven : Symphonie n°5 en ut mineur op 67

39 min
Beethoven : Symphonie n°5 en ut mineur op 67

L'Orchestre National d'Ile de France interprète la célèbre Symphonie n°5 de Beethoven sous la direction d'Enrique Mazzola. Enregistré le 16 octobre 2018 à la Grande Salle Pierre Boulez de la Philharmonie à Paris.

Pom pom pom pooom. Pom pom pom pooom. La 5ème symphonie  de Beethoven figure parmi les oeuvres les plus célèbres au monde. Se plonger dans son histoire, c’est comprendre pourquoi et comment Beethoven  l’a composée et de quelle manière elle a été utilisée au fil des années pour devenir aussi connue.  

Les débuts de cette oeuvre n’étaient pourtant pas des plus favorables. Nous sommes à Vienne, le 22 décembre 1808, au Theater an der Wien. Ludwig van Beethoven  n’entend quasiment plus et va devoir assurer à la direction et au piano un programme très chargé pour une seule soirée. Sa 6ème symphonie, l’air Ah ! Perfido, le Gloria de sa messe en ut majeur, son 4ème concerto pour piano  qu’il interprète, une petite pause puis, en seconde partie, la 5ème symphonie, le Sanctus et le Benedictus toujours de la messe en ut majeur, une improvisation au piano par Beethoven  et, enfin, sa Fantaisie chorale.  

Avec ce programme, la représentation dure plus de quatre heures et tourne au fiasco. La froideur de la salle, non chauffée en cette soirée d’hiver, joue beaucoup dans la difficulté pour le public d’apprécier les nouvelles oeuvres présentées par le compositeur, pianiste et maestro. L’orchestre n’y met pas du sien et, après une unique répétition, livre une performance désastreuse de la 5ème symphonie face à son compositeur, sourd et agacé.  

Dans une lettre écrite en 1809, il raconte cette soirée ratée : « Les musiciens surtout étaient indignés quand par inadvertance une petite erreur dans le passage le plus simple du monde fut commise. J'imposai soudain le silence et criai à tue-tête : Reprenez ! »

« Dans la Cinquième Symphonie, le souffle du romantisme gronde à l’intérieur d’une pensée et d’un vocabulaire classiques. Il faut aller chercher son romantisme dans les nervosités du classicisme. Cette œuvre porte le témoignage de tout l’art de la transformation, de la variation et du développement entrepris par Beethoven à partir des moyens du style viennois de son temps qu’il transcende. C’est le trajet même de la partition, des ténèbres à la lumière, d’Ut mineur à Ut majeur. Pour moi, cette œuvre retrace le parcours du créateur de génie qui a conscience de porter ailleurs et plus loin la composition musicale de son temps ». Enrique mazzola, mai 2018.      

Enrique Mazzola
L'intégrale du concert
3e concerto pour piano et 5e symphonie de Beethoven par l'ONDIF avec Cédric Tiberghien
Grande salle Pierre Boulez - Philharmonie. Paris