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Mozart : Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor, basson et orchestre en mi bémol majeur K 297b

Durée : 34 minutes

Hélène Devilleneuve (hautbois), Jérôme Voisin (clarinette), Julien Hardy (Basson), Antoine Dreyfuss (cor) et l'Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Leonidas Kavakos jouent la Symphonie Concertante pour hautbois, clarinette, cor, basson et orchestre en mi bémol majeur K 297b de Wolfgang Amadeus Mozart. Extrait du concertdonné vendredi 19 janvier 2018 en direct de l'Auditorium de la Maison de la radio (Paris).

Il existe une petite controverse à propos de Symphonie concertante pour vents de Mozart. On sait, notamment par la correspondance de Mozart, qu’elle lui fut commandée par Joseph Le Gros, directeur du célèbre Concert spirituel, alors que le compositeur séjournait à Paris. Mais l’œuvre ne fut pas jouée et la partition originale égarée, en raison peut-être de conflits avec un autre compositeur ayant ses entrées au Concert spirituel (Giuseppe Maria Cambini). « Le Gros l’avait depuis quatre jours pour la faire copier… mais je la retrouve toujours à la même place. En fin de compte, avant-hier, ne la voyant plus, je la cherche sous les partitions – je la retrouve cachée. Je fais mine de rien et demande à Le Gros : "À propos, avez-vous fait copier la symphonie concertante ? – Non. Je l’ai oubliée." Comme je ne peux naturellement pas lui donner l’ordre de la faire copier ou jouer, je ne dis rien... » (lettre de Wolfgang à son père en date du 1er mai 1778).

La partition dont on dispose actuellement n’est ainsi pas le manuscrit original, mais une copie (retrouvée près d’un siècle plus tard). Que certains ont contestée, notamment pour les parties solistes qui ont pu être remaniées par des mains ultérieures, et d’autres avalisée (dont Alfred Einstein). Qu’importe ! Étant donné la qualité d’inspiration de l’œuvre, qui témoignerait bien par ailleurs du goût pour l’écriture des instruments à vent chez Mozart.

L’introduction orchestrale du premier mouvement délivre un thème tout à fait caractéristique de Mozart, d’abord aux cordes puis appuyé des vents. Les quatre solistes le reprennent ensemble, puis avec quelques touches individuelles virtuoses dans un développement en forme de sonate, pour s’achever par une cadence des quatre solistes réunis. L’Adagio épanche sur un beau thème mélodique lancé par la clarinette (instrument de prédilection de Mozart), serti de l’accompagnement de l’orchestre puis du relais des autres solistes. L’Andante prend un caractère dansant de menuet. Et chacun des solistes d’alterner sa réponse variée (dix variations), entre des ritournelles de l’orchestre, avant une coda enlevée.

Texte de Pierre-René Serna

L'Orchestre philharmonique de Radio France joue la Symphonie n°7 de Dvořák et la Symphonie concertante pour vents de Mozart
L'intégrale du concert
L'Orchestre philharmonique de Radio France joue la Symphonie n°7 de Dvořák et la Symphonie concertante pour vents de Mozart
Auditorium de la Maison de la Radio, Paris