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Beethoven : Sonate pour piano n°4 en mi bémol majeur op. 7

Durée : 28 minutes

Sélim Mazari joue la Sonate pour piano n°4 en mi bémol majeur op. 7 composée en 1796-1797 par Beethoven.

Publiée isolément, cette sonate est l’une des plus longues de Beethoven. Seule la « Hammerklavier », en 1818, dépassera sa durée. En outre, la Sonate n° 4 offre une grande diversité de figures pianistiques et d’éléments thématiques, en particulier dans le premier mouvement. L’Allegro molto e con brio oppose en effet des accords massifs à des lignes cantabile, une écriture tout en frémissements à la gravité d’un choral. Mais Beethoven évite le disparate par son sens de l’architecture et la présence de gestes unificateurs, comme les accents sur des temps faibles ou à contretemps. En raison peut-être de l’abondance de matériau, le développement reste étonnamment court, tandis que l’exposition et la réexposition frappent par leurs amples dimensions.

Le Largo, indiqué « con gran espressione », s’apparente au mouvement lent de la Sonate n° 2, avec plus de profondeur encore. La noblesse recueillie des premières lignes laisse place ensuite à une mélodie en accords soutenue par des staccatos, une superposition qui produit une texture inhabituelle. On notera aussi les nombreux contrastes d’intensité et de registre, peu communs dans un mouvement lent. Le retour de la première partie s’accompagne de variantes inspirées par la facture de l’instrument, et non par le modèle d’une ornementation vocale.

Menuet ou scherzo ? Beethoven se garde de trancher. Si le troisième mouvement s’inscrit dans un tempo de menuet, il n’en a guère le caractère. Par le galbe de ses lignes, les couleurs de son harmonie, l’usage expressif des silences, il tourne le dos à l’ancienne danse de cour. Quant au trio, il n’a rien d’une danse. Tournoiement de triolets, tonalité inhabituelle de mi bémol mineur, indications de fortissimo ou sforzando subito, registre essentiellement médium-grave : existe-t-il un précédent à cette sombre fièvre ? Le Rondo semble s’inscrire dans l’héritage classique, en concluant l’œuvre sur un ton divertissant. Mais après son thème-refrain « grazioso », la superposition de rafales d’arpèges et de puissants accords, de surcroît en mode mineur, vient fracasser cette belle harmonie. Ce passage spectaculaire ne doit pourtant pas occulter d’autres dispositions, qui font elles aussi sonner le piano autrement, jusqu’à la coda qui s’évanouit dans le grave et le silence.

Structure

  1. Allegro molto e con brio
  2. Largo, con gran espressione
  3. Allegro
  4. Rondo. Poco allegretto e grazioso
Sélim Mazari
L'intégrale du concert
Intégrale des sonates de Beethoven : Sélim Mazari joue les sonates n°4 et 14, et les Variations Eroica
Maison de la Radio,Paris