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J.S Bach : Suite n°1 en Ut Majeur BWV 1066

21 min
J.S Bach : Suite n°1 en Ut Majeur BWV 1066

Le Concerto Italiano interprète la Suite n°1 BWV 1066 de J.S Bach dirigée par Rinaldo Alessandrini.Enregistré le 26 octobre au Grand Théâtre de Tours dans le cadre du Festival Concerts d'Automne

Les Quatre Suites pour Orchestre de J.S Bach intialement nommées "Ouvertures" sont écrites entre 1723 et 1739 et composées sur le modèle de l'Ouverture à la Française qui s'était répandue en Allemagne grâce aux Tragédies Lyriques de Lully au milieu des années 1670. Elles sont une succession de danses variées, stylisées, avec quelques pièces additionnelles. Le premier mouvement est toujours une ouverture à la française, constituée de deux parties : une lente au rythme pointé et une seconde partie rapide, basée sur une écriture fuguée. 

On s'accorde à dire que ces quatre suites BWV 1066 à 1069 ne sont pas ce que Bach a laissé de plus personnel dans sa  production pour orchestre. Et, de fait, il est tentant de voir avant tout dans ces musiques d'apparat et de divertissement un hommage du musicien à la suite  lulliste. 

Tout en restant fidèle à l'esprit de la musique française, Bach y bouscule les cadres établis : il donne à l'ouverture proprement dite des proportions inhabituelles ; il  n'hésite pas à délaisser certaines des danses traditionnelles de la suite,  notamment l'allemande, pour privilégier les Galanterien et surtout pour introduire des pièces de forme libre (aria,  badinerie , réjouissance) ; de plus, il adopte  des distributions instrumentales générant une belle variété de couleurs,  associant aux cordes et continuo tantôt hautbois et basson (1re suite en ut majeur), flûte traversière (2e suite en si mineur), ou  trompettes, timbales et hautbois (3e et 4e suites en re majeur) ; et, ce faisant, le  compositeur pousse jusqu'à distribuer les rôles de telle sorte qu'on se  rapproche par instants du concerto grosso ou de la symphonie concertante, voire  (dans le cas de la suite en si mineur) du pur concerto pour soliste.

Quels que soient les ressorts utilisés, il faut bien  reconnaître que le charme opère dans ces œuvres dont on sent bien que le  musicien les a écrites pour se faire plaisir, que ce soit pour l'ensemble de Coethen ou pour le Collegium Musicum qu'il  dirigea plus tard à Leipzig. Certes, on aura comme tout le monde un faible pour  les 2e et 3e suites, dont l'immense popularité ne  tient pas seulement à la merveilleuse Badinerie de l'une et à la célébrissime Aria de  l'autre, mais on se gardera bien de négliger les deux autres qui, à bien des  égards, soutiennent la comparaison.

La Suite n°1 en ut Majeur BWV 1066 est composée de la manière suivante 

Ouverture

  • Courante
  • Gavotte I/II - alternativement
  • Forlane
  • Menuet I/II - alternativement
  • Bourrée I (do majeur)/Bourrée II (do mineur) - alternativement
  • Passepied I/II

La Suite n°1 en ut Majeur BWV 1066 est constituée, comme les trois autres, d’une succession de danses d'origine française. Ce choix s’explique par le prestige des danses françaises à l’époque et par la connaissance qu’en avait Bach. Rappelons qu’il copie durant ses années de formation, y compris en cachette de son grand frère, tous les plus grands compositeurs. Les trois années qu’il passe ensuite à Lunebourg dès l’âge de 14 ans lui permettent de fréquenter la cour de la ville de Celle, très friande de musique française. Enfin, si ces œuvres datent de la dernière période de Bach (ce que l’on ignore encore), il est certain que le fait de diriger le Collegium Musicum à Leipzig à partir de 1729 lui fait connaître de très nombreuses autres ouvertures.

Rinaldo Alessandrini
L'intégrale du concert
Les quatre Ouvertures de J.S Bach par le Concerto Italiano
Grand théâtre, Tours