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Saint-Saëns : Symphonie n°2 en la mineur op. 55

Durée : 24 minutes

Cristian Măcelaru dirige l'Orchestre national de France dans la 2 Symphonie de Camille Saint-Saëns.

Enfant prodige à l’instar de Mozart et de Mendelssohn, Camille Saint-Saëns a vécu longtemps : né en 1835 à Paris, il étudie la composition avec Gounod, suscite l’admiration de Berlioz et de Liszt (qui voit en lui « le premier organiste du monde » et dirigera la première de Samson et Dalila en 1877 à Weimar), devient le professeur de Messager et Fauré, et s’éteint en 1921, trois ans après Debussy, huit ans après la création du Sacre du printemps, et alors que Ravel a déjà composé bon nombre de ses chefs-d’œuvre.

Saint-Saëns incarne une tradition qu’on a longtemps assimilée, par facilité, à l’académisme. Il suffit pourtant de se pencher sur son œuvre, très abondante, et de la jouer comme elle est écrite, pour se rendre compte qu’il y a dans ses treize opéras, ses nombreux concertos, sa musique de chambre et sa très abondante production pour piano, un bonheur de composer qui ne se réduit pas à la simple virtuosité.

Saint-Saëns est aussi l’auteur de cinq symphonies que la postérité n’a pas reconnues de manière égale et qui ne se sont jamais inscrites à l’ordinaire des programmes des concerts. La célèbre Troisième « avec orgue », qui fut en réalité achevée la dernière, connut dès sa création un succès public qui ne s’est jamais démenti par la suite et a jeté dans l’ombre les quatre autres. La numérotation ne nous aide pas : la Deuxième (qui nous occupe ici) s’inscrit à la suite d’une symphonie en fa majeur sans numéro, dite « Urbs Roma » (1857), de l’officielle Première (1853) et d’une symphonie de prime jeunesse datant de 1850.

Cette Deuxième Symphonie est l’œuvre d’un Saint-Saëns de vingt-quatre ans qui choisit de s’inspirer de Haydn (mais sans la causticité qui sera celle de Prokofiev dans la Symphonie classique), du jeune Beethoven et des premières symphonies de Schubert. En 1859, Berlioz vient de composer l’essentiel des Troyens, mais Saint-Saëns préfère choisir une forme éprouvée et un effectif réduit (l’orchestre de la Deuxième Symphonie comprend seulement deux cors et deux trompettes, et un pupitre de percussions réduit aux timbales). Il est suffisamment satisfait du résultat cependant pour chercher à faire entendre sa symphonie : il trouvera en Jules Pasdeloup un accueil bienveillant, et l’œuvre sera créée l’année suivante, salle Pleyel, par la Société des jeunes artistes. Plus tard, Saint-Saëns portera un regard sévère sur le chef d’orchestre : « Pasdeloup aimait sincèrement la musique mais c’était un fort médiocre musicien. » Et il attendra 1878, un an après la création de Samson et Dalila, pour publier sa symphonie – qui, œuvre de jeunesse, porte le numéro d’opus 55.

La Deuxième Symphonie de Saint-Saëns comporte les quatre mouvements traditionnels, mais s’ouvre sur une fugue à trois voix et non pas sur un classique Allegro de forme sonate. Le cor anglais donne sa couleur à l’Adagio qui suit, avant que le scherzo reprenne le thème du mouvement lent. Quant au finale, il s’agit d’une tarentelle particulièrement vive, au sein de laquelle se love un bref Andantino qui sonne comme un rappel des mouvements précédents.

Mouvements 

  1. Adagio marcato - Allegro passionato

  2. Adagio

  3. Scherzo : Presto

  4. Prestissimo

Cristian Măcelaru dirige l'Orchestre national de France dans un programme Debussy, Saint-Saëns et Rachmaninov
L'intégrale du concert
Cristian Măcelaru dirige Debussy, Saint-Saëns et Rachmaninov
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